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Concours « 101 femmes entrepreneures » : vous pouvez déposer vos candidatures

4–6 minutes
Logo avec le texte 'toutes et tous égaux' et '101 FEMMES ENTREPRENEURES' sur fond gris.
©ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations

Et si 2026 marquait un nouveau cap pour l’entrepreneuriat féminin ? Avec le lancement de la troisième édition du concours « 101 femmes entrepreneures », le gouvernement et les acteurs du financement entendent accélérer une dynamique déjà bien engagée… mais encore freinée sur le terrain.

Porté par Aurore Bergé et Nicolas Dufourcq, ce dispositif vise à révéler des profils dans chaque département. Une stratégie assumée : miser sur l’effet modèle pour déclencher des vocations, notamment dans les territoires où l’entrepreneuriat féminin reste en retrait.

Un vivier massif… mais sous-exploité

Les chiffres donnent le ton. Selon l’Indice Entrepreneurial Français 2025, près de 8 millions de femmes en France entretiennent un lien avec l’entrepreneuriat.

Mieux : 3 sur 10 sont aujourd’hui engagées dans une démarche entrepreneuriale, contre seulement 2 sur 10 en 2018.

La progression est nette, mais le passage à l’acte reste fragile.

Jusqu’à 30 ans, les femmes affichent une envie d’entreprendre équivalente (parfois supérieure) à celle des hommes. Puis les freins s’accumulent :

Résultat, beaucoup de projets s’arrêtent avant même d’avoir démarré.

Dans ce contexte, la question n’est plus tant de susciter l’envie que de sécuriser les parcours.

« L’entrepreneuriat des femmes constitue un enjeu à la fois économique, social et territorial. Il participe à la création d’emplois et à la vitalité des territoires, tout en contribuant à la réduction des inégalités professionnelles », rappelle Aurore Bergé.

Derrière l’affichage politique, un constat opérationnel partagé par les réseaux d’accompagnement : sans soutien structuré et visibilité, le potentiel reste latent.

Un concours pensé comme un accélérateur

C’est précisément là que le concours « 101 femmes entrepreneures » cherche à agir. Le principe est simple : une lauréate par département, soit 101 profils accompagnés et mis en lumière à l’échelle nationale.

Mais l’ambition dépasse largement la symbolique.

Chaque candidate doit être en phase de lancement (porteuse de projet, créatrice ou repreneuse depuis moins de trois ans) et surtout déjà accompagnée par une structure d’appui.

Autrement dit, il ne s’agit pas d’un simple concours d’idées, mais d’un appel à consolider des projets existants.

Les lauréates deviennent ensuite des ambassadrices. Elles incarnent la diversité des parcours, des secteurs et des territoires. Parmi elles, 18 « coups de cœur » régionaux bénéficieront d’une visibilité renforcée.

« Ce concours a vocation à faire émerger des projets structurants, à renforcer les parcours entrepreneuriaux des lauréates et à inscrire durablement l’égalité professionnelle et économique au cœur de l’action publique », souligne la ministre.

Derrière l’initiative, un maillage territorial

Le dispositif ne repose pas uniquement sur l’État. Il s’inscrit dans un écosystème déjà structuré depuis plus d’une décennie : accord-cadre national, déclinaisons régionales, réseaux d’accompagnement, acteurs bancaires.

Piloté par Bpifrance, le concours mobilise 25 réseaux membres du collectif Cap Créa, les réseaux consulaires et France Travail. À cela s’ajoutent des partenaires financiers comme BNP Paribas et les Caisses d’Épargne.

Objectif : rendre lisible une offre d’accompagnement souvent jugée trop complexe par les créatrices.

Sur le terrain, les Plans d’actions régionaux en faveur de l’entrepreneuriat des femmes jouent un rôle clé. Ils permettent d’adapter les dispositifs aux réalités locales : zones rurales, quartiers prioritaires, bassins industriels en reconversion.

Ce maillage est aujourd’hui considéré comme un facteur décisif pour passer de l’intention à la création effective.

« Leur succès est notre succès »

Pour les acteurs économiques, l’enjeu dépasse la question de l’égalité. Il s’agit aussi de performance.

« Soutenir et promouvoir l’entrepreneuriat des femmes est indispensable si l’on souhaite doubler le nombre d’entrepreneurs en France », insiste Nicolas Dufourcq. « On ne peut se satisfaire d’avoir une proportion de dirigeantes aussi faible, notamment dans les PME et grandes entreprises. »

Et d’ajouter : « La diversité en général et l’entrepreneuriat des femmes en particulier représentent une source inestimable de progrès et de compétitivité. »

Le message est que l’entrepreneuriat féminin n’est pas un sujet périphérique, mais un moyen d’agir directement sur la croissance.

Des effets concrets pour les TPE

Au-delà des discours, les retours des lauréates illustrent des impacts très opérationnels.

Delphine Morandet, lauréate 2025 en Côte-d’Or, évoque un gain immédiat en efficacité : « un collectif de femmes et de partenaires ultra inspirants qui m’a fait gagner en motivation, en temps et en énergie, au cœur d’un quotidien intense ».

Son entreprise, spécialisée dans la simplification de la RSE pour les PME et ETI, a depuis accéléré son développement, notamment grâce aux mises en réseau.

Autre effet souvent sous-estimé : la dynamique collective.

« La sororité entre candidates ouvre également la voie à de premières collaborations », souligne-t-elle. Un point clé pour des entrepreneures souvent isolées au démarrage.

Pour les TPE, cet accompagnement peut faire la différence entre un projet qui stagne et une activité qui se structure.

Une réponse à un moment charnière

Le calendrier n’est pas anodin. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 10 mai, avec une cible claire : capter des projets encore fragiles, à un moment où tout peut basculer.

Car c’est bien là que se joue la réussite entrepreneuriale : dans les premières années.

Accès au financement, structuration de l’offre, développement commercial, équilibre personnel… autant de défis qui pèsent particulièrement sur les femmes, notamment lorsqu’elles cumulent responsabilités professionnelles et familiales.

En mettant en avant des parcours concrets, le concours cherche à créer un effet d’entraînement. Montrer que c’est possible, partout en France, quels que soient le secteur ou le point de départ.

Et surtout, rappeler qu’aucun projet ne se construit seul.

Pour les porteuses de projet, créatrices ou repreneuses, l’enjeu est donc double : candidater, bien sûr, mais aussi s’inscrire dans un réseau d’accompagnement.

Car derrière les 101 visages mis en lumière, c’est toute une mécanique de soutien qui s’active (avec, à la clé, une ambition de transformer l’envie d’entreprendre en entreprises durables).

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