
La hausse des prix des carburants pousse le gouvernement à maintenir plusieurs dispositifs de soutien destinés aux professionnels les plus exposés. Annoncée le 16 septembre 2026 par Matignon, la prolongation doit permettre aux pêcheurs, aux agriculteurs et à certaines entreprises du BTP de continuer à bénéficier d’une aide sur leurs achats de carburant jusqu’au 31 décembre 2026.
- Le montant du soutien diffère selon les secteurs. Pour les pêcheurs, il doit passer à 35 centimes par litre.
- Les agriculteurs conserveront une aide de 15 centimes par litre de GNR, tandis que certaines entreprises du BTP bénéficieront de 20 centimes par litre de GNR.
Une prolongation annoncée le 16 septembre
La nouvelle mesure a été annoncée mercredi 16 septembre 2026 par l’entourage du Premier ministre Sébastien Lecornu.
Quelques heures plus tôt, lors du Conseil des ministres, le président de la République avait demandé au gouvernement une mobilisation sur l’approvisionnement et la maîtrise des prix des carburants. Le Premier ministre a ensuite demandé à ses ministres de prolonger les dispositifs d’aide ciblés jusqu’à la fin de l’année.
Selon Matignon, cette décision doit notamment permettre de donner davantage de visibilité aux entreprises confrontées à l’augmentation de leurs coûts de carburant.
Il faut toutefois distinguer l’annonce politique du 16 septembre et la mise à jour des différents dispositifs administratifs. Au 17 septembre, les pages officielles ne détaillent pas encore toutes les modalités pratiques de la nouvelle période allant jusqu’au 31 décembre.
Pêcheurs : l’aide remonte à 35 centimes par litre
C’est la filière qui bénéficie de la hausse la plus importante du montant de l’aide.
Le gouvernement a annoncé le 16 septembre que le soutien passerait de 25 à 35 centimes par litre de carburant, soit 10 centimes supplémentaires. Matignon présente ce montant comme le niveau maximal autorisé par la réglementation européenne.
Cette aide s’adresse aux entreprises françaises de pêche, en métropole et dans certains territoires ultramarins, pour leurs navires de pêche battant pavillon français.
Le dispositif avait été mis en place au printemps dans le contexte de la forte augmentation du prix des carburants. Le gouvernement avait alors fixé l’aide à 20 centimes par litre pour avril et à 35 centimes pour mai, avant de faire évoluer son montant lorsque les prix avaient diminué pendant l’été.
Comment demander l’aide ?
L’aide à la pêche est versée sous la forme d’une subvention calculée en fonction des volumes de carburant achetés.
Les demandes sont traitées par l’Agence de services et de paiement (ASP), via un téléservice. Les entreprises doivent notamment fournir les justificatifs prévus par le dispositif et une attestation sur l’honneur.
Les modalités précédemment publiées prévoyaient un délai de paiement d’environ 4 à 6 semaines après le dépôt d’un dossier complet.
Attention : les modalités correspondant à la nouvelle prolongation jusqu’au 31 décembre doivent encore être précisées dans les textes et les téléservices actualisés.
Agriculteurs : 15 centimes par litre de GNR
Les exploitants agricoles sont également concernés par la prolongation annoncée le 16 septembre.
Le soutien reste fixé à 15 centimes par litre de gazole non routier (GNR). Le gouvernement avait annoncé ce montant le 21 avril 2026, avant de prolonger le dispositif jusqu’à fin août le 21 mai.
Le dispositif ne concerne pas uniquement les exploitations agricoles classiques. Les bénéficiaires comprennent notamment les exploitants agricoles personnes physiques ou morales, les CUMA, les entreprises de travaux agricoles et forestiers, ainsi que certaines entreprises d’aquaculture, de conchyliculture et de pisciculture qui remplissent les conditions applicables au tarif réduit du GNR.
Une aide versée après l’achat du carburant
Le mécanisme fonctionne sous la forme d’un remboursement sur les achats de GNR.
Pour le dispositif mis en place en 2026, les demandes de remboursement étaient effectuées auprès de la direction départementale des finances publiques (DDFiP), via le guichet Dématic. Les factures de carburant servent de justificatifs.
