
À 55 ans, la vie professionnelle est loin d’être terminée. Les Français restent de plus en plus longtemps sur le marché du travail et le passage vers la retraite se fait progressivement. Une étude publiée par la Dares permet de suivre ce qui arrive aux 55-64 ans : emploi, chômage, inactivité et départ à la retraite.
- La frontière entre vie professionnelle et retraite se déplace.
- En 2025, les 55-64 ans sont plus présents sur le marché du travail qu’ils ne l’étaient il y a encore quelques années.
- Les données publiées par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) montrent une transformation particulièrement visible après 60 ans.
- Une évolution qui concerne les salariés, mais aussi les indépendants et les dirigeants de petites entreprises.
Les Français travaillent davantage entre 55 et 64 ans
La progression est installée depuis plusieurs années. Le taux d’emploi des seniors a fortement augmenté depuis le début des années 2000.
Mais parler des « 55-64 ans » masque une différence considérable selon l’âge.
Entre 55 et 59 ans, une large majorité des Français sont encore en emploi. À partir de 60 ans, la proportion diminue rapidement à mesure que les départs à la retraite deviennent possibles.
Cette coupure intervient cependant de plus en plus tard.
La hausse de l’activité après 60 ans est notamment liée aux différentes réformes des retraites et au recul progressif de l’âge auquel les personnes quittent définitivement le marché du travail.
Après 60 ans, le départ à la retraite est de moins en moins immédiat
C’est probablement l’un des enseignements les plus intéressants de l’étude.
Le passage de l’emploi à la retraite ne se produit pas à un âge identique pour tout le monde. Entre 60 et 64 ans coexistent désormais plusieurs situations : certaines personnes travaillent toujours, d’autres sont au chômage, certaines sont déjà retraitées et d’autres encore se trouvent en dehors du marché du travail sans percevoir de retraite.
La Dares observe ainsi une augmentation de l’activité des générations arrivant à ces âges.
Les effets des dernières réformes commencent également à apparaître dans les statistiques : à âge comparable, certaines générations récentes comptent davantage de personnes en emploi et moins de retraités que celles qui les ont précédées.
Le chômage reste une réalité pour les seniors
Travailler plus longtemps ne signifie pas nécessairement conserver le même emploi jusqu’au départ à la retraite.
Les seniors peuvent connaître des périodes de chômage en fin de carrière. Et retrouver un poste peut devenir plus difficile lorsque la perte d’emploi intervient quelques années avant l’âge de départ.
Cette situation explique pourquoi le taux d’emploi ne suffit pas à décrire la situation des plus de 55 ans. Il faut également observer le chômage et les différentes formes d’inactivité.
La période comprise entre la sortie d’un emploi et la liquidation de la retraite peut ainsi durer plusieurs années pour une partie des personnes concernées.
Les plus de 50 ans sont aussi davantage indépendants
Pour les TPE, un autre chiffre mérite l’attention.
Selon les données 2025 de l’Insee sur l’emploi, 16,2 % des personnes en emploi âgées de 50 ans ou plus sont indépendantes, contre 13,5 % des 25-49 ans.
Artisans, commerçants, professions libérales, chefs d’entreprise ou micro-entrepreneurs : le travail non salarié occupe donc une place plus importante parmi les actifs les plus âgés.
Cette différence peut notamment s’expliquer par les parcours professionnels. Une activité indépendante peut être créée ou reprise après plusieurs années de salariat, tandis que les dirigeants et artisans peuvent également poursuivre leur activité à des âges auxquels une partie des salariés ont déjà quitté leur emploi.
La retraite ne signifie d’ailleurs plus toujours l’arrêt du travail
Une autre évolution vient brouiller la séparation traditionnelle entre activité et retraite : il est possible, sous certaines conditions, de percevoir une pension tout en continuant à exercer une activité professionnelle.
Le cumul emploi-retraite permet ainsi à certains retraités de conserver une activité salariée ou indépendante.
Pour un artisan, un commerçant, un consultant ou un micro-entrepreneur, le départ à la retraite peut donc correspondre à une diminution de l’activité plutôt qu’à son arrêt immédiat.
La retraite progressive participe également à cette évolution en permettant, lorsque les conditions sont réunies, de réduire son activité tout en percevant une partie de sa pension.
Une vie professionnelle qui s’allonge
Les statistiques publiées par la Dares dessinent finalement une transition beaucoup moins nette qu’autrefois.
Après 55 ans, les parcours se diversifient : maintien dans l’emploi, chômage, activité indépendante, retraite progressive, cumul d’une pension avec une activité ou départ définitif.
Et cette période devrait prendre une place croissante dans les prochaines années à mesure que les générations concernées par le relèvement de l’âge de départ arriveront entre 60 et 64 ans.
Pour les petites entreprises, cette évolution concerne à la fois leurs salariés et leurs dirigeants. Elle pose également la question de la poursuite d’une activité, de sa réduction progressive et, pour les entrepreneurs, du moment choisi pour transmettre ou cesser leur entreprise.
Sources
Les données sur l’activité, l’emploi et le chômage des seniors proviennent de l’étude « Les seniors sur le marché du travail en 2025 », publiée par la Dares. Les données relatives à la part des travailleurs indépendants selon l’âge proviennent de l’Insee et de son bilan consacré à l’emploi en 2025.

