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2025 : vers une normalisation salariale après deux ans d’inflation

©kuppa_rock / Getty Images Pro / Illustration.
Les rémunérations continuent d’augmenter, mais plus calmement, traduisant la fin du cycle de rattrapage engagé depuis 2022.

Après deux années de fortes hausses liées à la flambée des prix, les salaires dans le privé retrouvent un rythme plus modéré. C’est ce que montre la dernière étude Acemo-Dares, publiée en novembre 2025 (résultats provisoires), qui dresse le portrait d’un marché du travail revenu à une forme d’apaisement. Les rémunérations continuent d’augmenter, mais plus calmement, traduisant la fin du cycle de rattrapage engagé depuis 2022.

Des hausses contenues et un léger gain de pouvoir d’achat

Au troisième trimestre 2025, le salaire mensuel de base progresse de 0,3 %, soit une hausse annuelle de 2 %. Dans le même temps, les prix à la consommation augmentent de 1,1 %. En euros constants, le pouvoir d’achat des salariés s’améliore donc légèrement, de 0,9 %. La tendance se stabilise après plusieurs trimestres de croissance soutenue.

Ces chiffres ramènent les salaires à des niveaux de progression proches de ceux observés avant la crise sanitaire. “On revient sur des rythmes de hausse similaires à ceux d’avant 2020. Cela témoigne d’une situation plus sereine pour les entreprises et d’un dialogue social moins sous tension”, indique un analyste de la Dares.

Entre 2022 et 2024, les hausses avaient atteint jusqu’à 3 % sur un an, portées par les revalorisations automatiques du Smic et les négociations d’urgence dans de nombreux secteurs. En 2025, le mouvement s’apaise sans pour autant s’inverser.

Une évolution harmonisée entre catégories de salariés

L’étude révèle aussi une progression homogène selon les statuts. Ouvriers, employés, professions intermédiaires et cadres voient leur salaire mensuel de base croître autour de 2 % sur un an. En euros constants, les hausses s’échelonnent entre 0,8 et 0,9 %. Cette convergence tranche avec les disparités apparues au plus fort de la tension sur le marché de l’emploi, lorsque certaines fonctions avaient bénéficié de revalorisations plus rapides.

Sur le plan sectoriel, les différences s’estompent également. L’industrie et le tertiaire enregistrent une hausse trimestrielle de 0,3 %, la construction légèrement moins (+0,2 %). Sur un an, la progression s’établit à 2,1 % dans l’industrie et 1,9 % dans les services comme dans le bâtiment. La dynamique est donc partagée : aucun secteur ne se démarque vraiment par des augmentations plus rapides ou plus faibles.

Une respiration bienvenue pour les entreprises

Pour les dirigeants de PME et d’ETI, cette modération offre un peu d’oxygène après deux années marquées par des hausses rapides et difficiles à absorber. L’ajustement des salaires à l’inflation avait pesé sur les marges, notamment dans les activités à forte intensité de main-d’œuvre. En 2025, la progression plus mesurée redonne de la visibilité.

“Les entreprises restent vigilantes sur la fidélisation, mais les augmentations automatiques ne sont plus la norme. On voit émerger des politiques plus ciblées, centrées sur la montée en compétences ou la rétention des profils clés”, observe un représentant patronal cité après la publication de l’étude.

Cette évolution s’accompagne d’un changement de ton dans les négociations collectives. Les discussions portent désormais davantage sur la refonte des grilles salariales et la reconnaissance des parcours professionnels que sur les revalorisations généralisées. Un signe de retour à des échanges plus constructifs, où la gestion des rémunérations s’inscrit dans une stratégie à moyen terme.

Une phase de consolidation après le rattrapage

Les années 2022 et 2023 avaient profondément bousculé les repères salariaux. Entre les hausses de prix de l’énergie, la tension sur les recrutements et la revalorisation du Smic à répétition, les entreprises avaient dû composer dans l’urgence. La Dares estime que cette phase de rattrapage est désormais derrière nous. Les salaires suivent à nouveau une trajectoire en phase avec la productivité et la conjoncture économique.

Cette normalisation ne signifie pas l’absence de vigilance. La prochaine revalorisation du Smic, prévue au 1er janvier 2026, pourrait relancer les discussions dans les branches où les grilles conventionnelles restent très proches du minimum légal.

Les organisations professionnelles s’y préparent déjà, conscientes que toute hausse mécanique du bas de l’échelle pourrait rouvrir la question des réajustements en cascade.

Des données provisoires, mais une tendance solide

Les résultats publiés par la Dares pour le troisième trimestre 2025 reposent sur les 14.300 premiers questionnaires d’entreprises reçus et traités.

Les données définitives seront rendues publiques le 12 décembre, mais la tendance ne semble pas devoir être remise en cause : le rythme de progression des salaires ralentit, sans basculer dans la stagnation.

Après deux ans de revalorisations soutenues, le marché du travail entre donc dans une phase de stabilité. Les rémunérations progressent à un rythme modéré, l’inflation reste contenue et les discussions salariales retrouvent un cadre plus prévisible. Pour les entreprises, c’est l’occasion de consolider leur politique de rémunération en lien avec leur stratégie de croissance, sans subir les à-coups d’un contexte économique imprévisible.

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