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Difficultés de financement : 86 % des demandes de médiation concernent des TPE

©towfiqu barbhuiya via canva.com
4–6 minutes

Les petites entreprises sont les premières à utiliser la Médiation du crédit lorsqu’elles rencontrent des difficultés avec leur financement. Au premier semestre 2026, 86 % des demandes éligibles provenaient de TPE de moins de 11 salariés. La Banque de France rappelle que ce service gratuit et confidentiel peut intervenir avant que la situation ne se dégrade davantage.

  • Lorsqu’une banque refuse un crédit, réduit une ligne de financement ou refuse de revoir les conditions d’un prêt, une entreprise n’est pas forcément sans solution.
  • La Médiation du crédit peut être saisie pour tenter de trouver une issue avec les partenaires financiers.
  • Et les premières concernées sont très largement les TPE. Au premier semestre 2026, elles représentent 86 % des demandes éligibles, selon les données publiées par la Banque de France.

Près de 60 % des dossiers aboutissent à une solution

La Médiation du crédit semble particulièrement utile lorsqu’elle est sollicitée suffisamment tôt.

Entre janvier et juin 2026, près de 60 % des demandes éligibles ont abouti à une solution permettant aux entreprises concernées de dépasser leurs difficultés et de poursuivre leur activité.

Les interventions des médiateurs départementaux ont également permis de préserver 2 594 emplois dans 231 entreprises au cours du premier semestre.

Les chiffres à retenir

86 % des demandes éligibles concernent des TPE de moins de 11 salariés
60 % environ des demandes éligibles aboutissent à une solution
2 594 emplois préservés au premier semestre 2026
231 entreprises concernées

Pourquoi saisir la Médiation du crédit ?

La Banque de France présente la Médiation du crédit comme un service gratuit, confidentiel et accessible aux entreprises de toutes tailles et de tous secteurs.

Elle peut notamment être sollicitée lorsqu’une entreprise fait face :

  • à un refus de crédit ;
  • à une rupture d’un financement bancaire existant ;
  • au refus d’un réaménagement d’une ligne de financement ;
  • à une réduction ou une suppression d’une garantie ;
  • à des difficultés concernant une dette bancaire.

Selon la situation, le médiateur peut contribuer à rechercher un réaménagement des financements, un report d’échéances, une restructuration d’un prêt ou le maintien d’une ligne de crédit nécessaire à l’activité.

La démarche est également conçue pour être rapide : dans les 48 heures suivant la saisine, le médiateur départemental contacte l’entreprise afin d’échanger sur ses difficultés et d’examiner son éligibilité.

Les entreprises saisissent parfois le dispositif trop tard

C’est l’un des constats importants de la Banque de France.

Le nombre de saisines éligibles a diminué de 8,3 % au premier semestre 2026 par rapport au premier semestre 2025. Il reste également inférieur aux niveaux observés avant la crise sanitaire.

Pour la Banque de France, cette baisse traduit notamment une connaissance encore insuffisante du dispositif. Certaines entreprises le sollicitent alors que leur situation financière est déjà trop dégradée pour pouvoir entrer dans le champ de la médiation.

Le taux d’éligibilité s’est toutefois amélioré : il atteint 47 % au premier semestre 2026, contre 42 % un an auparavant. Il reste néanmoins nettement inférieur au niveau de 2019, qui atteignait 64 %.

À retenir pour les TPE

La Médiation du crédit n’est pas réservée aux grandes entreprises. Les TPE représentent 86 % des demandes éligibles. La Banque de France recommande de ne pas attendre que les difficultés financières deviennent trop importantes avant de solliciter le dispositif.

Quelles difficultés rencontrent les entreprises ?

Les demandes adressées à la Médiation du crédit concernent principalement des financements déjà accordés.

En 2026, le graphique présenté par la Banque de France fait ressortir plusieurs situations :

  • 29 % des dossiers concernent une rupture de financement bancaire ;
  • 27 % un réaménagement de dette bancaire hors PGE ;
  • 24 % un refus d’octroi d’un nouveau financement bancaire ;
  • 9 % une restructuration de PGE ;
  • 5 % une difficulté liée à l’assurance-crédit, à l’affacturage ou au crédit-bail ;
  • 6 % d’autres situations.

Ces chiffres montrent que la médiation intervient aussi lorsque l’entreprise rencontre des difficultés avec un financement existant, et pas uniquement lorsqu’elle cherche à obtenir un nouveau prêt.

Quels secteurs utilisent le plus la médiation ?

Les TPE sont largement représentées parmi les entreprises ayant recours au dispositif.

Les demandes éligibles proviennent principalement :

  • des services : 52 % ;
  • du commerce : 22 % ;
  • de l’industrie extractive ou manufacturière : 12 % ;
  • de la construction : 10 % ;
  • de l’agriculture : 4 %.

Et pour les entreprises qui ont encore un PGE ?

Le communiqué rappelle également que les entreprises confrontées à des difficultés pour rembourser leur Prêt Garanti par l’État (PGE) peuvent encore avoir recours à la Médiation du crédit dans certaines conditions.

L’accord permettant ces restructurations a été prolongé jusqu’à la fin de l’année 2026. Il concerne les TPE-PME dont la pérennité n’est pas remise en cause mais qui rencontrent des difficultés avérées pour honorer leurs échéances.

Pour un PGE dont le montant initial ne dépasse pas 50.000 €, l’entreprise peut saisir directement la Médiation du crédit. Au-delà, la demande est examinée au préalable par le Conseiller départemental aux entreprises en difficulté.

La restructuration peut permettre un rééchelonnement des échéances sur quatre ans maximum, avec la possibilité d’inclure six mois de moratoire. Elle peut également s’accompagner d’un réaménagement de certains autres crédits bancaires.

Depuis le début de cette procédure, 1.738 dossiers éligibles ont été traités, dont 39 en 2026.

Une démarche à engager avant que la situation ne devienne trop difficile

Pour une TPE confrontée à un refus de crédit, une rupture de financement ou des difficultés à négocier avec sa banque, la Médiation du crédit constitue donc une possibilité à connaître.

La Banque de France insiste sur un point : mieux vaut saisir le dispositif suffisamment tôt. Une demande présentée alors que la situation financière est déjà trop dégradée peut ne pas être éligible.

Le bilan du premier semestre 2026 montre en tout cas que le dispositif reste particulièrement utilisé par les petites entreprises : plus de huit demandes éligibles sur dix concernent des TPE, et près de six sur dix aboutissent à une solution.

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