
Une transition qui intervient dans un contexte où les relations entre producteurs, transformateurs et distributeurs restent souvent tendues, notamment sur les questions de prix et de pratiques commerciales.
Le ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Souveraineté alimentaire a annoncé vendredi 14 novembre, par voie de communiqué, la nomination de Jo-Michel Dahan au poste de médiateur des relations commerciales agricoles. Il succède à Thierry Dahan, qui occupait cette fonction depuis décembre 2021.
Un médiateur rompu à l’exercice du compromis
Jo-Michel Dahan n’est pas un inconnu dans le monde de la médiation. Administrateur de l’État, il était jusqu’à présent médiateur national délégué auprès du médiateur des entreprises, un poste qu’il occupe depuis 2020. Son expérience dans la résolution de conflits et la recherche d’accords entre parties prenantes devrait lui servir dans un secteur aussi complexe que l’agroalimentaire, où les désaccords sur les contrats, les tarifs ou les délais de paiement sont monnaie courante.
Son rôle ? Jouer les intermédiaires neutres et indépendants pour aider à régler les litiges liés à la loi EGAlim, aux conditions de prix ou aux pratiques commerciales jugées abusives. Mais aussi, et surtout, anticiper les tensions avant qu’elles ne dégénèrent. « Il s’agit de renforcer la confiance entre les acteurs de la filière, afin d’assurer une meilleure valorisation des produits et une protection des intérêts de chacun », précise le communiqué ministériel.
Un secteur sous tension, entre producteurs et distributeurs
La filière agroalimentaire reste un terrain de friction permanent. Les producteurs dénoncent régulièrement des pressions sur les prix et des contrats déséquilibrés, tandis que les distributeurs et transformateurs invoquent des marges de plus en plus étroites et une concurrence féroce. Le médiateur se retrouve donc en première ligne pour tenter de trouver des solutions acceptables pour tous.
Les dossiers ne devraient pas manquer. Entre les renégociations de contrats, les contentieux sur les tarifs et les accusations de pratiques déloyales, Jo-Michel Dahan héritera d’un portefeuille chargé.
Son prédécesseur, Thierry Dahan, avait vu le nombre de saisines augmenter au fil des années, preuve que les acteurs du secteur se tournent de plus en plus vers la médiation pour régler leurs différends.
Une mission pragmatique, loin des grands discours
Pas question de promettre des révolutions, mais plutôt de travailler dans l’ombre pour faciliter le quotidien des professionnels. « Son action s’inscrit dans une démarche de prévention des conflits et de sécurisation juridique des échanges », souligne le ministère. Autrement dit : éviter les blocages, clarifier les règles et, quand c’est possible, trouver des compromis.
Les premiers mois de son mandat seront particulièrement scrutés. Les organisations professionnelles, qu’elles représentent les producteurs, les transformateurs ou les distributeurs, attendent des résultats concrets. Pas de marge de manœuvre illimitée, donc, mais une mission claire : faire en sorte que les échanges se passent un peu mieux qu’avant.