Le montant de 15 centimes comprend une partie correspondant au droit d’accise et une partie constituant une aide directe.
Le ministère de l’Agriculture précise par ailleurs que ce soutien au carburant intervient en complément des autres mesures du plan d’urgence agricole.
Quand faire la demande ?
La prolongation jusqu’au 31 décembre a été annoncée le 16 septembre 2026, mais les modalités précises de dépôt pour cette nouvelle période doivent encore être actualisées par l’administration.
Les exploitants doivent donc conserver leurs factures de GNR et surveiller l’ouverture du nouveau guichet officiel avant d’effectuer leur demande.
BTP : 20 centimes par litre de GNR
Certaines entreprises du bâtiment et des travaux publics utilisant du GNR sont également concernées.
Le dispositif prévoit une aide de 20 centimes par litre de GNR, avec un plafond de 4 000 euros par entreprise. Il s’agit d’une subvention versée par la Direction générale des finances publiques.
Le dispositif vise les PME du BTP particulièrement dépendantes du GNR. Il concerne notamment plusieurs activités comme :
- la construction de routes et autoroutes ;
- la construction de voies ferrées ;
- les travaux de terrassement ;
- la démolition ;
- certains travaux de génie civil ;
- la maçonnerie et le gros œuvre ;
- la couverture ;
- la charpente ;
- la location de matériel de construction avec opérateur.
La liste des activités éligibles est définie par les textes réglementaires.
Comment demander l’aide BTP ?
La demande est réalisée auprès de la DGFiP, via le téléservice prévu à cet effet.
L’entreprise doit notamment transmettre :
- une déclaration sur l’honneur ;
- ses coordonnées bancaires ;
- les factures de GNR correspondant à la période concernée ;
- un récapitulatif des factures selon le modèle demandé ;
- son secteur d’activité ;
- le montant des éventuelles aides relevant du régime de minimis perçues au cours des trois dernières années.
Les justificatifs doivent être conservés pendant cinq ans, l’administration pouvant procéder à des contrôles.
L’aide est soumise aux règles européennes relatives aux aides de minimis et aux plafonds applicables aux aides publiques. Elle peut être cumulée avec d’autres dispositifs sous réserve du respect de ces règles.
Un nouveau calendrier doit encore être précisé
Pour le dispositif actuellement publié par Bercy, la demande concernant les achats de GNR d’août 2026 était ouverte du 1er au 30 septembre 2026. La page officielle indique une prolongation du dispositif jusqu’au 31 octobre.
L’annonce de Sébastien Lecornu du 16 septembre prévoit désormais une prolongation jusqu’au 31 décembre. Les nouvelles modalités et les éventuels nouveaux guichets devront donc être confirmés par les textes et par l’administration.
Qui peut bénéficier de ces aides ?
| Secteur | Carburant concerné | Montant annoncé | Public concerné |
|---|---|---|---|
| Pêche | Carburant des navires | 35 centimes/litre | Entreprises françaises de pêche éligibles |
| Agriculture | GNR agricole | 15 centimes/litre | Exploitants et autres professionnels agricoles éligibles |
| BTP | GNR | 20 centimes/litre | Entreprises du BTP appartenant aux secteurs éligibles |
Ces montants correspondent aux annonces faites par le gouvernement le 16 septembre 2026. Les conditions précises et les calendriers de dépôt pour la période allant jusqu’au 31 décembre doivent encore être actualisés dans les différents dispositifs administratifs.
À retenir pour les professionnels
Si vous êtes concerné, il est recommandé de conserver toutes les factures de carburant correspondant aux périodes prises en charge et de vérifier régulièrement les téléservices concernés.
La prolongation annoncée le 16 septembre ne signifie pas nécessairement qu’une nouvelle demande peut être déposée immédiatement : chaque dispositif possède son propre guichet, ses propres justificatifs et son propre calendrier.
Pour les agriculteurs comme pour les entreprises du BTP, les modalités publiées avant l’annonce du 16 septembre doivent donc être distinguées des nouvelles périodes annoncées par Matignon.
Les professionnels devront attendre la publication ou la mise à jour des textes et des téléservices pour connaître précisément les périodes couvertes et les dates limites de dépôt correspondant à la prolongation jusqu’au 31 décembre.
