
Le conflit au Moyen-Orient et ses répercussions économiques inquiètent de plus en plus les acteurs du bâtiment. Invité de Franceinfo lundi 4 mai, Jean-Christophe Repon, président de Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), a alerté sur les conséquences potentielles de la hausse des coûts pour les entreprises artisanales du secteur.
Selon lui, près de 10.000 emplois pourraient être détruits en 2026 si la situation actuelle se prolonge. Une perspective qui intervient alors que le secteur connaît déjà un ralentissement de son activité.
Une activité freinée par la hausse des coûts
Sur Franceinfo, Jean-Christophe Repon a indiqué que la tendance du premier semestre affichait déjà un recul de 0,2 % dans l’artisanat du bâtiment. Pour la Capeb, cette baisse traduit un marché de plus en plus fragilisé par l’augmentation des prix des matières premières et des coûts d’exploitation.
Les artisans se retrouvent contraints de répercuter une partie de ces hausses dans leurs devis, ce qui freine certains projets de rénovation ou d’amélioration de l’habitat.
Selon le président de la Capeb, de nombreux particuliers préfèrent désormais reporter leurs travaux et renforcer leur épargne face au contexte économique incertain.
Un secteur déjà affaibli depuis plusieurs années
L’organisation professionnelle rappelle que les entreprises artisanales du bâtiment sortent déjà de plusieurs années de tensions liées à la guerre en Ukraine et à la crise énergétique.
D’après Jean-Christophe Repon, le secteur aurait perdu environ 30.000 emplois en trois ans, dont 12.000 sur la seule année 2025.
La Capeb craint désormais qu’une crise durable liée aux tensions géopolitiques actuelles n’aggrave encore davantage la situation économique des petites entreprises du bâtiment.
Le président de l’organisation estime même qu’un choc prolongé pourrait nécessiter “dix ans” pour permettre au secteur de retrouver un niveau d’activité stable.
La Capeb réclame un observatoire des prix
Face à ces tensions, la Capeb demande au gouvernement la création d’un observatoire des prix destiné à suivre l’évolution des tarifs pratiqués dans la filière.
L’objectif affiché serait d’apporter davantage de transparence sur les augmentations observées et d’éviter d’éventuels “effets d’aubaine” chez certains distributeurs ou fabricants.
Selon Jean-Christophe Repon, certaines hausses constatées récemment seraient jugées disproportionnées par rapport à la réalité du marché.
Cette demande intervient alors que plusieurs acteurs du bâtiment alertent depuis plusieurs semaines sur le retour des tensions sur certains matériaux et sur les coûts du transport.
Source : déclarations de Jean-Christophe Repon, président de la Capeb, sur Franceinfo le 4 mai 2026.

