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Commerces de proximité : une inquiétude massive des Français, l’exécutif tente de répondre

Une devanture de magasin fermée avec un rideau de fer, montrant des panneaux en bois à l'arrière, symbolisant la vacance commerciale.
©Anthony Boulton / Getty Images / Illustration

Les rideaux baissés se multiplient dans les centres-villes et les rues commerçantes. Cette disparition progressive des commerces de proximité suscite une vive inquiétude chez les Français, au point d’en faire un sujet de préoccupation largement partagé. Face à cette tendance, l’État a dévoilé un plan destiné à enrayer la vacance commerciale et à relancer l’activité locale.

Boutiques fermées, cellules commerciales inoccupées, artères autrefois animées désormais clairsemées… Le constat s’impose dans de nombreux territoires.

Alors même que les soldes d’hiver démarrent, période traditionnellement porteuse pour le commerce physique, les magasins de centre-ville peinent à retrouver leur dynamisme.

Cette réalité est largement perçue par la population. Selon une étude menée par Catella France et YouGov, près de neuf Français sur dix se disent préoccupés par la fermeture des commerces dans leur rue ou leur quartier.

Un autre enseignement ressort nettement : un tiers des personnes interrogées estime que l’offre commerciale à proximité de leur domicile est insuffisante, qu’il s’agisse de commerces indépendants, de lieux culturels ou d’enseignes plus structurantes.

Pour leurs achats du quotidien, les consommateurs expriment une attente claire : pouvoir accéder à un point de vente en moins de trente minutes de trajet.

Et malgré leurs craintes, une majorité d’entre eux se prononce en faveur d’un développement renforcé des commerces de proximité.

Une vacance commerciale qui s’installe dans la durée

Cette inquiétude trouve un écho dans les données observées par les pouvoirs publics. En un peu plus d’une décennie, la vacance commerciale a nettement progressé, passant de 10 % en 2010 à 14 % en 2024.

Plusieurs facteurs sont régulièrement avancés pour expliquer cette évolution : difficultés d’accessibilité, montée en puissance du commerce en ligne, augmentation des loyers commerciaux, pression foncière accrue ou encore complexité des démarches administratives.

Pour tenter de freiner cette dynamique, le gouvernement a présenté, le 7 novembre dernier, un plan d’action structuré autour de neuf mesures.

L’objectif affiché est de redonner de l’attractivité au commerce de proximité en agissant sur trois leviers complémentaires (le financement, l’accompagnement et le développement économique).

Miser sur le financement pour relancer les centres-villes

Premier axe du plan : renforcer les moyens financiers dédiés à la revitalisation commerciale.

L’État souhaite notamment soutenir les foncières de redynamisation commerciale, dont le rôle consiste à réhabiliter des locaux dégradés ou vacants afin de les remettre sur le marché.

La Banque des territoires devrait contribuer à cet effort via une enveloppe de 100 millions d’euros.

Autre levier financier : le déploiement de « managers de commerce » dans les territoires les plus fragiles.

Ces professionnels du développement économique local travaillent en lien étroit avec les élus pour définir des stratégies adaptées aux réalités du terrain.

Un budget de 20 millions d’euros, également porté par la Banque des territoires, est prévu pour financer ces postes.

Un accompagnement renforcé pour les acteurs locaux

Le plan prévoit également un soutien accru aux commerçants et aux collectivités. Parmi les pistes évoquées figure la volonté de favoriser l’appropriation de l’intelligence artificielle par les acteurs économiques.

L’État envisage de lancer des travaux afin d’encourager l’usage de ces outils, encore peu répandus dans le commerce de proximité, mais susceptibles d’apporter des gains en gestion, en visibilité ou en relation client.

Par ailleurs, une évolution de la taxe sur les friches commerciales est à l’étude. Cette imposition annuelle, qui concerne les locaux commerciaux inoccupés, pourrait être réformée afin de permettre aux élus locaux d’en affiner l’application et d’en faire un instrument plus ciblé de lutte contre la vacance.

Stimuler l’initiative économique dans les territoires fragiles

Dernier volet du plan : le soutien au développement entrepreneurial, en particulier dans les zones les plus fragilisées.

L’État entend renforcer l’accompagnement à la création d’entreprises dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, notamment via le programme « Entrepreneuriat Quartier 2023 ».

Toutefois, l’absence de budget voté pour 2026 a conduit à la suspension temporaire de certains dispositifs d’exonération fiscale destinés à renforcer l’attractivité économique de ces territoires.

Enfin, le gouvernement souhaite expérimenter le dispositif « Made in Local ». Celui-ci repose sur la mise à disposition temporaire de locaux vacants au profit d’artisans et de commerçants locaux, afin de redonner vie à des espaces inoccupés.

Reste désormais à mesurer l’efficacité concrète de ces mesures et leur capacité à inverser durablement la tendance à la désertification commerciale.

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