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L’Anses pointe un « cocktail » de risques pour les agents de nettoyage

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©sweetmonster / Getty Images Signature / Illustration.
Ce rapport pourrait marquer un tournant, un moment où les corps de l’ombre deviennent enfin visibles — et soutenus.

Dans son rapport de novembre 2025, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) pointe un « cocktail délétère » qui menace les agents de nettoyage dans les bureaux, halls d’immeubles et locaux publics. Entre 1,2 et 1,4 million de salariés sont concernés, majoritairement des femmes, souvent peu reconnues et peu syndiquées.

L’étude souligne la combinaison de contraintes physiques, chimiques et organisationnelles. Au fil du texte, les chiffres montrent un secteur où l’exposition répétée à des produits chimiques et à des gestes contraignants pèse sur la santé physique et mentale.

Santé fragilisée : chiffres et observations

Points clés :

  • Taux de reconnaissance des maladies professionnelles deux fois supérieur à la moyenne nationale.
  • Troubles musculo-squelettiques (TMS) fréquents : gestes répétitifs, port de charges lourdes, postures contraignantes.
  • Risque accru de licenciements pour inaptitude : deux fois plus que la moyenne.
  • Fragilité respiratoire et cutanée liée à l’exposition aux produits chimiques et microbiens.

Ces constats mettent en lumière une réalité simple, mais souvent ignorée : derrière la propreté des bâtiments se trouvent des corps exposés et vulnérables.

Précarité et invisibilité : un double facteur aggravant

Le rapport souligne que les agents sont souvent sous-traitants : 65 % dans le secteur privé. Les salaires sont bas, parfois sous le seuil de pauvreté (environ 900 euros par mois), et les horaires atypiques — tôt le matin ou tard le soir — accentuent l’isolement.

Caractéristiques du secteur :

  • 73 % de femmes, souvent immigrées ou d’origine étrangère
  • Temps de travail fragmenté, travail souvent en solo
  • Cadences élevées et faible soutien hiérarchique

Ces éléments montrent que les risques ne sont pas que physiques : l’isolement et le manque de reconnaissance pèsent également sur la santé mentale.


Recommandations de l’Anses : prévention et formation

Pour améliorer la situation, l’Anses formule plusieurs recommandations concrètes :

  • Mettre en place des campagnes de prévention ciblées sur les TMS
  • Favoriser le travail en journée pour réduire l’isolement
  • Adapter les dispositifs de prévention : formation, sensibilisation aux produits chimiques, suivi médical régulier
  • Responsabiliser les entreprises utilisatrices dans les cas d’externalisation
  • Produire davantage de données spécifiques au secteur, pour orienter les politiques de santé.
Risque Mesure recommandée
Troubles musculo-squelettiques Formation gestes/postures, équipements adaptés
Exposition chimique Sensibilisation, EPI, suivi médical
Isolement / horaires atypiques Réorganisation des horaires, travail en journée
Sous-traitance / précarité Suivi des prestataires, obligations légales respectées

Tableau : TPE ACTU. Source : ANSES

Vers une meilleure reconnaissance

Le rapport met en lumière l’invisibilité de ces métiers, pourtant essentiels au bon fonctionnement des entreprises et administrations. Cette reconnaissance passe par :

  • La prise en compte du vécu des agents ;
  • Une collaboration renforcée entre prestataires et donneurs d’ordre ;
  • La mise en place d’outils de suivi pour mesurer l’impact des conditions de travail.

Pourquoi les entreprises doivent agir

Agir sur la santé des agents de nettoyage n’est pas seulement une question éthique : c’est un levier de performance indirect. Des équipes en meilleure santé réduisent les absences, les licenciements pour inaptitude et assurent une qualité constante de service.

De plus, la coopération avec les prestataires permet :

  • Une meilleure durabilité des contrats ;
  • Une valorisation de la responsabilité sociale de l’entreprise ;
  • Une amélioration concrète de la sécurité au travail.

Une alerte qui demande suivi et engagement

L’Anses insiste sur le suivi rigoureux et la visibilité des agents dans les études de santé au travail. L’objectif est clair : sortir ces métiers de l’invisibilité pour mieux protéger ceux qui maintiennent nos espaces propres et sûrs.

Ce rapport pourrait marquer un tournant, un moment où les corps de l’ombre deviennent enfin visibles — et soutenus.

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