
La journée de solidarité revient en 2027 avec les mêmes questions pour les employeurs : faut-il faire travailler les salariés le lundi de Pentecôte, combien d’heures prévoir et comment traiter les temps partiels ? Voici les règles à connaître pour préparer son organisation.
En 2027, le lundi de Pentecôte tombera le 17 mai. Cette date est souvent associée à la journée de solidarité, mais elle ne s’impose pas automatiquement aux entreprises. Un accord collectif peut retenir une autre modalité et, à défaut d’accord, l’employeur fixe les conditions d’accomplissement après consultation du comité social et économique lorsqu’il existe.
Journée de solidarité 2027 : quelle date retenir ?
La loi ne fixe pas une date nationale unique. Le lundi de Pentecôte reste un jour férié légal, mais il peut être chômé ou travaillé selon les règles applicables dans l’entreprise.
Pour 2027, trois situations peuvent donc se présenter :
- le lundi 17 mai est travaillé au titre de la journée de solidarité ;
- la journée est accomplie à une autre date prévue par un accord ;
- les sept heures sont réparties sur plusieurs jours, selon une modalité autorisée.
Le 1er mai ne peut pas être retenu. Des règles particulières existent également en Alsace-Moselle pour le Vendredi saint et les 25 et 26 décembre.
À quoi correspond cette journée ?
Créée après la canicule de 2003, la journée de solidarité participe au financement d’actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées. Elle associe :
- une journée supplémentaire de travail non rémunérée pour les salariés, dans les limites fixées par le Code du travail ;
- le versement par les employeurs de la contribution solidarité autonomie.
Le principe figure à l’article L. 3133-7 du Code du travail.
Combien d’heures faut-il effectuer ?
Pour un salarié à temps plein, la journée de solidarité correspond à sept heures de travail. Ces heures ne donnent pas lieu à une rémunération supplémentaire et ne sont pas imputées sur le contingent annuel d’heures supplémentaires.
Pour un salarié à temps partiel, la durée est réduite proportionnellement à la durée contractuelle. À titre d’exemple, un salarié travaillant 28 heures par semaine effectue 5 heures et 36 minutes au titre de la journée de solidarité.
Pour les salariés en forfait annuel en jours, la limite correspond à une journée de travail.
Comment l’employeur peut-il l’organiser ?
Un accord d’entreprise ou d’établissement peut fixer les modalités. À défaut, une convention ou un accord de branche peut s’appliquer. Le dispositif peut prévoir :
- le travail d’un jour férié auparavant chômé, sauf le 1er mai ;
- le travail d’un jour de repos attribué dans le cadre d’un aménagement du temps de travail ;
- une autre modalité permettant d’effectuer sept heures auparavant non travaillées, notamment par fractionnement.
Ces possibilités sont prévues par l’article L. 3133-11 du Code du travail. En l’absence d’accord, l’employeur détermine les modalités après consultation du CSE.
Quels salariés sont concernés ?
La journée concerne les salariés du secteur privé, qu’ils soient en CDI, en CDD ou à temps partiel. Les travailleurs temporaires peuvent également être concernés.
La situation des jeunes travailleurs demande davantage d’attention. Un apprenti majeur est un salarié et peut accomplir la journée de solidarité. Pour un apprenti ou un alternant mineur, les règles protectrices encadrant le travail les jours fériés doivent être vérifiées selon le secteur d’activité et la date choisie.
Que se passe-t-il en cas de changement d’employeur ?
Un salarié peut avoir déjà accompli sa journée de solidarité avant de rejoindre une nouvelle entreprise au cours de la même année. Si le nouvel employeur lui demande de travailler une seconde journée, les heures effectuées doivent être rémunérées. Elles suivent alors le régime des heures supplémentaires ou complémentaires. Le salarié peut aussi refuser cette seconde journée sans que ce refus constitue une faute.
La journée doit-elle apparaître sur le bulletin de paie ?
Le Code du travail n’impose pas une ligne spécifique sur le bulletin de salaire. Il reste toutefois conseillé de conserver une trace fiable de l’accomplissement de la journée ou des heures fractionnées, notamment pour répondre aux questions des salariés et traiter les changements d’employeur.
La liste à vérifier avant 2027
- Consulter l’accord d’entreprise, d’établissement ou de branche applicable.
- Déterminer la date ou le calendrier de fractionnement.
- Consulter le CSE lorsque la décision relève de l’employeur.
- Calculer la durée propre aux salariés à temps partiel.
- Informer les équipes suffisamment tôt.
- Vérifier le cas des mineurs et des salariés ayant déjà effectué cette journée chez un autre employeur.
Questions fréquentes sur la journée de solidarité 2027
Le lundi de Pentecôte 2027 est-il obligatoirement travaillé ?
Non. Le lundi 17 mai 2027 peut être choisi, mais une autre date ou un fractionnement des sept heures peut être prévu.
Un salarié peut-il poser un congé payé ?
Une demande de congé reste soumise aux règles habituelles d’autorisation dans l’entreprise. L’employeur doit aussi tenir compte de l’accord ou de la décision qui organise la journée.
Les sept heures peuvent-elles être fractionnées ?
Oui, si la modalité retenue permet réellement d’accomplir sept heures de travail auparavant non travaillées et respecte les durées maximales ainsi que les temps de repos.
Article préparé à partir du Code du travail en vigueur au 17 septembre 2026. Les règles seront vérifiées de nouveau avant le printemps 2027 afin de tenir compte d’une éventuelle évolution législative ou réglementaire.
