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Démarchage téléphonique : ce qui va changer dans l’affichage des numéros à partir du 1er janvier 2026

Temps de lecture estimé : 8 minutes

Un téléphone vintage orange avec un cadran à disque rotatif, posé sur un fond en bois.
©Golboo Maghooli / Pexels / Illustration

À compter du 1er janvier 2026, les règles d’affichage des numéros de téléphone vont évoluer afin de limiter les fraudes liées au démarchage abusif. Cette évolution, détaillée sur le site service-public.fr, vise à mieux lutter contre le spoofing téléphonique, une pratique largement utilisée dans les tentatives d’arnaque et qui concerne aussi bien les particuliers que les entreprises.

Derrière cette réforme technique, l’objectif est de permettre aux destinataires d’appels d’identifier plus facilement les communications suspectes, tout en renforçant la traçabilité des appels internationaux utilisant des numéros français.

Le spoofing téléphonique, une fraude encore très répandue

Le spoofing consiste à falsifier le numéro affiché lors d’un appel. Grâce à des outils spécialisés, des fraudeurs peuvent faire apparaître un numéro mobile français — souvent commençant par 06 ou 07 — afin d’inspirer confiance. Le numéro affiché peut appartenir à un particulier, à une entreprise ou même à une institution publique.

Cette technique est largement utilisée dans les campagnes de démarchage frauduleux ou d’escroquerie.

Elle a aussi des effets collatéraux pour les professionnels dont le numéro est usurpé : appels de rappel intempestifs, suspicion de pratiques abusives, atteinte à l’image ou perte de crédibilité commerciale.

Selon les données relayées par service-public.fr, près de 18.000 signalements d’usurpation de ce type ont été enregistrés sur la plateforme « J’alerte l’Arcep » entre janvier et décembre 2025.

Certains signaux peuvent alerter une entreprise ou un particulier :

  • réception d’appels de personnes affirmant avoir été contactées par votre numéro ;
  • messages de l’opérateur signalant une activité anormale ;
  • remontées répétées faisant état d’appels frauduleux émis sous votre identité téléphonique.

Ce qui change concrètement au 1er janvier 2026

L’Arcep, le régulateur des télécoms, part du constat que de nombreux appels frauduleux utilisant des numéros français sont émis depuis l’étranger.

Pour y répondre, une nouvelle règle s’appliquera à partir du 1er janvier 2026.

Les opérateurs français devront afficher automatiquement la mention « numéro masqué » lorsque l’appel provient de l’étranger et qu’il utilise un numéro mobile français qui n’a pas pu être authentifié.

Autrement dit, un appel international affichant un 06 ou un 07 sans authentification fiable ne pourra plus apparaître comme un numéro classique. Cette mesure vise à casser l’effet de confiance créé par l’affichage trompeur d’un numéro français.

Dans la pratique, la mention « numéro masqué » pourra correspondre à deux situations :

  • l’appelant a volontairement choisi de masquer son numéro ;
  • le numéro n’a pas pu être authentifié pour des raisons techniques, sans que cela signifie automatiquement une fraude.

Cette distinction doit inciter, en thérorie, les destinataires à une vigilance accrue, notamment dans un contexte professionnel où les appels entrants peuvent concerner des relations commerciales, des prestataires ou des clients.

Un déploiement technique déjà largement engagé

Les opérateurs disposent déjà de protocoles techniques permettant de vérifier l’authenticité des numéros, y compris lorsque les abonnés sont en itinérance, c’est-à-dire lorsqu’ils utilisent leur téléphone depuis l’étranger.

D’après les éléments publiés sur service-public.fr, plus de 80 % des appels émis par des abonnés français en itinérance sont aujourd’hui authentifiés grâce à ces dispositifs. Leur déploiement se poursuit afin d’atteindre une couverture complète.

À terme, ces mécanismes permettront de distinguer plus efficacement :

  • les appels légitimes d’abonnés français à l’étranger ;
  • les appels frauduleux émis depuis l’international en usurpant un numéro mobile.

Quels impacts pour les entreprises ?

Cette évolution peut avoir plusieurs conséquences concrètes, tant sur le plan de la sécurité que de la relation client.

D’un côté, elle peut contribuer à réduire les risques d’usurpation de numéro, un phénomène qui peut nuire à la réputation d’une société lorsque son standard ou ses lignes mobiles sont associés à des appels frauduleux. Moins de spoofing signifie aussi moins de retours négatifs et de sollicitations injustifiées.

De l’autre, les équipes commerciales, de support ou de prospection devront être attentives à la manière dont leurs appels sont perçus, notamment lorsqu’ils sont émis depuis l’étranger ou via des infrastructures téléphoniques internationales. Un affichage en « numéro masqué » peut susciter de la méfiance et réduire les taux de réponse.

