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Revalorisation du Smic au 1er novembre 2024 : quel a été l’impact ?

©imaginima de Getty Images Signature / Illustration.
Les bénéficiaires ont diminué, notamment dans les secteurs du nettoyage et de la sécurité, où les femmes constituent 59,2 % des gagnants.

Le 1er novembre 2024, le Smic brut horaire a été relevé à 11,88 euros, soit une hausse de 2 %. Cette revalorisation, décidée par anticipation de celle normalement prévue au 1er janvier 2025, a touché 2,2 millions de salariés du secteur privé non agricole, selon les données publiées par la Dares en octobre 2025.

Une revalorisation anticipée dans un contexte de ralentissement de l’inflation

Le gouvernement avait choisi d’avancer de deux mois la revalorisation annuelle du Smic, afin d’intégrer plus rapidement la hausse des prix constatée sur l’année.

Le calcul aboutissait de toute façon à une augmentation équivalente de 2 % :

  • +1 % au titre de l’évolution des prix à la consommation des ménages les plus modestes,
  • et +1 % au titre de la moitié de la progression du pouvoir d’achat du salaire horaire moyen des ouvriers et employés.

Ainsi, aucune nouvelle hausse n’interviendra au 1er janvier 2025.

Une proportion de bénéficiaires en recul

Au 1ᵉʳ novembre 2024, 12,4 % des salariés du secteur privé non agricole sont directement concernés par la revalorisation.

Ce chiffre, en baisse par rapport à janvier 2024 (14,6 %) et janvier 2023 (17,3 %), reflète un retour à un niveau proche de celui observé début 2021 (12 %). La Dares souligne que cette diminution s’explique notamment par la baisse de l’inflation depuis le printemps 2023.

Les salariés à temps partiel restent les plus nombreux à bénéficier de la hausse : 24,5 % d’entre eux sont concernés, contre 9,6 % pour ceux à temps complet.

Les très petites entreprises (TPE), de 1 à 9 salariés, comptent également davantage de bénéficiaires : près de 19,4 % contre 10,8 % dans les entreprises plus grandes.

Des écarts selon les branches professionnelles

La proportion de salariés au Smic recule dans 21 regroupements de branches sur 22, signe que de nombreuses conventions collectives ont été ajustées depuis la dernière hausse.

Les reculs les plus forts concernent les secteurs du nettoyage et de la sécurité (-11 points) ainsi que le commerce alimentaire (-8,5 points). À l’inverse, une légère progression est observée dans l’hôtellerie-restauration et le tourisme (+1,4 point), où le Smic reste un repère important.

Les écarts demeurent marqués entre branches : dans le commerce principalement alimentaire, 35,5 % des salariés sont concernés (et près de la moitié des temps partiels).

Dans certaines conventions, comme les services à la personne (53,6 %) ou la restauration rapide (56,3 %), plus d’un salarié sur deux est payé au Smic.

À l’opposé, moins de 5 % des salariés sont concernés dans la banque, l’assurance, la métallurgie, ou les bureaux d’études, secteurs où les emplois qualifiés dominent.

Les femmes, majoritaires parmi les bénéficiaires

Les femmes représentent 59,2 % des salariés bénéficiant de la revalorisation, soit environ 1,3 million de personnes. Cette part progresse de 2,2 points par rapport à janvier 2024.

Dans les entreprises de plus de 10 salariés, elles comptent pour 61,3 % des bénéficiaires.

La Dares note que, dans presque toutes les branches, les femmes sont surreprésentées parmi les salariés au Smic, notamment dans les services aux entreprises (66,3 % des bénéficiaires sont des femmes) et la chimie-pharmacie (84 %).

Des branches mieux alignées sur le Smic

La revalorisation du Smic a aussi eu un effet d’ajustement sur les grilles salariales. Au 31 octobre 2024, seuls 2,8 % des salariés travaillaient dans une entreprise appliquant une convention de branche dont le premier niveau restait inférieur au Smic, contre 3,7 % fin 2023.

Cette amélioration traduit les efforts réalisés dans plusieurs secteurs pour remettre à niveau les minima conventionnels et réduire les écarts entre Smic et salaires de base.

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