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Les derniers indicateurs publiés par l’Urssaf montrent une activité qui se maintient, mais avec des signaux de ralentissement plus visibles qu’au cours des trimestres précédents. Ni emballement, ni effondrement : les TPE évoluent dans un climat de vigilance permanente, marqué par des ajustements progressifs plutôt que par des décisions radicales.
Une masse salariale encore en hausse, mais moins dynamique
Au troisième trimestre 2025, la masse salariale du secteur privé progresse de 0,3 %, après +0,5 % au trimestre précédent.
Sur un an, l’augmentation atteint 1,9 %, contre 2,0 % lors des périodes antérieures. Cette évolution traduit une activité économique toujours présente, mais moins soutenue.
En novembre 2025, la masse salariale affiche une hausse annuelle de 1,6 %, identique à celle d’octobre. Le rythme est stable, mais inférieur à celui observé à la rentrée. Les entreprises continuent de rémunérer, sans pour autant accélérer la cadence.
À noter que la part de l’activité partielle reste marginale, représentant 0,1 % de la masse salariale, un niveau proche de celui d’avant-crise.
Le salaire moyen par tête progresse de 0,3 % sur le trimestre et de 2,2 % sur un an. En tenant compte d’une inflation hors tabac limitée à 1,0 %, le pouvoir d’achat salarial augmente de 1,2 point sur un an. Un signal positif, mais qui reste fragile dans un contexte de marges sous pression pour les petites structures.
Des effectifs salariés en léger recul
En parallèle, les effectifs salariés du secteur privé reculent de 0,1 % au troisième trimestre 2025, après une hausse de 0,2 % au trimestre précédent. Sur un an, la baisse atteint 0,2 %. Les TPE arbitrent davantage sur l’emploi, en privilégiant la stabilité ou la réduction mesurée des équipes.
Dans l’industrie, le mouvement est plus net : les effectifs diminuent de 0,2 % sur le trimestre et de 0,4 % sur un an.
Ces chiffres confirment une prudence accrue des dirigeants, confrontés à des carnets de commandes plus incertains et à des coûts toujours élevés.
Trésorerie : des impayés sous contrôle, malgré quelques tensions
Autre indicateur scruté de près par les chefs d’entreprise : les impayés de cotisations sociales. En décembre 2025, le taux d’impayés des entreprises de 10 salariés ou plus s’établit à 1,02 % en fin de mois d’échéance, en légère hausse sur trois mois et sur un an (+0,12 point).
Avec davantage de recul, la situation apparaît plus stable. Le taux mesuré en fin de mois suivant atteint 0,71 %, tandis que celui observé à +90 jours s’élève à 0,61 %. Ces niveaux restent bas au regard des standards historiques.
Pour les TPE, cela traduit une trésorerie sous tension, mais encore maîtrisée, sans dérive massive des retards de paiement.
L’auto-entrepreneuriat, moteur discret de la dynamique économique
Le nombre de travailleurs indépendants actifs continue de progresser au deuxième trimestre 2025, avec une hausse de 1,0 % sur le trimestre et de 2,9 % sur un an. Cette dynamique repose presque exclusivement sur les auto-entrepreneurs.
Les effectifs d’auto-entrepreneurs économiquement actifs augmentent de 1,9 % sur le trimestre et de 6,1 % sur un an, soit près de 92.800 comptes supplémentaires en douze mois.
À l’inverse, les travailleurs indépendants dits « classiques » stagnent, avec une progression annuelle limitée à 0,4 %.
Pour les TPE, cette évolution confirme un recours croissant à des formes d’activité plus flexibles, que ce soit pour compléter des revenus, tester un projet ou répondre à des besoins ponctuels du marché.
Procédures collectives : une hausse contenue
Au dernier trimestre 2025, le nombre de procédures collectives poursuit sa progression, mais à un rythme plus modéré que lors de la phase de rattrapage post-Covid.
Les liquidations judiciaires augmentent de 0,7 % sur le trimestre et de 2,8 % sur un an, tandis que les redressements judiciaires progressent plus fortement, avec +5,9 % sur le trimestre et +11,1 % sur un an.
Malgré cette hausse, les niveaux observés restent proches de ceux du milieu des années 2010. Les procédures de sauvegarde, moins nombreuses, enregistrent une évolution plus erratique, avec une hausse annuelle de 24,0 %, mais sur des volumes limités.
Les effectifs salariés concernés par un redressement judiciaire atteignent 39 691 personnes, en hausse de 32,4 % sur un an. Ceux liés aux liquidations judiciaires s’élèvent à 33.935 salariés, soit +7,1 % sur un an.
À l’inverse, les effectifs associés aux procédures de sauvegarde reculent fortement (-32,8 %).
Une économie de résistance plus que de rebond
Pris dans leur ensemble, ces indicateurs dressent le portrait d’un tissu de TPE qui s’adapte en permanence.
Les dirigeants composent avec un environnement incertain, en ajustant l’emploi, en surveillant de près la trésorerie et en s’appuyant davantage sur des formes d’activité indépendantes.
La fin de l’année 2025 ne marque pas une rupture, mais confirme une phase d’équilibre précaire. Les petites entreprises continuent d’avancer, à bas bruit, dans une économie où chaque décision se pèse davantage qu’auparavant…

