
Né en 2014, le contrat à durée indéterminée intérimaire (CDII) a été conçu pour concilier flexibilité pour les entreprises et stabilité pour les salariés. Il s’agit d’un contrat hybride.
Ce modèle vise à sécuriser le parcours professionnel des intérimaires tout en répondant aux besoins ponctuels des entreprises.
Né en 2014, le contrat à durée indéterminée intérimaire (CDII) a été conçu pour concilier flexibilité pour les entreprises et stabilité pour les salariés. Il s’agit d’un contrat hybride :
Le salarié est embauché en CDI par une entreprise de travail temporaire (ETT),
Mais effectue des missions successives dans différentes entreprises utilisatrices.
Concrètement, le salarié bénéficie des droits attachés à un CDI classique : Rémunération mensuelle,
- Congés payés,
- Ancienneté,
- Protection sociale — même pendant les périodes d’intermission, c’est-à-dire les moments où il n’est pas en mission.
L’agence d’intérim, en tant qu’employeur, reste responsable de son salaire et de son accompagnement professionnel entre deux affectations. Le salarié peut ainsi enchaîner les missions tout en conservant la stabilité d’un contrat permanent.
Un cadre juridique bien défini
Le fonctionnement du CDII est encadré par les articles L.1251-58-1 à L.1251-58-8 du Code du travail. Ce dispositif n’a pas vocation à remplacer les contrats temporaires classiques, mais à constituer une alternative durable pour certains profils d’intérimaires réguliers. Il ne peut être utilisé que pour les motifs légaux du travail temporaire : remplacement d’un salarié absent, surcroît d’activité ou emploi saisonnier.
Les missions confiées dans le cadre d’un CDII ne sont donc pas limitées dans leur durée, sauf si un accord de branche en prévoit une.
En revanche, certaines indemnités spécifiques au travail temporaire classique — comme l’indemnité de fin de mission — ne s’appliquent pas au salarié en CDII. Ce dernier reste cependant mieux protégé sur le long terme, puisqu’il perçoit un salaire minimum garanti même lorsqu’il n’est pas affecté à une entreprise cliente.
Un modèle encore minoritaire, mais en progression
Selon les données du ministère du Travail, environ 53.800 personnes étaient titulaires d’un CDI intérimaire fin 2023, soit près de 7 % des intérimaires en activité.
En équivalents temps plein, cela représente environ 44.000 à 45.000 emplois. Ces chiffres traduisent une progression lente, mais régulière du dispositif, notamment dans les secteurs industriels, logistiques et du BTP, où la demande de main-d’œuvre qualifiée et disponible reste forte.
Les entreprises y trouvent plusieurs avantages : la fidélisation de profils expérimentés, la réduction des coûts liés au turnover et la possibilité de répondre rapidement à des besoins variables.
Pour les salariés, c’est un compromis attractif, entre sécurité et diversité des missions.
Les agences d’emploi, de leur côté, y voient un levier de professionnalisation et un moyen de renforcer la qualité de leur accompagnement.
Un équilibre encore à consolider
Malgré ses atouts, le CDII reste un dispositif de niche. Sa mise en œuvre suppose un engagement fort de la part des agences d’intérim, qui doivent assumer la responsabilité de l’emploi et de la rémunération en continu. De plus, certaines entreprises utilisatrices hésitent à y recourir, craignant une complexité administrative ou un coût supérieur à l’intérim classique.
Pour être pleinement efficace, le CDII doit donc s’inscrire dans une politique de gestion des ressources humaines équilibrée, où les besoins de flexibilité de l’entreprise s’accordent avec la sécurisation des parcours des salariés.
Les chiffres
Quelques données récentes permettent de dresser le portrait du CDII :
- Fin 2023, 53 800 salariés étaient en CDII en France, représentant environ 7 % de l’emploi intérimaire. Source : Dares
- En juin 2025, le CDII représentait environ 44 530 équivalents temps plein (ETP), soit 6,0 % des effectifs des agences d’emploi. Source : Prism’emploi –
- Géographiquement, le recours au CDII est plus élevé dans des régions à forte orientation industrielle : par exemple, en janvier 2025, les Pays-de-la-Loire affichaient un taux d’utilisation de 12,6 % des effectifs d’agences d’emploi en CDII, les Hauts-de-France 11,8 %. Source : barometre-prisme.eu
- Le contrat reste plus fréquent auprès des hommes (70 % des salariés en CDII fin 2023) et dans les profils expérimentés : l’âge moyen 36 ans vs 35 ans pour l’ensemble des intérimaires. Source : Dares
Ainsi, malgré une existence d’une dizaine d’années, le CDII reste marginal dans l’intérim, ce que plusieurs analyses qualifient de « peine à convaincre ».
Qu’est-ce qu’un CDI intérimaire ?
Le contrat à durée indéterminée intérimaire combine l’embauche en CDI par une entreprise de travail temporaire et la réalisation de missions successives chez des entreprises utilisatrices.
Statut et fonctionnement
Dans ce dispositif, l’entreprise de travail temporaire (ETT) est l’employeur. Le salarié enchaîne des missions chez des entreprises utilisatrices et conserve un lien contractuel avec l’ETT entre les missions : ces périodes d’intermission sont assimilées à du temps de travail effectif pour l’ancienneté et certains droits.
Ce que cela apporte au salarié
Le CDII offre la sécurité d’un CDI tout en permettant la mobilité professionnelle inhérente à l’intérim. Le salarié perçoit une rémunération garantie par l’ETT et bénéficie des droits liés à l’ancienneté, aux congés et à la protection sociale, même en l’absence de mission.
Atouts pour l’entreprise utilisatrice
Pour l’entreprise, le recours à un salarié en CDII facilite l’accès à des compétences opérationnelles, limite les effets du turnover et simplifie la réponse aux variations d’activité. L’ETT prend en charge l’accompagnement et la gestion administrative du salarié.
Contraintes et vigilance
L’usage du CDII doit respecter les motifs du travail temporaire (remplacement, accroissement d’activité, saisonnalité). Un emploi durable lié à l’activité normale et permanente d’une entreprise exposerait celle-ci au risque de requalification. Certaines indemnités spécifiques à l’intérim classique ne s’appliquent pas en CDII.
Données d’usage et tendances
Le CDII reste minoritaire mais en croissance lente. Fin 2023, environ 53 800 salariés étaient en CDII en France, ce qui représentait près de 7 % des intérimaires. En équivalents temps plein, le chiffre rapporté par des baromètres sectoriels se situe aux alentours de 44 000–45 000 ETP. L’utilisation est plus marquée dans les bassins industriels et auprès de profils expérimentés.
La loi de décembre 2022 a précisé que, à défaut d’accord de branche, la mission en CDII n’est pas soumise à une durée maximale. L’ETT conserve la responsabilité de l’emploi et des obligations sociales du salarié.
Synthèse
Le CDI intérimaire incarne un compromis entre stabilité et flexibilité : il combine la sécurité d’un CDI porté par l’ETT et la souplesse des missions temporaires. Utilisé avec rigueur, il protège les parcours des salariés et répond aux besoins fluctuants des entreprises ; mal employé, il peut cependant générer des risques juridiques.

