Le ministère du Travail évoque « des résultats historiques ». Ces contrôles ont principalement ciblé les entreprises employeurs et les travailleurs indépendants, notamment les micro-entrepreneurs. Les secteurs les plus visés incluent le BTP, les services aux entreprises et le commerce.
En 2024, l’Urssaf a redressé près de 1,6 milliard d’euros au titre de la lutte contre le travail dissimulé, contre 1,2 milliard en 2023 et 0,8 milliard en 2022.
Ce sont les chiffres qui ont été communiqués par le ministère du Travail le 6 mars dernier. « En deux ans, nous avons doublé les sommes recouvrées dans la lutte contre le travail dissimulé, atteignant un niveau historique de 1,6 milliard d’euros en 2024 », a déclaré Amélie de Montchalin, ministre chargée des Comptes publics dans un communiqué de presse.
L’objectif de l’Urssaf est d’atteindre 5,5 milliards d’euros de redressements pour la période 2023-2027.
En 2024, le montant annuel des redressements a dépassé le milliard d’euros pour la deuxième année consécutive, affichant une hausse de 34 % par rapport à 2023.
Depuis 2013, ce montant a été multiplié par cinq, passant de 321 millions d’euros à 1,6 milliard d’euros. « Nous avons fait de la lutte contre la fraude sociale une priorité, et le travail impulsé par Gabriel Attal porte ses fruits », souligne Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles.
Renforcement des actions de prévention et de répression
L’Urssaf a intensifié ses actions de prévention et de répression dans les secteurs les plus touchés par la fraude. Près de 26.000 actions de prévention ont été menées, représentant 80 % des actions totales.
Ces efforts sont complétés par environ 6.700 actions de contrôle répressives, en hausse de 11 % par rapport à 2023.
La stratégie de l’Urssaf repose sur plusieurs leviers d’action :
L’optimisation du ciblage grâce à l’enrichissement des méthodes de datamining permet une détection plus précise des fraudes ;
Le renforcement des moyens et la professionnalisation des inspecteurs spécialisés dans toutes les Urssaf permettent d’identifier et de traiter un plus grand nombre de fraudes à fort enjeu ;
Les contrôles sur les entreprises ayant recours au travail détaché en provenance d’autres pays de l’Union européenne ont également été intensifiés ;
Enfin, le développement des partenariats stratégiques avec la police, la gendarmerie, l’Office central de lutte contre le travail (OCLTI), TRACFIN et d’autres acteurs clés renforce l’action coordonnée contre la fraude.
« Le travail construit des droits et finance notre modèle social. La lutte contre le travail dissimulé est la garantie pour les travailleurs et leurs familles de pouvoir bénéficier de leurs droits à la protection sociale », a précisé Astrid Panosyan-Bouvet, ministre chargée du Travail et de l’Emploi dans un communiqué.

