Les données de la DREES publiées en décembre 2024, issues du Système national des données de santé (SNDS), mettent en lumière une évolution significative des arrêts maladie dans le secteur privé et chez les contractuels de la fonction publique.
Une augmentation des dépenses d’indemnités journalières
En 2023, les indemnités journalières (IJ) pour arrêts maladie représentent un coût total de 10,2 milliards d’euros, une hausse notable par rapport à 2019. Cette augmentation résulte de plusieurs facteurs :
- La hausse des salaires, notamment du SMIC,
- L’inflation,
- Une progression significative des taux de recours aux IJ.
Entre 2019 et 2023, le montant indemnisé a augmenté de 6,3 % par an en moyenne, soit un rythme bien plus rapide que celui observé entre 2010 et 2019 (+2,9 %).
Des arrêts maladie plus fréquents et plus longs
Le nombre total de journées indemnisées a connu une augmentation de 3,9 % par an entre 2019 et 2023, contre 2,3 % sur la décennie précédente.
Les arrêts de travail supérieurs à six mois, bien qu’ils ne représentent que 7 % des arrêts indemnisés, concentrent près de la moitié des dépenses. Les facteurs liés à l’âge des salariés, leur état de santé et les conditions de travail expliquent en partie cette tendance.
Le rôle de la structure démographique et des secteurs d’activité
Le vieillissement de la population active a joué un rôle clé dans l’évolution des IJ. Les salariés âgés de 50 ans ou plus concentrent 42 % des dépenses, alors qu’ils ne représentent que 29 % des arrêts. Par ailleurs, certains secteurs, comme la santé et l’action sociale, présentent des durées moyennes d’arrêts supérieures à la moyenne, reflétant les contraintes physiques et psychosociales accrues dans ces domaines.
Une hausse du taux de recours
Le taux de recours aux IJ a progressé pour atteindre 28 % en 2023, contre 26 % en 2019. Cette augmentation traduit une tendance structurelle, mais aussi une sensibilisation accrue des salariés à leurs droits. Les jeunes salariés ont enregistré une hausse notable de ce taux, ce qui pourrait refléter des conditions de travail plus exigeantes ou une plus grande précarité dans certains secteurs.
Le taux de recours mesure la proportion d’une population qui utilise ou bénéficie d’un dispositif donné, dans ce cas, les indemnités journalières (IJ) versées pour les arrêts maladie. Il correspond au pourcentage de personnes éligibles qui effectuent effectivement une demande ou utilisent ce dispositif.
Exemple : Si, parmi 100 salariés, 28 bénéficient d’au moins un arrêt maladie indemnisé dans l’année, le taux de recours est de 28 %.
Les effets de la crise sanitaire
La crise du Covid-19 a marqué un tournant dans l’évolution des arrêts maladie. Les dispositifs dérogatoires, tels que les IJ sans délai de carence pour les cas positifs ou contacts, ont engendré des pics de dépenses en 2020 et 2022. Bien que ces mesures aient pris fin en 2023, leur impact continue d’être perceptible dans les comportements de recours aux arrêts maladie.
Une évolution différenciée selon les genres
Les femmes présentent une sinistralité plus élevée que les hommes, à tous les âges. Cette différence s’explique notamment par les grossesses, les conditions de travail et une double charge professionnelle et familiale. Cependant, au-delà de 45 ans, les écarts entre hommes et femmes tendent à s’atténuer.

