
Les rémunérations minimales des apprentis évoluent au 1er juin 2026 avec la revalorisation du SMIC. Les montants varient selon l’âge et l’année de contrat.
Le salaire des apprentis évolue avec la revalorisation du SMIC au 1er juin 2026. Les montants versés dépendent toujours de l’âge de l’apprenti et de son année d’exécution du contrat. Pour les employeurs comme pour les alternants, cette hausse intervient toutefois dans un contexte particulier : si la rémunération progresse mécaniquement, les aides publiques accordées aux entreprises ont, elles, été revues à la baisse au fil des dernières années.
Les nouveaux salaires des apprentis au 1er juin 2026
À compter du 1er juin 2026, les rémunérations minimales des apprentis sont les suivantes :
Moins de 18 ans
- 1re année : 504,09 euros (27 % du SMIC)
- 2e année : 728,14 euros (39 % du SMIC)
- 3e année : 1.026,86 euros (55 % du SMIC)
De 18 à 20 ans
- 1re année : 802,82 euros (43 % du SMIC)
- 2e année : 952,18 euros (51 % du SMIC)
- 3e année : 1.250,90 euros (67 % du SMIC)
De 21 à 25 ans
- 1re année : 989,52 euros (53 % du SMIC)
- 2e année : 1.138,88 euros (61 % du SMIC)
- 3e année : 1.456,27 euros (78 % du SMIC)
26 ans et plus
- 1re année : 1.867,02 euros (100 % du SMIC)
- 2e année : 1.867,02 euros (100 % du SMIC)
- 3e année : 1.867,02 euros (100 % du SMIC)
Ces montants constituent des minimums légaux. Certaines conventions collectives ou accords de branche peuvent prévoir une rémunération supérieure.
Pourquoi les aides à l’apprentissage ont explosé après la crise sanitaire
Le soutien massif à l’apprentissage remonte à l’été 2020. Face à l’effondrement de l’activité économique provoqué par la pandémie de Covid-19, le gouvernement avait alors décidé d’accorder une aide exceptionnelle aux entreprises recrutant des alternants.
L’objectif était double :
- éviter que les jeunes ne soient les premières victimes de la crise,
- soutenir les entreprises confrontées à une forte incertitude économique.
« À l’époque », les employeurs pouvaient bénéficier d’une aide pouvant atteindre 8.000 euros pour un apprenti majeur et 5.000 euros pour un mineur.
Le dispositif a ensuite été prolongé plusieurs fois tant les résultats ont été jugés positifs.
Les chiffres de l’apprentissage ont alors atteint des niveaux records, avec plus de 800.000 contrats signés certaines années. Le gouvernement a régulièrement présenté cette politique comme l’un des leviers ayant contribué à faire reculer le chômage des jeunes.
Une facture devenue très lourde pour les finances publiques
Mais le succès du dispositif a également entraîné une hausse spectaculaire de son coût.
Selon plusieurs rapports publics, le financement de l’apprentissage représente désormais plusieurs milliards d’euros par an.
Une part importante de cette dépense est liée aux aides à l’embauche versées aux entreprises, auxquelles s’ajoutent les coûts de financement des centres de formation d’apprentis (CFA).
Face à la nécessité de réduire les dépenses publiques, l’exécutif a progressivement resserré les conditions d’accès aux aides et diminué leurs montants. L’idée affichée est que l’apprentissage est désormais suffisamment installé dans le paysage du recrutement pour fonctionner avec un soutien financier moins important qu’au moment de la crise sanitaire.
Ce qui a changé en 2025 puis en 2026
La baisse des aides a d’abord concerné les grandes entreprises.
Pour les contrats conclus en 2025, l’aide exceptionnelle a été ramenée à 5.000 euros pour les entreprises de moins de 250 salariés et à 2.000 euros pour celles de 250 salariés et plus. Les apprentis en situation de handicap permettent toujours d’obtenir jusqu’à 6.000 euros d’aide.
