
Le Gouvernement annonce une nouvelle vague de soutien en faveur du commerce de proximité dans les territoires ruraux. Le ministre chargé des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, Serge Papin, ainsi que le ministre délégué chargé de la Ruralité, Michel Fournier, indiquent que 59 nouveaux projets bénéficieront du fonds de soutien au commerce rural, pour un montant total de 1,4 million d’euros.
Cette nouvelle sélection s’inscrit dans la continuité du plan de reconquête du commerce en milieu rural, lancé en 2023 pour répondre à la disparition progressive des commerces de proximité dans de nombreuses communes françaises.
Un fonds créé en 2023 pour recréer des commerces de proximité
Mis en place par l’État en 2023, le fonds de soutien au commerce rural vise à lutter contre la déprise commerciale dans les zones rurales. Son ambition est claire : aider les communes dépourvues d’offre commerciale à retrouver des services du quotidien.
Le dispositif soutient financièrement des projets d’implantation, de reprise ou de modernisation de commerces multiservices. Il peut s’agir, par exemple :
- d’une épicerie de village ;
- d’une boucherie ;
- d’un café multiservices ;
- d’un point relais postal ;
- d’un commerce ambulant ou itinérant desservant plusieurs communes ;
- d’un commerce repris après un départ à la retraite.
Le fonds s’adresse aussi bien aux entreprises privées qu’aux associations ou aux collectivités locales.
Pourquoi ce dispositif a été créé
Le recul du commerce de proximité en zone rurale s’est accéléré au fil des décennies. Selon les chiffres rappelés par le Gouvernement, au 31 décembre 2023, plus de six communes sur dix ne disposaient d’aucun commerce de détail, contre 25 % en 1980.
Cela représente 21.261 communes concernées, dont 98 % sont des communes rurales.
Au-delà de l’accès aux achats du quotidien, la disparition des commerces fragilise souvent la vie locale : perte de lien social, baisse d’attractivité résidentielle, isolement des habitants âgés, difficulté à accueillir de nouveaux ménages ou entreprises.
Plus de 1.000 communes déjà accompagnées
Depuis son lancement, le fonds de soutien au commerce rural a été doté de 19 millions d’euros. Selon l’exécutif, il a déjà permis d’accompagner plus de 1 000 communes dans la création de commerces multiservices.
Environ un quart des projets soutenus concernent des communes lauréates du programme Villages d’Avenir, destiné aux communes de moins de 3.500 habitants.
Au total, près de 900.000 habitants ruraux bénéficieraient déjà de ce dispositif.
59 nouveaux lauréats dans presque toute la France
Les 59 nouveaux projets retenus se répartissent dans 12 des 13 régions métropolitaines :
- 12 en Nouvelle-Aquitaine
- 9 en Centre-Val-de-Loire
- 7 en Bourgogne-Franche-Comté
- 5 en Occitanie
- 5 en Pays de la Loire
- 4 en Bretagne
- 4 en Normandie
- 4 en Auvergne-Rhône-Alpes
- 3 dans le Grand Est
- 3 en Provence-Alpes-Côte d’Azur
- 2 en Île-de-France
- 1 dans les Hauts-de-France
Par ailleurs, 36 projets sont situés en zone France Ruralités Revitalisation (FRR), dispositif destiné à renforcer l’attractivité économique des territoires ruraux.
Comment solliciter le fonds de soutien au commerce rural
Les appels à projets sont généralement pilotés par l’État via les préfectures, les services déconcentrés ou l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), selon les sessions ouvertes.
Pour candidater, les porteurs de projet doivent surveiller les appels à manifestation d’intérêt publiés localement. Les dossiers demandent en principe :
- une présentation du projet commercial ;
- son implantation géographique ;
- le modèle économique ;
- les besoins de financement ;
- les impacts attendus pour la population locale.
Les communes intéressées peuvent également se rapprocher de leur préfecture, de leur sous-préfecture, de la chambre de commerce et d’industrie (CCI) ou de la chambre de métiers et de l’artisanat (CMA).
Un levier d’aménagement du territoire
À travers ce fonds, l’État considère le commerce comme un outil d’aménagement du territoire autant qu’un sujet économique. Une boulangerie, une épicerie ou un commerce itinérant ne répondent pas seulement à une demande marchande : ils participent à la vie du village, aux rencontres du quotidien et au maintien d’une activité locale.
Serge Papin résume cette orientation : « Aucun territoire ne doit être laissé sans solution de proximité. » Pour les élus ruraux comme pour les entrepreneurs, ce dispositif peut donc représenter une opportunité concrète pour relancer un centre-bourg ou créer une activité utile localement.

