D’après la deuxième édition du baromètre « IA en entreprise » des Échos Études (juin 2025), le constat est sans appel : l’intelligence artificielle s’installe à grande vitesse dans les organisations françaises. La technologie, longtemps observée à distance ou réservée à quelques initiatives ponctuelles, prend désormais une place centrale dans les stratégies de développement.
En 2024, 84 % des décideurs considéraient l’IA comme un sujet important ou stratégique. Ils sont 91 % en 2025. Ce glissement sémantique n’est pas anodin : il traduit une volonté croissante de passer de l’observation à l’action. Le taux d’entreprises en phase de déploiement ou déjà utilisatrices des technologies d’intelligence artificielle grimpe à 44 %, soit une progression de 17 points en un an.
Et ce sont surtout les grandes structures qui mènent la cadence : 72 % des entreprises de plus de 1.000 salariés sont engagées dans ce mouvement.
Le changement d’échelle se mesure aussi par la diversité des secteurs impliqués. Si les entreprises du numérique (informatique, télécoms) restent pionnières avec 67 % d’entre elles ayant adopté l’IA, d’autres domaines accélèrent nettement :
- Transport-logistique (55 %),
- Services aux entreprises (51 %),
- Banque-assurance (44 %),
- Commerce (39 %).
- Même la santé, historiquement plus prudente, affiche 37 % de structures déjà en action.
801.020 € d’amende pour démarchage téléphonique interdit et entrave au droit de rétractation
Une entreprise de rénovation énergétique a été condamnée à une amende de 801 020 euros pour manquements à la réglementation sur le démarchage téléphonique et le droit de rétractation. L’enquête a révélé des pratiques illégales, notamment des appels interdits et un défaut d’information sur les droits des consommateurs.
Fraude : les banques mettent les acteurs du numérique face à leurs responsabilités
Les banques françaises appellent à une mobilisation accrue des plateformes numériques et opérateurs télécoms pour lutter contre les fraudes. Ces escroqueries, en forte augmentation, ciblent directement les victimes via faux messages et appels usurpés. La Fédération bancaire française insiste sur l’urgence d’améliorer la vérification des contenus afin de protéger les entreprises et les particuliers.
Transparence salariale : le gouvernement repousse d’un jour la présentation du projet de loi
Le projet de loi pour la transposition de la directive européenne sur la transparence salariale sera présenté en Conseil des ministres le 10 septembre, un jour plus tard que prévu. Ce texte vise à améliorer l’égalité salariale entre les femmes et les hommes en France, en renforçant l’information sur les rémunérations.
Des usages qui se généralisent
L’IA ne se limite plus à quelques expérimentations techniques. Les usages se multiplient et touchent désormais de nombreuses fonctions. La génération de contenus, la recherche d’information ou l’automatisation de tâches répétitives sont déjà intégrées par plus d’une entreprise sur deux.
L’aide à la décision, l’amélioration de produits, la personnalisation de l’expérience client ou encore l’analyse RH se déploient également à vive allure.
Cette évolution touche aussi les pratiques individuelles. 91 % des décideurs interrogés disent utiliser régulièrement ou occasionnellement des outils d’IA générative dans leur quotidien professionnel. ChatGPT, Copilot, Gemini ou Mistral AI ont trouvé leur place dans les routines, souvent en complément de logiciels métiers ou de plateformes développées en interne.
Investir, former, structurer
Pour accompagner ce virage, les entreprises mobilisent différents leviers. La moitié d’entre elles a investi dans de nouveaux outils technologiques, et 54 % ont engagé des formations ou du coaching pour leurs équipes.
Le recours à des experts externes (43 %), les partenariats technologiques (43 %) ou la mise en place d’une organisation dédiée à l’IA (37 %) montrent une structuration progressive des initiatives. Dans un tiers des cas, c’est la direction générale qui pilote les projets IA, preuve de l’enjeu stratégique que représente le sujet.
Mais tous les voyants ne sont pas encore au vert. Si près d’un décideur sur deux juge les investissements dans l’IA encore insuffisants, une majorité (48 %) prévoit de les accélérer dès cette année. Et 74 % des répondants estiment que leur modèle économique va être transformé par l’IA d’ici deux ans. Le compte à rebours est enclenché, et 17 % des entreprises déclarent déjà avoir franchi cette étape.
Des gains attendus… et des risques identifiés
Les promesses portées par l’IA sont nombreuses : 69 % des décideurs attendent une amélioration de la productivité, 56 % espèrent optimiser leurs processus internes, et 40 % misent sur la création de nouveaux produits ou services. Le développement de l’innovation, la réduction des coûts et une meilleure fidélisation client figurent aussi en bonne place.
Mais cette transformation soulève également des préoccupations. Les enjeux liés à la fiabilité des données (42 %), à la confidentialité (41 %), ou à la perte d’expertise humaine (41 %) arrivent en tête des inquiétudes exprimées. La déshumanisation, la cybercriminalité, les risques juridiques et la désinformation sont aussi évoqués.
De plus, 43 % des décideurs considèrent ne pas être suffisamment préparés à cette transition, signe que les efforts en matière d’acculturation, d’organisation et de conduite du changement restent à amplifier.
Un enjeu de rentabilité et de survie
L’étude souligne enfin un élément déterminant : pour 48 % des répondants, le déploiement de l’IA vise avant tout à améliorer la rentabilité. Viennent ensuite la conquête de parts de marché (24 %) et, pour une entreprise sur cinq, la simple nécessité de survivre. Ce chiffre rappelle que l’IA n’est plus une option, mais un passage obligé pour rester compétitif.
L’année 2025 s’annonce donc comme un point d’inflexion. Les entreprises n’en sont plus à s’interroger sur l’opportunité de l’IA, mais à déterminer comment l’intégrer durablement, efficacement et éthiquement dans leurs modèles d’affaires.
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