En 2026, le dispositif a encore évolué avec une modulation selon la taille de l’entreprise et le niveau de diplôme préparé. Le décret du 6 mars 2026 a instauré un système plus ciblé, particulièrement pour l’enseignement supérieur.
Les aides à l’embauche d’un apprenti en 2026
Pour les entreprises de moins de 250 salariés :
- 5.000 euros pour les formations jusqu’au baccalauréat (aide unique)
- 4.500 euros pour un diplôme de niveau Bac +2
- 2.000 euros pour les formations de niveau Bac +3 à Bac +5
- 6.000 euros pour un apprenti en situation de handicap
Pour les entreprises de 250 salariés et plus :
- 2.000 euros pour les formations de niveau CAP à Bac
- 1.500 euros pour les formations de niveau Bac +2
- 750 euros pour les formations de niveau Bac +3 à Bac +5
- 6.000 euros pour un apprenti en situation de handicap
Ces aides ne sont versées que durant la première année du contrat et restent soumises à certaines conditions, notamment des quotas d’alternants pour les grandes entreprises.
Vers une nouvelle phase pour l’apprentissage
La politique de l’apprentissage entre désormais dans une phase différente de celle des années Covid. Les pouvoirs publics continuent de soutenir l’alternance, mais avec une logique davantage orientée vers la maîtrise des dépenses publiques et le ciblage des aides selon les profils et les formations.
Pour les jeunes, la hausse du SMIC au 1er juin 2026 se traduit néanmoins par une augmentation automatique de la rémunération minimale en contrat d’apprentissage. Pour les employeurs, le calcul devient plus complexe : le coût d’un recrutement en alternance dépend désormais davantage du niveau de diplôme préparé et de la taille de l’entreprise que lors des premières années du boom de l’apprentissage.
| Thème | Situation en 2020-2024 | Situation au 1er juin 2026 | Pourquoi cela change ? |
|---|---|---|---|
| Aides à l’embauche d’apprentis | Jusqu’à 8 000 € pour un apprenti majeur et 5 000 € pour un mineur dans le cadre du plan de relance post-Covid. | Montants modulés selon la taille de l’entreprise et le niveau du diplôme préparé : de 750 € à 5 000 € (hors situation de handicap). | Le gouvernement estime que l’apprentissage est désormais solidement installé et souhaite réduire le coût du dispositif pour les finances publiques. |
| Entreprises de moins de 250 salariés | Aide uniforme pouvant atteindre 6 000 € selon les périodes. | 5 000 € (CAP à Bac), 4 500 € (Bac+2), 2 000 € (Licence à Master). | Ciblage des aides sur les formations considérées comme les plus prioritaires. |
| Entreprises de 250 salariés et plus | Accès élargi aux aides exceptionnelles durant plusieurs années. | 2 000 € (CAP à Bac), 1 500 € (Bac+2), 750 € (Licence à Master). | Réduction progressive du soutien public aux grandes entreprises. |
| Apprentis en situation de handicap | Aides renforcées. | Jusqu’à 6 000 € d’aide maintenue. | Maintien d’un soutien spécifique à l’insertion professionnelle des personnes handicapées. |
| Rémunération des apprentis | Indexée sur le SMIC avec revalorisations successives. | De 504,09 € à 1 867,02 € brut mensuel selon l’âge et l’année du contrat. | La hausse est liée à l’augmentation automatique du SMIC au 1er juin 2026. |
Sources officielles :
- Service Public – Contrat d’apprentissage : service-public.gouv.fr
- Service Public – Aides à l’embauche en contrat d’apprentissage : entreprendre.service-public.gouv.fr
- Service Public – Évolution des aides à l’apprentissage en 2026 : entreprendre.service-public.gouv.fr
- Ministère de l’Économie – Embauche d’un apprenti : economie.gouv.fr
- Agence de Services et de Paiement (ASP) – Aides à l’embauche d’apprentis : asp.gouv.fr

