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Longtemps pensée autour du tandem start-ups / grands comptes, la politique publique d’accompagnement de l’innovation s’apprête à évoluer. À l’occasion de la remise du rapport 2025 de l’Observatoire des relations entre start-ups et grands comptes, le Médiateur des entreprises a annoncé jeudi 5 février un recentrage clair, dès 2026, sur les relations entre start-ups et TPE-PME-ETI. Une inflexion qui reconnaît explicitement le rôle de ces entreprises dans la diffusion de l’innovation, mais aussi les difficultés qu’elles rencontrent dans un contexte économique tendu.
Un rapport qui élargit le périmètre de l’achat innovant
Jusqu’ici, l’Observatoire s’est surtout attaché à mesurer la capacité des grandes organisations publiques et privées à intégrer des solutions développées par des start-ups.
L’édition 2025 conserve ce socle, tout en ouvrant un champ nouveau : celui des coopérations avec les TPE, PME et ETI.
Le rapport souligne que, si les relations entre start-ups et grands comptes progressent, un gisement d’opportunités demeure largement inexploité du côté des entreprises de plus petite taille.
Ces dernières font pourtant face à des besoins pressants en matière de transformation numérique, écologique ou organisationnelle, souvent sans disposer des moyens internes pour y répondre seules.
Des TPE et PME confrontées à des tensions multiples
Le constat posé par l’Observatoire est sans détour. Les TPE et PME évoluent dans un environnement marqué par des tensions sur l’activité, la trésorerie, l’investissement et l’adaptation aux mutations économiques.
Dans ce contexte, l’innovation ne relève pas d’un choix de confort, mais d’une nécessité quotidienne pour rester compétitif.
C’est précisément ce point qui justifie l’évolution annoncée par le Médiateur des entreprises.
Objectif : élargir l’accompagnement au-delà des grandes organisations, afin de faciliter les coopérations entre start-ups et entreprises de taille plus modeste, souvent moins armées pour naviguer dans des processus complexes ou identifier les bons interlocuteurs.
Une annonce assumée pour 2026
Dans le rapport, la perspective est clairement posée : en 2026, le Médiateur des entreprises portera une attention renforcée aux TPE, PME et ETI. Une orientation confirmée par Pierre Pelouzet, qui insiste sur la volonté de passer d’un simple constat à une dynamique d’action.
« Ce baromètre 2025 n’est pas un simple état des lieux. Dans cette deuxième édition, nous passons d’une logique d’observation à une démarche d’analyse et d’action au service d’une ambition économique claire », explique-t-il.
S’il évoque en priorité l’achat innovant, le message adressé aux petites et moyennes entreprises est explicite : elles font désormais partie des priorités affichées de l’écosystème public de soutien à l’innovation.
Start-ups et petites entreprises : une rencontre encore incomplète
Le rapport rappelle que 65 % des start-ups travaillent déjà avec de grands acteurs publics ou privés. En revanche, les collaborations avec les TPE et PME restent plus diffuses, souvent freinées par un manque de visibilité, de confiance ou de temps.
Du côté des petites entreprises, l’innovation portée par des start-ups peut apparaître comme difficile d’accès, trop coûteuse ou mal adaptée à des besoins opérationnels immédiats.
À l’inverse, les start-ups peinent parfois à identifier les attentes concrètes de ces structures, très différentes de celles des grands comptes.
C’est précisément ce décalage que le Médiateur des entreprises entend réduire, en favorisant des relations plus lisibles et plus adaptées aux réalités économiques des TPE et PME.
Des freins identifiés, des pistes d’amélioration
Le rapport met en lumière plusieurs obstacles récurrents dans les relations entre entreprises et start-ups :
- délais de décision perçus comme trop longs,
- manque de clarté dans les processus,
- connaissance imparfaite des offres disponibles.
Ces constats, bien connus des grands groupes, concernent également les TPE et PME, parfois de manière encore plus marquée.
Pour y répondre, l’Observatoire met en avant plusieurs bonnes pratiques issues des retours de terrain. Elles visent notamment à améliorer la compréhension mutuelle entre partenaires, à sécuriser les collaborations et à mieux prendre en compte les contraintes spécifiques des entreprises de petite taille.
La RSE, désormais perçue comme un accélérateur
Autre enseignement notable du rapport : les critères RSE sont désormais présentés comme un facteur facilitant les relations entre entreprises et start-ups.
Longtemps perçus comme une contrainte supplémentaire, ils deviennent un point d’appui pour engager des coopérations autour de projets concrets, notamment en matière de transition écologique ou de numérique responsable.
Pour les TPE et PME, cette évolution peut constituer une opportunité supplémentaire, en leur permettant de répondre à des enjeux réglementaires ou sociétaux tout en s’appuyant sur des solutions innovantes.
Un signal politique clair pour l’écosystème économique
La remise officielle du rapport à Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, vient renforcer la portée du message.
« En donnant chaque année une photographie réaliste de l’état de cette relation, ce rapport joue un rôle essentiel. Le baromètre 2025 apparaît ainsi comme une boussole : il indique le chemin qu’il nous reste à parcourir », souligne la ministre.
Au-delà des grands principes, ce positionnement confirme que les TPE et PME sont désormais pleinement intégrées aux réflexions publiques sur l’innovation et l’achat innovant.
Ce que ce recentrage change pour les TPE et PME
Pour les petites entreprises, l’annonce du Médiateur des entreprises ouvre plusieurs perspectives concrètes. Elle laisse entrevoir un accompagnement plus adapté à leurs contraintes, une meilleure lisibilité des dispositifs existants et, à terme, des relations plus fluides avec les start-ups.
Elle envoie aussi un signal aux start-ups elles-mêmes : les TPE, PME et ETI ne sont plus des acteurs périphériques, mais des partenaires à part entière, capables de contribuer à la diffusion de l’innovation sur l’ensemble du tissu économique.
En recentrant son action dès 2026 sur ces entreprises, le Médiateur des entreprises acte une évolution attendue par de nombreux dirigeants : faire de l’innovation un outil accessible, y compris pour celles et ceux qui disposent de moins de ressources, mais jouent un rôle déterminant dans l’économie française.

