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Plusieurs dispositifs publics et territoriaux existent pour alléger les charges et encourager les recrutements saisonniers. Certaines mesures s’adressent spécifiquement aux exploitants agricoles, d’autres aux entreprises situées dans des zones fragiles, tandis que des aides régionales viennent compléter ce paysage. Voici un panorama des principaux leviers mobilisables.
Le recrutement de saisonniers redevient un sujet central pour de nombreux secteurs. Hôtellerie-restauration, tourisme, agriculture, viticulture, commerce, services : tous connaissent un accroissement de leur activité pendant l’été et doivent trouver rapidement des renforts opérationnels. Pour les employeurs, cette étape représente un double défi. D’une part, réussir à attirer des profils disponibles sur des contrats courts et parfois exigeants en horaires. D’autre part, maîtriser le coût de ces embauches, alors que les marges sont souvent fragiles dans ces secteurs.
L’exonération TO-DE pour le secteur agricole
Dans le monde agricole, l’embauche de saisonniers n’est pas une option, mais une nécessité. Récoltes, vendanges, cueillette de fruits et de légumes : ces activités exigent une main-d’œuvre importante sur des périodes limitées. Le dispositif TO-DE (Travailleurs Occasionnels Demandeurs d’Emploi) a été mis en place précisément pour soutenir ce modèle.
Concrètement, il offre une exonération totale ou partielle des cotisations patronales de Sécurité sociale dues pour les travailleurs saisonniers. L’économie réalisée peut être substantielle pour un exploitant qui doit recruter plusieurs dizaines de personnes sur une saison.
En 2025, le dispositif est maintenu, mais sa fin est déjà programmée : à compter du 1ᵉʳ janvier 2026, il sera remplacé par la réduction générale des cotisations, dite « réduction Fillon ».
Pour les entreprises agricoles, l’année 2025 apparaît donc comme une période charnière. Beaucoup anticipent la fin du TO-DE en évaluant son impact sur leur coût du travail. Certaines organisations professionnelles alertent d’ailleurs sur le risque de baisse d’attractivité de ces métiers si la compensation n’est pas suffisante après 2025. D’ici là, le recours au TO-DE reste un atout de compétitivité à ne pas négliger pour recruter en nombre sans déséquilibrer ses comptes.
Les dispositifs régionaux et locaux d’accompagnement
Au-delà des mesures nationales, les collectivités territoriales jouent un rôle majeur dans le soutien aux employeurs saisonniers. De nombreuses régions, départements et intercommunalités ont mis en place leurs propres aides pour répondre aux besoins locaux.
Ces dispositifs prennent des formes variées. Il peut s’agir de subventions directes pour l’embauche de jeunes ou d’étudiants, de forfaits par contrat signé, ou encore de primes accordées aux TPE et PME qui recrutent dans des secteurs particulièrement sous tension.
Certaines régions conditionnent leurs aides à des engagements de l’employeur, comme l’hébergement des saisonniers ou l’accompagnement vers la formation.
Ce maillage territorial traduit une volonté d’adaptation fine : dans une zone touristique, l’accent sera mis sur l’accueil et la restauration ; dans une région viticole, sur la main-d’œuvre pour les vendanges ; dans un territoire rural, sur le maintien de l’activité économique grâce aux emplois temporaires. Pour les chefs d’entreprise, cela signifie qu’il est essentiel de se rapprocher des DREETS, des chambres consulaires ou des services économiques régionaux pour connaître précisément les opportunités disponibles.
Les montants, les critères et les délais de versement varient fortement d’un territoire à l’autre, mais ces aides locales peuvent représenter un coup de pouce non négligeable.
Les exonérations dans les zones spécifiques
Certaines entreprises bénéficient d’aides simplement parce qu’elles se trouvent implantées dans des zones ciblées par les pouvoirs publics. C’est le cas des Zones de Revitalisation Rurale (ZRR) ou des Zones France Ruralités Revitalisation (ZFRR).
Objectif : maintenir une activité économique dans des territoires fragiles et lutter contre la désertification de certaines campagnes.
Les employeurs situés dans ces zones peuvent profiter d’exonérations fiscales et sociales pour chaque embauche, y compris saisonnière. Ces dispositifs sont souvent moins connus que le TO-DE ou que les aides régionales, mais ils peuvent représenter un levier intéressant, notamment pour les petites structures. Dans certains cas, l’exonération s’applique non seulement aux charges sociales, mais aussi à l’impôt sur les bénéfices pendant une durée déterminée.
Pour un entrepreneur installé en milieu rural, ces exonérations contribuent à compenser les difficultés propres à ces territoires : accès limité aux candidats, éloignement géographique, infrastructures réduites. Dans un contexte où le recrutement saisonnier est déjà compliqué par la concurrence entre secteurs, pouvoir s’appuyer sur ces allègements constitue un argument supplémentaire pour franchir le pas et embaucher.
Anticiper pour mieux mobiliser les aides
Si les dispositifs existent, leur efficacité dépend largement de la capacité des entreprises à les activer en temps utile. Le recrutement saisonnier se caractérise par l’urgence : il faut trouver du personnel rapidement, parfois en quelques semaines seulement. Or, certaines aides nécessitent de monter un dossier, de respecter un calendrier administratif ou de remplir des conditions précises.
Les employeurs qui s’y prennent tôt ont donc un avantage. Identifier les besoins dès le printemps, prendre contact avec les organismes de référence, vérifier l’éligibilité de son entreprise et rassembler les justificatifs sont des étapes indispensables pour éviter les mauvaises surprises au moment du recrutement. Dans certains cas, un simple retard de demande peut priver l’entreprise de plusieurs milliers d’euros d’allègements.
Anticiper, c’est aussi réfléchir à la combinaison des dispositifs. Rien n’empêche une entreprise agricole de cumuler le TO-DE avec une aide régionale ou d’exploiter en parallèle les exonérations liées à son implantation géographique. La stratégie optimale consiste à articuler les différents leviers en fonction de la durée des contrats, du nombre de salariés recrutés et de la localisation de l’activité.
Un levier pour renforcer l’attractivité des emplois saisonniers
Au-delà de l’aspect financier, ces aides ont un impact sur l’attractivité globale des emplois saisonniers. Réduire le coût pour l’employeur permet souvent de proposer une rémunération plus compétitive, ou d’investir dans de meilleures conditions de travail et d’hébergement. Dans des secteurs qui souffrent d’un déficit d’image auprès des jeunes, chaque effort compte pour fidéliser les saisonniers et donner envie de revenir l’année suivante.
Dans l’hôtellerie-restauration comme dans l’agriculture, les professionnels témoignent régulièrement des difficultés à recruter, malgré un vivier d’étudiants ou de demandeurs d’emploi. En sécurisant l’embauche grâce à des aides ciblées, les entreprises peuvent non seulement boucler leur saison, mais aussi engager une dynamique de recrutement durable.
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