Le baromètre ISM-MAAF, « les métiers d’art et de création », a été publié en décembre 2024. Il a été réalisé par l’Institut Supérieur des Métiers avec le soutien de MAAF, et dresse un portrait détaillé de cette diversité, mettant en lumière les forces et fragilités de ce secteur clé.
Une progression notable dans les métiers de l’artisanat du quotidien
Entre 2017 et 2019, le tissu artisanal a connu un renforcement, notamment dans les secteurs de l’alimentation et des services. La boulangerie-pâtisserie, par exemple, a créé 8.600 emplois salariés, surpassant les grandes surfaces alimentaires. Cependant, d’autres domaines, tels que la coiffure ou les pressings, ont vu une baisse d’emplois, reflétant l’impact de la concurrence du e-commerce et des services à domicile.
Dans l’ensemble, les secteurs dits « de quotidienneté » ont généré 87.000 emplois sur la période, dont les trois quarts dans la restauration et les cafés. Une dynamique particulièrement visible dans les grandes agglomérations, où la croissance de la population alimente l’activité économique.
Métiers d’art et de création : une attractivité renouvelée
Parallèlement, les métiers d’art et de création affichent un regain d’intérêt. Depuis 2017, les créations d’entreprises dans ce domaine ont doublé, atteignant 120.000 entités en 2024. Cette évolution s’explique notamment par la réforme du régime micro-entrepreneur et l’engouement suscité par la crise sanitaire, qui a révélé de nouvelles vocations.
Des secteurs comme la bijouterie fantaisie ou la photographie, peu gourmands en investissements, ont connu une explosion de créations d’entreprises. Toutefois, la majorité des artisans restent des indépendants, avec des revenus souvent précaires. Dans le domaine de la bijouterie fantaisie, par exemple, 95 % des entreprises sont des micro-entrepreneurs.
Des disparités marquées entre zones urbaines et rurales
Les fractures territoriales demeurent l’un des principaux défis pour l’artisanat. Alors que les grandes villes, notamment Paris, bénéficient d’un tissu artisanal dense et dynamique, les zones rurales peinent à maintenir leurs activités. Entre 2014 et 2019, le taux d’équipement des communes en boulangeries pâtisseries ou boucheries charcuteries a diminué, signe d’un affaiblissement progressif des services de proximité dans ces territoires.
Ce phénomène est amplifié par une polarisation des savoir-faire. Par exemple, la bijouterie-joaillerie reste concentrée en Île-de-France, tandis que la fabrication de sièges prédomine en Nouvelle-Aquitaine. Ces spécialisations contribuent à une répartition inégale des activités artisanales à travers le pays.
L’impact de la formation et des politiques publiques
La montée en puissance de l’apprentissage constitue un levier important pour l’avenir de l’artisanat. Les formations aux métiers du patrimoine bâti, notamment, ont vu une forte augmentation des effectifs, stimulée par des projets emblématiques comme la reconstruction de Notre-Dame de Paris. Cependant, les filières restent inégalement réparties sur le territoire, certaines spécialités rares n’étant enseignées que dans un seul établissement.
Au-delà de la formation, les politiques locales jouent un rôle déterminant. Certaines régions, comme la Bretagne et les Pays de la Loire, se distinguent par un maillage artisanal dense. À l’inverse, des zones comme le sud du Massif Central ou la Bourgogne-Franche-Comté subissent un recul marqué de l’emploi artisanal…

