
Les entreprises françaises, toutes tailles confondues, ont globalement amélioré leurs comportements de règlement, même si les écarts se creusent entre les bons et les mauvais payeurs.
En 2024, les entreprises françaises ont globalement payé plus vite leurs fournisseurs et été réglées plus rapidement par leurs clients. Mais derrière cette amélioration d’ensemble, un constat persiste : les grandes entreprises restent les plus lentes à honorer leurs factures, au détriment de la trésorerie des plus petites.
Après une année de stagnation, les délais de paiement se sont de nouveau raccourcis en 2024. Les entreprises françaises, toutes tailles confondues, ont globalement amélioré leurs comportements de règlement, même si les écarts se creusent entre les bons et les mauvais payeurs. Et si les petites structures se montrent plus vertueuses, les grandes entreprises demeurent les plus lentes à régler leurs fournisseurs.
Une amélioration d’ensemble, mais inégale
Selon la Banque de France, les délais moyens de paiement — qu’il s’agisse de régler ses fournisseurs ou d’être payé par ses clients — ont diminué de 1,5 jour en 2024 pour les entreprises hors microentreprises. Une tendance positive, mais contrastée : la baisse est portée par les entreprises les plus ponctuelles, tandis que les plus mauvais payeurs allongent encore leurs délais.
Les retards se sont globalement réduits au fil de l’année : les tensions observées au premier semestre se sont estompées à la fin de l’exercice.
Résultat : la part des paiements effectués dans les 60 jours légaux progresse de 2 points de pourcentage pour les délais clients comme pour les délais fournisseurs.
Le solde commercial, indicateur du besoin de financement généré par le crédit interentreprises, atteint son plus bas niveau historique à +12 jours de chiffre d’affaires.
En clair, les entreprises ont globalement équilibré les délais qu’elles accordent et ceux qu’elles subissent.
Les grandes entreprises, toujours plus lentes à payer
C’est la principale exception à la dynamique observée. Alors que PME, ETI et microentreprises ont réduit leurs délais tant du côté clients que fournisseurs, les grandes entreprises ont continué à rallonger leurs paiements. En 2024, plus d’une sur deux (52 %) a réglé ses factures au-delà du délai légal de 60 jours.
Dans le même temps, elles ont bénéficié d’un raccourcissement de leurs délais clients : leurs donneurs d’ordre les ont payées plus rapidement (–3 jours en moyenne). L’écart entre paiements reçus et paiements effectués s’est donc creusé à leur avantage.
Les grandes entreprises, mieux armées financièrement, semblent ainsi maîtriser les termes de la relation avec leurs fournisseurs.
Les PME et microentreprises plus vertueuses
Les PME et microentreprises ont poursuivi leur amélioration. En 2024, 71 % des PME et 84 % des microentreprises règlent leurs fournisseurs dans les délais légaux.
Le raccourcissement des paiements reçus et versés améliore leur équilibre de trésorerie, même si les retards qui subsistent continuent de peser lourd : selon la Banque de France, ils représentent 13 milliards d’euros de manque à gagner pour la trésorerie des PME, dont 4 milliards pour les microentreprises.
Des disparités sectorielles persistantes
Presque tous les secteurs ont vu leurs délais clients se réduire en 2024. Les plus fortes baisses concernent l’information et la communication (–3,8 jours) et les conseils et services aux entreprises (–3,1 jours).
Dans ces deux secteurs, les délais fournisseurs ont reculé dans des proportions similaires, traduisant une amélioration structurelle depuis 2020.
Dans le commerce et l’hébergement-restauration, les marges de progression restent faibles, la clientèle étant majoritairement composée de particuliers réglant au comptant.
La construction, quant à elle, poursuit un lent ajustement entamé depuis la loi de modernisation de l’économie (LME) de 2008 : les délais fournisseurs y diminuent régulièrement.
Le poids financier des retards
La Banque de France a évalué l’impact financier d’une hypothèse où toutes les entreprises respecteraient le délai de 60 jours. Dans ce scénario, les PME (y compris microentreprises) récupéreraient 13 milliards d’euros de trésorerie, tandis que les grandes entreprises devraient en restituer 12 milliards. Les entreprises de taille intermédiaire (ETI) seraient également gagnantes, avec une amélioration de 3 milliards.
Les retards des acteurs publics — notamment les établissements de santé — contribuent aussi, dans une moindre mesure, au déficit de trésorerie des PME. L’Observatoire des délais de paiement relève une légère dégradation de leurs règlements en 2024.
À retenir
- –1,5 jour : baisse moyenne des délais clients et fournisseurs en 2024.
- 52 % des grandes entreprises paient leurs fournisseurs au-delà de 60 jours.
- 13 milliards d’euros : manque à gagner en trésorerie pour les PME.
- Amélioration généralisée dans la plupart des secteurs, notamment les services.
- Les grandes entreprises conservent un rapport de force favorable dans le crédit interentreprises.

