
Le mois de janvier 2026 confirme la vitalité du tissu entrepreneurial français. Selon les données issues d’Infogreffe et des greffes des tribunaux de commerce, 57.271 entreprises ont été immatriculées sur la période, soit une hausse de 3 % par rapport à janvier 2025. Un niveau de création soutenu, dans la continuité des dynamiques observées ces dernières années.
Mais derrière ce chiffre, encourageant en apparence, se dessine une réalité plus contrastée. Sur le même mois, 62.460 entreprises ont été radiées, en progression de 4 % sur un an.
Pour la première fois depuis plusieurs mois, les sorties dépassent les entrées, rappelant que la dynamique entrepreneuriale ne se mesure pas uniquement à l’aune des créations.
Une dynamique de création qui tient, malgré un contexte sous tension
Avec plus de 57.000 nouvelles immatriculations, le début de l’année 2026 s’inscrit dans un rythme élevé de créations d’entreprises.
Cette progression de 3 % témoigne d’un désir d’entreprendre toujours présent, malgré un environnement économique marqué par l’incertitude, la hausse des charges, les tensions sur la trésorerie et un accès au financement plus contraint.
Ces créations traduisent aussi une réalité structurelle : l’entrepreneuriat demeure une réponse privilégiée à l’évolution du marché du travail, à la recherche d’autonomie professionnelle ou à la nécessité de développer des activités complémentaires. Le tissu entrepreneurial continue donc de se renouveler, porté par une base large de petites structures.
Pour autant, cette dynamique ne saurait être interprétée comme un indicateur de solidité globale. Les chiffres de janvier rappellent que créer une entreprise ne garantit ni sa pérennité ni sa capacité à traverser les premiers mois d’activité.
Radiations : un niveau élevé qui interroge
En parallèle des créations, 62.460 entreprises ont été radiées en janvier 2026, soit une hausse de 4 % par rapport à janvier 2025. Ce volume place le mois sous le signe d’un déséquilibre net, avec davantage de sorties que d’entrées sur le registre des entreprises.
La radiation ne recouvre pas une seule réalité. Elle peut traduire une cessation volontaire d’activité, une restructuration, un changement de forme juridique ou, plus préoccupant, l’impossibilité de poursuivre l’exploitation.
Mais quel que soit le motif, ce niveau élevé souligne une fragilité persistante du tissu entrepreneurial, en particulier parmi les plus petites structures.
Ce phénomène rappelle que la création d’entreprise s’inscrit de plus en plus dans des trajectoires courtes, parfois opportunistes, où la durée de vie n’est pas toujours un objectif en soi. Il souligne aussi les difficultés rencontrées par des dirigeants confrontés à une hausse des coûts, à une demande plus hésitante ou à des délais de paiement allongés.
Procédures collectives : la pression continue de monter
Autre indicateur clé de ce panorama : 5.635 entreprises sont entrées en procédure collective en janvier 2026, soit une augmentation de 3,5 % sur un an.
Ce chiffre confirme une tendance observée depuis plusieurs mois : les difficultés financières ne reculent pas, malgré la résilience apparente des créations.
Les procédures collectives constituent souvent l’ultime étape avant la cessation d’activité. Leur progression traduit une tension accrue sur la trésorerie des entreprises, notamment dans les secteurs les plus exposés aux variations de la consommation et aux charges fixes élevées.
Ce signal mérite une attention particulière, car il intervient dans un contexte où de nombreuses entreprises arrivent en bout de course après avoir absorbé plusieurs années de chocs successifs : pandémie, inflation, hausse des taux, ralentissement économique. Pour certaines, les marges de manœuvre se sont considérablement réduites.
Un stock d’entreprises actives toujours élevé
Malgré ces fragilités, le stock d’entreprises actives atteint 7.359.796 unités à fin janvier 2026. Ce volume illustre l’ampleur du tissu entrepreneurial français et sa capacité à se maintenir à un niveau élevé, même dans un contexte moins favorable.
Ce stock témoigne d’une forte densité d’acteurs économiques, principalement composée de TPE et de petites structures. Il constitue un socle essentiel pour l’activité, l’emploi et l’innovation locale.
Mais il ne doit pas masquer l’hétérogénéité des situations : derrière ce chiffre global se cachent des entreprises solides, mais aussi un grand nombre de structures fragiles, à la rentabilité incertaine.
Activité ne rime pas toujours avec solidité
Pris dans leur ensemble, les chiffres de janvier 2026 dessinent un tableau nuancé. Le tissu entrepreneurial reste actif, les créations d’entreprises résistent et l’envie d’entreprendre demeure. Mais les défaillances progressent et les radiations restent élevées, traduisant un équilibre toujours précaire.
Cette coexistence de dynamiques opposées rappelle que la vitalité entrepreneuriale ne peut être analysée uniquement par le prisme des créations.
La question de la pérennité, de l’accompagnement des dirigeants et de la capacité des entreprises à franchir les premières années d’activité apparaît plus que jamais centrale.
Lire les signaux faibles pour mieux anticiper
C’est précisément l’intérêt d’un suivi mensuel de ces indicateurs. En confrontant créations, radiations, procédures collectives et stock d’entreprises actives, il devient possible de mieux lire les signaux faibles et d’éviter les analyses trop optimistes ou, à l’inverse, excessivement alarmistes.
Le mois de janvier 2026 confirme ainsi que l’entrepreneuriat français avance, mais prudamment. La capacité à transformer l’élan de création en entreprises durables constituera l’un des enjeux majeurs des mois à venir.

