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Les comportements discriminants ou humiliants n’ont pas leur place en entreprise, même lorsqu’ils sont présentés comme des plaisanteries privées. L’employeur a non seulement le droit, mais aussi l’obligation d’agir pour garantir un environnement de travail respectueux et sain.
Le 5 novembre 2025, la Chambre sociale de la Cour de cassation (arrêt n° 24-11.048) a rappelé un principe important pour les employeurs : des propos à caractère sexiste, sexuel, raciste ou humiliant, même tenus sur le ton de l’humour, peuvent constituer une faute grave et justifier un licenciement.
L’affaire : un comportement jugé incompatible avec le cadre professionnel
Quel est le contexte ?
Un directeur commercial a été licencié pour faute grave en 2019 en raison de propos et comportements répétés contraires à la dignité des personnes.
Il a contesté son licenciement jusqu’en cassation, sans succès.
Quels sont les faits reprochés ?
Les juges ont retenu notamment :
- l’envoi de photos pornographiques à un stagiaire via la messagerie interne ;
- des remarques sexuelles et sexistes concernant des collègues ;
- des commentaires racistes visant des sous-traitants malgaches ;
- des témoignages internes d’abord minimisants, puis revenant sur l’impact réel des propos.
Le salarié soutenait qu’il s’agissait de conversations privées relevant de sa vie personnelle.
La Cour a rejeté cet argument : ces comportements ont été tenus sur le lieu et le temps de travail, via les outils de l’entreprise, et ont affecté la santé mentale d’autres salariés.
Le message juridique : le respect n’est pas optionnel
Une obligation pour chaque salarié
En application de l’article L. 4122-1 du Code du travail, chacun doit veiller à sa propre sécurité ET à celle des autres au travail. Les propos offensants, même “entre soi”, entrent dans ce champ.
La faute grave reconnue
Peu importe que certains collègues aient initialement ri ou toléré ces propos. Ce qui compte, c’est leur caractère dégradant et leur effet sur la dignité et le bien-être des personnes.
Vie privée vs comportements sur le lieu de travail
Dès lors que les échanges se produisent via des outils professionnels et dans un cadre professionnel, ils sont soumis au contrôle disciplinaire.
Ce que les entreprises peuvent faire dès maintenant
1. Sensibiliser les équipes
- rappeler clairement ce qui est acceptable ou non ;
- former les collaborateurs et managers aux risques de discrimination et de harcèlement ;
- intégrer ces règles dans le règlement intérieur et la charte éthique.
2. Faciliter le signalement
- mettre à disposition un canal d’alerte sécurisé (référent, adresse dédiée, cellule externe) ;
- protéger les personnes qui signalent ;
- agir rapidement.
3. Réagir de manière structurée
- documenter les faits (mails, messages, témoignages) ;
- mener un entretien contradictoire ;
- appliquer une sanction proportionnée au contexte et à la gravité des faits.
4. Veiller au climat social
- sonder régulièrement le ressenti des équipes ;
- proposer des dispositifs d’écoute et de soutien aux collaborateurs concernés.

