Temps de lecture estimé : 6 minutes

Le tourisme souffre encore de nombreux clichés. Métiers saisonniers, pénibles, peu qualifiés, sans perspectives : ces représentations persistent, alors même que le secteur constitue l’un des piliers de l’économie française. C’est précisément pour déconstruire ces idées reçues et répondre aux difficultés de recrutement que se tient, du 2 au 8 février 2026, la quatrième édition de la Semaine des métiers du tourisme, officiellement lancée le 27 janvier à Angers .
« Le tourisme est un secteur d’avenir, un pilier de notre économie, et surtout un formidable levier d’émancipation, d’emploi et de réussite », a rappelé Serge Papin, ministre des Petites et Moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, lors de son discours d’ouverture, en s’adressant directement aux jeunes et aux personnes en questionnement professionnel.
Un poids économique majeur, mais des tensions persistantes
Avec plus de 100 millions de visiteurs internationaux accueillis en 2024, la France demeure la première destination touristique mondiale.
Le secteur représente plus de 7 % du PIB et près de 2 millions d’emplois directs et indirects sur l’ensemble du territoire. Derrière ces chiffres, la réalité du terrain est plus contrastée.
Malgré une activité soutenue, renforcée notamment par les Jeux olympiques et paralympiques de 2024, les entreprises du tourisme peinent toujours à recruter.
En 2025, un projet d’embauche sur deux était considéré comme difficile, et plus de 60.000 postes restaient vacants dans l’hébergement-restauration selon France Travail.
Pour Serge Papin, le problème n’est pas un manque d’opportunités, mais un déficit de connaissance : « Si le secteur recrute, c’est souvent parce qu’il est mal connu. Trop de jeunes ignorent la diversité des métiers et des parcours possibles. »
Une semaine pensée pour rapprocher les publics des entreprises
Organisée depuis quatre ans par la Direction générale des Entreprises, la Semaine des métiers du tourisme s’inscrit dans le cadre du plan Destination France.
Son ambition : faire découvrir la réalité du secteur au plus près du terrain, en multipliant les rencontres entre professionnels, jeunes, demandeurs d’emploi et personnes en reconversion.
Pour cette édition 2026, plus de 1.300 événements sont déjà labellisés sur l’ensemble du territoire, avec un objectif affiché de 3.000 initiatives.
Visites d’entreprises, forums de recrutement, interventions dans les établissements scolaires, journées immersives ou webinaires : tous les formats sont mobilisés pour montrer concrètement ce que sont les métiers du tourisme.
« Soyez curieux. Allez voir les entreprises, posez vos questions, dites vos doutes », a insisté le ministre, rappelant que ces événements sont conçus comme des espaces de dialogue direct avec les professionnels.
Des métiers multiples, des parcours ouverts
Contrairement aux idées reçues, le tourisme ne se résume pas à quelques emplois saisonniers. Le secteur recouvre plus de 300 métiers, de l’hôtellerie-restauration aux transports, en passant par la culture, les loisirs, l’événementiel, le tourisme sportif ou encore le thermalisme.
« Choisir le tourisme, ce n’est pas choisir un métier pour 50 ans, c’est choisir la possibilité de bouger », a souligné Serge Papin. Changer de région, de fonction, voire de pays : la mobilité fait partie intégrante des parcours professionnels du secteur. « On peut passer d’un poste en salle sur la côte Atlantique à la direction d’un hôtel à la montagne, ou d’un site patrimonial en Anjou à une agence de voyage à l’autre bout du monde. »
Le ministre a également insisté sur la question de la rémunération et de l’évolution professionnelle, souvent absentes du débat public. « Le travail paye, et paye bien dans ces métiers. L’ascenseur social fonctionne encore, et parfois très vite. »
Une réponse directe aux attentes des TPE
Pour les très petites entreprises, qui concentrent une large part des emplois touristiques, la Semaine des métiers du tourisme représente un tremplin concret. Elle leur permet de gagner en visibilité, de rencontrer des profils motivés et de valoriser des organisations parfois éloignées des standards des grands groupes.
« Le tourisme, c’est un vrai business. Un business exigeant, qui demande de l’engagement et du talent », a rappelé Serge Papin, évoquant son propre parcours, de la supérette du camping familial à des responsabilités ministérielles. Un message destiné aussi aux dirigeants de petites structures, souvent confrontés à des difficultés de recrutement mais porteurs de véritables opportunités de carrière.
Un secteur qui a du sens et qui se transforme
Au-delà de l’emploi, le discours du ministre a insisté sur la dimension humaine et territoriale du tourisme. « Rares sont les métiers qui permettent de gagner sa vie en créant des souvenirs pour les autres », a-t-il déclaré, rappelant que les professionnels du secteur sont aussi des ambassadeurs des territoires et de l’art de vivre français.
Transitions écologique et numérique, nouvelles attentes des clients, émergence de métiers liés au digital ou au tourisme durable : le secteur évolue rapidement. « Même avec la révolution de l’intelligence artificielle, les métiers du tourisme ne vont pas disparaître. Au contraire, de nouveaux métiers émergent », a affirmé Serge Papin.
Un lancement symbolique à Angers
La Semaine des métiers du tourisme 2026 a été lancée à Angers lors d’un événement organisé par INNTO France, réunissant plus de 1.000 participants. Cette journée a mis en lumière la diversité des formations, du CAP au master, et les parcours de professionnels aux trajectoires très variées.
Le chef Juan Arbelaez, parrain de cette édition, incarne cette capacité du secteur à offrir des carrières ascendantes et visibles, y compris pour des profils venus d’horizons différents.

« Faire du tourisme un métier, ça peut être une vocation »
En conclusion de son intervention, Serge Papin a invité les participants à considérer cette semaine comme un temps décisif : « Peut-être celui d’un déclic, d’une envie, d’un avenir possible. Être un touriste dans la vie, ce n’est pas une vocation. Mais faire du tourisme un métier, ça peut tout à fait en être une. »
Pour les entreprises comme pour les candidats, la Semaine des métiers du tourisme s’affirme ainsi comme un rendez-vous stratégique, au service de l’attractivité d’un secteur qui continue de recruter et de se réinventer.

