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La remontée du chômage en fin d’année vient rappeler une réalité souvent moins visible derrière les statistiques macroéconomiques : pour de nombreuses petites et moyennes entreprises, recruter est redevenu un pari risqué. Les derniers chiffres des inscrits à France Travail, publiés pour le quatrième trimestre 2025, confirment une dégradation nette du marché de l’emploi, dans un contexte économique et politique jugé instable par les dirigeants de TPE et de PME.
Selon les données officielles communiquées par la Dares ce jeudi 29 janvier, 3,35 millions de personnes sont aujourd’hui inscrites en catégorie A, c’est-à-dire sans aucune activité, soit une progression de 6,8 % sur un an.
Une évolution marquée qui intervient alors que l’emploi avait jusque-là mieux résisté aux chocs successifs.
Un retournement qui inquiète les petites entreprises
Derrière cette hausse du nombre de demandeurs d’emploi, la CPME pointe un changement de climat par voie de communiqué de presse. Pour l’orgnanisation, la dynamique observée traduit moins une fatalité conjoncturelle qu’un enchaînement de signaux négatifs envoyés aux entreprises.
Fin progressive des mesures issues de la politique de l’offre, incertitudes sur la trajectoire fiscale, instabilité politique et tensions internationales : autant de facteurs qui pèsent sur la visibilité à moyen terme.
Dans les entreprises, où la marge de manœuvre financière reste limitée, ces incertitudes ont un effet immédiat : les projets de recrutement sont reportés, voire annulés.
L’embauche, autrefois levier de croissance, devient alors une prise de risque difficile à assumer. Pour un dirigeant de TPE, recruter ne signifie pas seulement répondre à un besoin ponctuel, mais s’engager sur plusieurs années, avec des charges fixes élevées et un cadre réglementaire perçu comme mouvant.
Défaillances d’entreprises et emploi : un lien direct
Autre point d’alerte soulevé par les représentants des PME : la multiplication des défaillances d’entreprises. Lorsque les trésoreries se tendent et que l’activité ralentit, les premiers arbitrages concernent souvent l’emploi.
Les faillites ne détruisent pas seulement des postes existants : elles créent aussi un climat de prudence généralisée. Même les entreprises encore solides hésitent à investir ou à recruter, par crainte d’un retournement rapide de la conjoncture.
Ce phénomène alimente un cercle défavorable : moins d’embauches, plus de demandeurs d’emploi, et une pression accrue sur les dispositifs d’accompagnement.
France Travail sous pression
La hausse du chômage se traduit mécaniquement par une charge supplémentaire pour France Travail, qui doit accompagner un nombre croissant de demandeurs d’emploi dans un contexte budgétaire contraint.
Pour les petites entreprises, cette situation pose aussi la question de l’adéquation entre les profils disponibles et les besoins réels du terrain. Beaucoup de dirigeants soulignent des difficultés persistantes de recrutement sur certains métiers, malgré l’augmentation du nombre d’inscrits.
Un paradoxe qui confirme les limites actuelles des parcours professionnels et de la formation continue.
À la veille de la conférence sociale, des attentes fortes
Ces constats interviennent alors que s’ouvrent les travaux de la Conférence Travail Emploi Retraites, rendez-vous clé entre l’État et les partenaires sociaux. Pour les représentants des entreprises, l’enjeu est de redonner rapidement de la visibilité aux entreprises afin de relancer la dynamique de l’emploi.
Les attentes exprimées sont connues. Elles portent d’abord sur la stabilité du cadre fiscal et réglementaire, condition indispensable pour sécuriser les décisions d’embauche.
Les dirigeants de petites structures insistent également sur la nécessité d’un allégement durable du coût du travail, jugé trop élevé au regard des marges dégagées.
Autre priorité mise en avant : la prévention des défaillances. Anticiper les difficultés, accompagner les entreprises en amont et éviter les cessations d’activité permettrait de préserver des emplois existants, plutôt que de gérer leurs conséquences a posteriori.
Simplifier pour sécuriser les parcours professionnels
Enfin, la simplification des dispositifs et la sécurisation des parcours professionnels figurent au cœur des revendications. Pour les TPE et PME, des règles plus lisibles et des démarches allégées constituent un levier direct pour lever les freins à l’embauche.
Dans un environnement économique incertain, les petites entreprises ne demandent pas tant des aides ponctuelles que un cap clair et durable, leur permettant d’investir, de recruter et de se projeter. La hausse récente du chômage rappelle à quel point l’emploi reste sensible aux signaux envoyés aux acteurs économiques.
Reste à savoir si les travaux de la conférence sociale permettront d’apporter des réponses concrètes à ces attentes, et surtout de restaurer la confiance des employeurs de proximité, qui concentrent une part majeure des créations d’emplois en France.