Cela peut conduire certaines organisations à :

  • vérifier auprès de leur opérateur les conditions d’authentification de leurs numéros ;
  • s’assurer que leurs solutions de téléphonie respectent les nouveaux protocoles ;
  • informer leurs équipes des changements à venir pour anticiper d’éventuelles incompréhensions côté clients ou partenaires ;
  • renforcer leurs dispositifs internes de lutte contre l’usurpation d’identité téléphonique.

Une étape supplémentaire dans la lutte contre les appels frauduleux

Cette évolution réglementaire s’inscrit dans un mouvement plus large de sécurisation des communications électroniques.

En rendant plus visibles les appels potentiellement frauduleux, les pouvoirs publics et les opérateurs cherchent à réduire l’efficacité des campagnes d’arnaque tout en protégeant les utilisateurs dont les numéros sont détournés.

Pour les entreprises, la mesure constitue à la fois un outil de protection et un signal : la gestion des usages téléphoniques et de leur traçabilité devient un sujet à part entière, à la croisée de la conformité, de la relation client et de la cybersécurité.

Pour les entreprises, la réforme ne crée pas d’obligation administrative nouvelle au sens strict, mais elle impose d’adopter de bons réflexes pour éviter toute confusion avec des appels frauduleux et sécuriser leurs usages téléphoniques.

La mise en conformité passe surtout par des choix techniques, organisationnels et de communication.

Vérifier la conformité de ses outils de téléphonie

Premier réflexe : faire le point avec son opérateur ou son prestataire de téléphonie (standard cloud, centre d’appels, solution VoIP).

Les entreprises ont intérêt à s’assurer que :

  • les numéros utilisés pour appeler des clients peuvent être correctement authentifiés ;
  • les appels émis depuis l’étranger ou via des infrastructures internationales sont bien reconnus comme légitimes ;
  • les protocoles d’authentification déployés par les opérateurs sont activés et compatibles avec leur installation.

C’est un point clé pour éviter que les appels professionnels ne s’affichent en « numéro masqué » à partir de 2026, ce qui pourrait nuire au taux de décroché et à la relation commerciale.

Cartographier les usages téléphoniques internes

De nombreuses entreprises utilisent plusieurs canaux d’appel sans toujours en avoir une vision consolidée : lignes fixes, mobiles professionnels, softphones, centres d’appels externalisés, solutions de téléphonie hébergée.

Un audit simple permet d’identifier :

  • quels services appellent des clients ou partenaires ;
  • depuis quels pays ces appels peuvent être émis ;
  • quels numéros sont affichés ;
  • quels prestataires techniques sont impliqués.

Cette cartographie facilite ensuite les échanges avec les opérateurs et limite les risques d’usurpation ou de mauvaise configuration.

Sécuriser les numéros et prévenir l’usurpation

Même si l’entreprise n’est pas responsable du spoofing lorsqu’elle en est victime, elle a intérêt à mettre en place des mesures préventives :

  • signaler rapidement toute suspicion d’usurpation de numéro à son opérateur ;
  • documenter les incidents signalés par des tiers ;
  • surveiller les remontées clients faisant état d’appels douteux utilisant son identité ;
  • conserver une traçabilité minimale des appels sortants professionnels.

Ces éléments peuvent s’avérer utiles en cas de signalement auprès des plateformes dédiées ou lors d’échanges avec l’opérateur.

Informer les équipes et adapter les pratiques commerciales

La réforme implique aussi un volet organisationnel. Les équipes en contact avec l’extérieur doivent comprendre pourquoi certains appels peuvent apparaître comme « numéro masqué », et comment réagir face aux interrogations des interlocuteurs.

Il peut être utile de :

  • sensibiliser les équipes commerciales et support aux nouvelles règles d’affichage ;
  • prévoir un discours simple pour rassurer clients et partenaires ;
  • privilégier, lorsque c’est possible, des canaux identifiés (numéros fixes connus, rappels planifiés, prise de rendez-vous préalable).

Dans certains secteurs, cette évolution peut conduire à repenser les pratiques de prospection téléphonique, déjà fortement encadrées.

Anticiper les effets sur la relation client et l’image de marque

À partir de 2026, un appel affiché comme « numéro masqué » sera spontanément associé à un risque potentiel. Pour une entreprise, cela peut avoir un impact direct sur :

  • la joignabilité de ses équipes ;
  • la confiance accordée par les clients ;
  • l’efficacité des campagnes sortantes.

D’où l’intérêt d’anticiper dès maintenant les ajustements nécessaires, plutôt que de subir une baisse de contact ou des incompréhensions côté clients.

Source : informations issues du site service-public.fr.

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