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En 2025, la santé mentale des salariés français demeure un sujet de préoccupation majeure. Selon le baromètre Qualisocial-Ipsos, un quart des salariés déclarent être en mauvaise santé mentale, un chiffre inchangé par rapport à l’année précédente. Cette stabilité inquiétante met en lumière les défis persistants auxquels font face les organisations (dont les entreprises) en termes de bien-être.
Un malaise qui touche tous les secteurs
Les chiffres révèlent que tous les secteurs d’activité sont concernés, mais certains sont plus exposés que d’autres. L’administration publique, ainsi que les métiers au contact direct avec le public, figurent parmi les plus touchés.
Par ailleurs, certaines catégories de salariés se trouvent dans des situations particulièrement délicates : les jeunes femmes, les personnes travaillant à temps partiel, les foyers monoparentaux et les salariés souffrant de maladies chroniques affichent les taux les plus élevés de mauvaise santé mentale.
L’étude met également en lumière l’impact du manque de confiance dans l’avenir. Un salarié sans perspective positive a 4,3 fois plus de chances de souffrir de troubles mentaux, soulignant l’importance de facteurs tels que l’équilibre émotionnel, la capacité de rebond et la perception de ses propres compétences.
Des répercussions concrètes sur le travail
Une santé mentale dégradée entraîne des conséquences directes sur la vie professionnelle : baisse de concentration, perte d’énergie et désengagement.
À titre d’exemple, les salariés en très bonne santé mentale déclarent avoir 2,4 fois plus de capacité de concentration que leurs collègues en mauvaise santé mentale. Ces écarts se traduisent également par une satisfaction moindre vis-à-vis de la qualité de vie au travail, ainsi qu’une propension réduite à recommander son entreprise.
Prévention en entreprise : des efforts encore limités
Malgré l’urgence, moins d’un salarié sur quatre a accès à un plan de prévention complet en santé mentale dans son organisation. Les dispositifs déployés varient considérablement en fonction de la taille et du secteur de l’entreprise. Les petites structures et celles en difficulté économique sont particulièrement en retard.
Un plan de prévention efficace repose sur trois niveaux complémentaires :
La prévention primaire, qui vise à anticiper les risques psychosociaux ;
La prévention secondaire, centrée sur la sensibilisation ;
La prévention tertiaire, pour accompagner les salariés déjà en souffrance. Les résultats sont éloquents : 83 % des salariés bénéficiant d’un plan de prévention complet estiment que leur santé mentale s’en trouve améliorée, contre 40 % seulement pour ceux ayant accès à des actions ponctuelles.
La qualité de vie au travail comme levier clé
Le management de la Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT) s’affirme comme un élément fondamental pour améliorer la santé mentale. L’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) définit la QVCT comme l’ensemble des conditions permettant aux salariés d’agir efficacement tout en préservant leur bien-être.
L’étude identifie trois axes prioritaires pour 2025 :
. La sécurité et les conditions de travail,
. Les relations interpersonnelles et l’ambiance au travail,
. L’organisation des tâches.
Selon le baromètre, les salariés bénéficiant d’une QVCT jugée « très bonne » sont 64 % plus susceptibles d’être en bonne santé mentale, et 45 % plus engagés dans leur travail.
Des recommandations pour agir
Face à cette situation, les experts recommandent une démarche itérative et continue d’amélioration de la QVCT. Cela implique une évaluation régulière des besoins des salariés, la mise en œuvre de plans d’action adaptés, et un suivi des résultats tous les six à douze mois.

