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Des artisans du BTP toujours très engagés, mais une vigilance accrue sur leur santé

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Publiée en juin 2024, la nouvelle édition du baromètre IRIS-ST / OPPBTP dresse un panorama sans fard du quotidien des artisans du bâtiment. Si la motivation professionnelle reste forte, les signaux d’alerte en matière de santé et de conditions de travail se multiplient. Une photographie à lire avec attention pour les dirigeants de petites entreprises.

Un engagement sans faille, une pression constante

Parmi les quelque 1500 artisans interrogés entre janvier et mars 2024, une très large majorité affirme aimer son métier. 91 % se disent même « fiers » d’exercer leur activité.

Ce chiffre, stable par rapport à l’édition précédente, témoigne d’une forme de passion intacte dans les métiers du bâtiment. Mais derrière cet attachement professionnel, les contraintes s’accumulent : 70 % des répondants estiment que leur activité s’est complexifiée ces dernières années, notamment en raison des normes administratives, de la gestion des équipes ou des obligations réglementaires.

Un artisan sur deux déclare ainsi travailler plus de 50 heures par semaine. Et 71 % jugent que leur charge mentale a augmenté depuis 2021. La gestion de la trésorerie, le recrutement ou la planification des chantiers figurent parmi les principales sources de tension.

Des signaux préoccupants sur la santé physique et mentale

La fatigue physique reste un sujet central pour les artisans. 84 % disent ressentir une usure physique en lien avec leur activité. Les troubles musculo-squelettiques, les douleurs lombaires ou les tendinites sont monnaie courante, et viennent s’ajouter à une exposition régulière à des conditions difficiles : port de charges lourdes, postures contraignantes, bruit, poussière ou intempéries.

Côté santé mentale, le tableau n’est pas plus rassurant : près d’un tiers des artisans confient avoir déjà ressenti un état de détresse psychologique, qu’il s’agisse d’un stress intense, de troubles du sommeil ou d’un épuisement émotionnel. Un chiffre en hausse qui ne surprend pas les auteurs de l’étude, tant les artisans cumulent les rôles : chef d’entreprise, technicien, commercial, gestionnaire… parfois au détriment de leur propre équilibre.

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Une prévention encore trop théorique

Face à ces constats, les dispositifs de prévention peinent encore à s’ancrer dans les pratiques. Moins de 30 % des artisans interrogés déclarent avoir formalisé une politique de prévention des risques dans leur entreprise. L’évaluation des risques professionnels, pourtant obligatoire via le DUERP (document unique d’évaluation des risques), reste parfois une formalité peu exploitée au quotidien.

Les dirigeants de très petites entreprises, souvent seuls ou avec un ou deux salariés, expliquent manquer de temps, d’informations claires et de soutien pour mettre en œuvre une véritable démarche de prévention.

Pourtant, 62 % reconnaissent que mieux anticiper les risques pourrait leur permettre de préserver leur santé et celle de leurs collaborateurs. Le baromètre note à ce titre un intérêt croissant pour les services proposés par les CAPEB, les chambres de métiers ou les plateformes comme Prévention BTP.

Un isolement encore très marqué

Autre donnée marquante de l’étude : l’isolement professionnel. 47 % des artisans déclarent ne pas avoir de réseau d’échange ou de soutien avec d’autres chefs d’entreprise. Cette solitude accentue les difficultés rencontrées, notamment en cas de baisse d’activité, de conflit avec un client ou de problèmes administratifs. Elle freine également la mise en commun de bonnes pratiques, en matière de gestion ou de sécurité.

Les auteurs du baromètre pointent ici un levier d’amélioration important : encourager les artisans à rejoindre des collectifs, à échanger avec leurs pairs, voire à se faire accompagner sur certains volets (RH, administratif, juridique).

L’enjeu est aussi générationnel : les jeunes artisans, souvent plus connectés, déclarent davantage recourir à des forums ou des groupes en ligne.

Des attentes fortes vis-à-vis des pouvoirs publics

Enfin, le baromètre révèle une forte attente des artisans envers les institutions. 78 % estiment que les mesures publiques en faveur de la prévention dans le bâtiment sont mal connues ou mal adaptées à leur réalité. Les artisans expriment un besoin de clarté, de simplification et surtout d’un accompagnement plus personnalisé.

Plusieurs pistes émergent :

  • Faciliter l’accès à des formations courtes sur la gestion d’entreprise,
  • Rendre les démarches administratives plus lisibles,
  • Mieux faire connaître les aides existantes pour la santé au travail.

Dans un secteur largement composé de TPE, les solutions ne peuvent pas être calquées sur celles des grandes structures.


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