
Une nouvelle étape s’ouvre pour les victimes d’accidents du travail et de maladies professionnelles. Prévue par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025, la réforme de la réparation des AT-MP entrera en vigueur le 1er novembre 2026, après la publication récente des textes d’application.
Portée dans le cadre du dialogue social avec les partenaires sociaux, cette évolution vise à faire évoluer le système d’indemnisation sans remettre en cause les fondements historiques de la branche accidents du travail et maladies professionnelles.
Une rente désormais scindée en deux volets
Jusqu’à présent, la rente versée aux victimes reposait sur une logique globale d’incapacité permanente. Avec la réforme, l’indemnisation distinguera désormais deux dimensions :
- le préjudice professionnel ;
- le préjudice fonctionnel, correspondant au déficit fonctionnel permanent de la victime.
Concrètement, cette séparation doit permettre une lecture plus claire de ce qui relève des conséquences sur la carrière et la capacité de travail, et de ce qui relève des atteintes physiques ou fonctionnelles subies au quotidien.
Le gouvernement présente cette évolution comme une manière de mieux prendre en compte la réalité vécue par les victimes après un accident du travail ou une maladie professionnelle.
Une réforme issue des discussions entre partenaires sociaux
Cette modification du système AT-MP n’est pas née d’une réforme unilatérale. Elle découle d’un travail engagé avec les organisations syndicales et patronales autour de la question de la réparation des préjudices.
L’objectif affiché est double : améliorer l’indemnisation tout en conservant l’équilibre financier et juridique de la branche AT-MP, qui repose historiquement sur un régime spécifique distinct du droit commun.
Depuis plusieurs années, la question de la reconnaissance des préjudices extra-professionnels revenait régulièrement dans les débats, notamment après différentes décisions de justice ayant ouvert la voie à une meilleure prise en compte des souffrances physiques et des impacts sur la vie quotidienne.
Une réparation jugée plus lisible
Avec cette nouvelle architecture, les pouvoirs publics souhaitent rendre le système plus compréhensible pour les victimes. La distinction entre préjudice professionnel et préjudice fonctionnel doit permettre d’identifier plus précisément ce qui est indemnisé.
Cette évolution pourrait également modifier la manière dont les dossiers seront évalués par les organismes compétents, notamment lors de la fixation des taux d’incapacité permanente.
Pour les salariés concernés, cette réforme représente une évolution importante dans un domaine souvent jugé complexe et technique.
Un sujet sensible pour les entreprises
- La branche AT-MP constitue un enjeu majeur pour les employeurs, notamment en raison de son financement par les cotisations patronales.
- Toute évolution du système d’indemnisation est donc observée de près par les entreprises et les représentants des salariés.
Le gouvernement assure toutefois que la réforme a été pensée pour préserver les « équilibres historiques » du régime, tout en apportant une réponse aux attentes des victimes en matière de reconnaissance des préjudices subis.
L’entrée en vigueur est fixée au 1er novembre 2026. Les prochains mois devraient permettre de préciser les modalités concrètes d’application de cette nouvelle réparation des accidents du travail et maladies professionnelles.

