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Revalorisation du SMIC : de nombreuses branches toujours en retard sur les minima

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À compter du 1er juin, le salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) augmente de 2,41 %. Cette hausse, attendue depuis plusieurs semaines, aura toutefois une conséquence directe sur les grilles salariales de nombreuses conventions collectives. Selon les données du ministère du Travail, 126 des 179 branches professionnelles suivies afficheront au moins un niveau de rémunération inférieur au nouveau montant du SMIC.

Certaines branches sont particulièrement concernées. Dans le secteur de la jardinerie, par exemple, neuf échelons de la grille salariale se situent sous le salaire minimum légal. Concrètement, même lorsqu’un salarié progresse dans sa carrière ou acquiert de l’ancienneté, plusieurs niveaux de classification peuvent rester rémunérés en dessous du SMIC.

Dans les faits, les employeurs sont tenus de verser au moins le salaire minimum légal. Ils doivent donc compléter la rémunération lorsque la grille conventionnelle prévoit un montant inférieur.

Le salarié perçoit ainsi le SMIC, mais sa progression dans la classification professionnelle ne se traduit pas nécessairement par une augmentation réelle de son salaire.

Pourquoi autant de branches sont-elles concernées ?

Cette situation s’explique d’abord par le fonctionnement même du SMIC. Son montant peut être relevé automatiquement, notamment lorsque l’inflation franchit certains seuils. À l’inverse, la révision des minima conventionnels dépend de négociations entre partenaires sociaux, qui peuvent prendre plusieurs mois avant d’aboutir.

Il arrive également qu’un accord salarial soit signé puis rapidement dépassé par une nouvelle hausse du SMIC. Les grilles négociées deviennent alors immédiatement obsolètes, obligeant les branches à rouvrir les discussions.

Au-delà des difficultés de négociation, certains observateurs soulignent l’effet des allègements de cotisations sociales appliqués aux bas salaires. Le coût du travail étant plus faible autour du niveau du SMIC, les entreprises peuvent être incitées à maintenir une part importante de leurs effectifs dans cette zone de rémunération.

Le phénomène ne concerne d’ailleurs pas uniquement le secteur privé. Dans la fonction publique, plusieurs échelons de la catégorie C se retrouvent également régulièrement rattrapés par les revalorisations du salaire minimum.

Les syndicats dénoncent une « smicardisation » croissante

Pour plusieurs organisations syndicales, la multiplication des minima conventionnels inférieurs au SMIC témoigne d’un tassement des rémunérations. La CFDT estime que le phénomène s’accentue d’année en année, tandis que la CGT juge préoccupante la part de branches concernées.

Cette situation alimente le débat sur la capacité des conventions collectives à maintenir des écarts de rémunération suffisants entre les différents niveaux de qualification et d’expérience. Lorsque le SMIC progresse plus vite que les grilles salariales, les écarts se réduisent progressivement, entraînant une concentration croissante des salaires autour du minimum légal.

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