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Emploi saisonnier et allocation chômage : mode d’emploi

Chaque année, plus d’1 million de travailleurs saisonniers s’activent à travers le territoire. Mais derrière ce travail indispensable, une question demeure : qu’en est-il des droits aux chômage de ces travailleurs une fois la saison terminée ? Une analyse détaillée de l’Unédic, menée par Oana Calavrezo, Justine Obser et Thomas Vroylandt, éclaire sur les trajectoires de ces allocataires aux droits spécifiques.

Selon le Code du travail, le travail saisonnier correspond à des activités répétitives liées aux cycles naturels ou aux besoins périodiques d’un secteur, comme la cueillette agricole, les sports d’hiver ou le tourisme estival. Les contrats saisonniers, généralement des CDD ou des missions d’intérim, disposent de règles spécifiques :

  • Pas de versement d’indemnité de fin de contrat,
  • Possibilité de reconduction automatique pour la saison suivante,
  • Cumul des périodes travaillées dans une même entreprise pour calculer l’ancienneté.

En France, environ un million de personnes occupent au moins un contrat saisonnier chaque année, principalement dans l’agriculture, l’hôtellerie-restauration et les loisirs. Ces emplois, bien qu’essentiels à ces secteurs, s’accompagnent souvent de périodes d’inactivité salariale.

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L’éligibilité à l’Assurance chômage : des règles communes

Depuis 2011, le chômage saisonnier est indemnisé selon les règles de droit commun. Cela signifie que pour bénéficier de l’allocation chômage, les saisonniers doivent remplir les mêmes conditions que les autres salariés :

  • Avoir travaillé au moins 6 mois (130 jours ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois,
  • S’inscrire à France Travail (anciennement Pôle emploi),
  • Justifier d’une perte involontaire d’emploi (fin de contrat, fin de mission).

L’analyse de l’Unédic montre que, chaque année entre 2018 et 2023, environ 200.000 allocataires ouvrent leurs droits à l’Assurance chômage avec au moins un contrat saisonnier. Parmi eux, 60 % atteignent les seuils d’éligibilité avec un seul contrat.

Une allocation souvent plus basse mais des droits prolongés

La réforme de 2021 a bouleversé les modalités de calcul des allocations chômage, particulièrement pour les parcours d’emploi discontinus comme ceux des saisonniers. Si l’allocation journalière moyenne a diminué (passant de 33 € en 2018 à 30 € en 2023), la durée maximale d’indemnisation s’est allongée, atteignant 14 mois en moyenne.

Ce système permet de répartir les droits sur une plus longue période, offrant une certaine sécurité aux travailleurs saisonniers qui alternent entre emploi et chômage.

TOUTEFOIS : ces changements ont accru l’écart entre les saisonniers et les autres allocataires, les premiers percevant des allocations inférieures de 15 à 20 %.

Le profil des allocataires saisonniers

D’après l’étude de l’Unédic, les allocataires saisonniers partagent plusieurs caractéristiques :

  • Niveau d’études : 54 % n’ont pas le baccalauréat, contre 48 % pour l’ensemble des allocataires,
  • Secteurs d’activité : Hébergement-restauration (40 %), agriculture (17 %), commerce et services administratifs,
  • Taille des entreprises : 60 % travaillent dans des établissements de moins de 20 salariés,
  • Localisation : Les zones touristiques (Savoie, Alpes-Maritimes) et viticoles (Gironde, Marne) concentrent une grande part des contrats.

Le contrat saisonnier moyen dure environ trois mois et débute souvent lors de la saison estivale. Près des deux tiers des allocataires saisonniers ayant ouvert des droits en 2022 ont cumulé les saisons d’été et d’hiver, témoignant d’une grande adaptabilité face aux fluctuations du marché de l’emploi.

Typologie des allocataires saisonniers

L’étude de l’Unédic distingue quatre groupes principaux parmi les allocataires saisonniers :

  1. Recours faible (34 %) : Ces travailleurs occupent peu de contrats saisonniers. Jeunes et souvent primo-entrants, ils bénéficient de la durée d’indemnisation la plus longue (18 mois),
  2. Recours régulier et modéré (19 %) : Ce groupe combine contrats saisonniers et emplois plus stables,
  3. Recours irrégulier et conséquent (24 %) : Avec des contrats plus longs mais moins nombreux, ils alternent intensément entre emploi et chômage,
  4. Recours intensif (23 %) : Travaillant exclusivement en saisonnier, ce groupe perçoit des droits plus courts (12 mois) et des allocations plus faibles.

Ces typologies illustrent la diversité des parcours et la place variable des contrats saisonniers dans les trajectoires professionnelles.

Recommandations pour les travailleurs saisonniers

Pour maximiser leurs droits et sécuriser leurs parcours professionnels, les saisonniers doivent :

  • S’informer sur leurs droits : Comprendre les critères d’éligibilité et les modalités de calcul des allocations.
  • Cumuler les expériences : Privilégier des contrats plus longs ou diversifier les employeurs pour augmenter leurs droits.
  • S’inscrire rapidement à France Travail : Respecter les délais pour éviter la perte de droits.
  • Planifier les périodes d’inactivité : Utiliser les périodes creuses pour suivre des formations ou acquérir de nouvelles compétences.

Avec ces stratégies, les travailleurs saisonniers peuvent mieux gérer les périodes sans emploi tout en valorisant leurs compétences auprès des employeurs.

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