
Chaque année, des milliers de Français choisissent de devenir sapeurs-pompiers volontaires (SPV), en parallèle de leur activité professionnelle. Cet engagement citoyen permet de participer aux secours tout en conservant son emploi principal. Mais comment concilier les deux ? Faut-il prévenir son employeur ? Combien de temps faut-il consacrer à la formation ? Et risque-t-on d’être appelé à tout moment ?
Voici les réponses aux principales questions que se posent les futurs volontaires.
Qui peut devenir sapeur-pompier volontaire ?
Contrairement aux idées reçues, il n’est pas nécessaire de vouloir faire carrière chez les pompiers. Le volontariat est ouvert à toute personne remplissant les conditions d’engagement.
Pour candidater, il faut notamment :
- avoir au moins 16 ans (avec autorisation parentale pour les mineurs) ;
- avoir moins de 67 ans lors de l’engagement ;
- résider légalement en France ;
- être apte médicalement ;
- disposer d’un casier judiciaire compatible avec les fonctions exercées.
L’engagement est conclu pour une durée de cinq ans, renouvelable.
Peut-on devenir pompier volontaire lorsqu’on est salarié ?
Oui. C’est même la situation la plus fréquente.
Les sapeurs-pompiers volontaires exercent une profession à côté de leur engagement. Ils peuvent être salariés du privé, agents publics, indépendants, artisans, commerçants, professions libérales ou encore étudiants.
En pratique, tout dépend ensuite de la disponibilité que chacun peut offrir.
Mon employeur est-il obligé de me libérer ?
La réponse est nuancée.
Un employeur n’a pas l’obligation générale de laisser partir un salarié à chaque intervention ou à chaque formation.
En revanche, la loi permet au SDIS (Service départemental d’incendie et de secours) et à l’employeur de signer une convention définissant les modalités de disponibilité du salarié, aussi bien pour les interventions que pour les formations. Cette convention tient compte des besoins de l’entreprise.
De nombreuses entreprises acceptent ainsi que leurs salariés quittent ponctuellement leur poste pour une intervention ou suivent certaines formations sur leur temps de travail. Les employeurs engagés dans cette démarche peuvent obtenir le label « Employeur partenaire des sapeurs-pompiers ».
Comment se déroule la formation ?
L’investissement est particulièrement important au début.
La formation initiale représente environ une trentaine de jours, répartis sur une période pouvant aller d’un à trois ans selon les départements et les disponibilités du volontaire. Elle comprend notamment :
- le secours à personne ;
- la lutte contre les incendies ;
- les interventions diverses ;
- les règles de sécurité.
Les sessions sont souvent organisées par blocs de plusieurs jours, le week-end ou en semaine selon les SDIS. Elles sont complétées par des formations continues tout au long de l’engagement.
Comment dégager du temps pour la formation ?
C’est souvent la principale difficulté.
Plusieurs solutions existent :
- utiliser ses congés ;
- suivre les sessions programmées les week-ends ;
- bénéficier d’une convention avec son employeur ;
- répartir la formation sur plusieurs années lorsque le SDIS le permet.
Avant tout engagement, les responsables du centre de secours échangent avec le candidat afin de vérifier que son organisation personnelle et professionnelle est compatible avec le volontariat.
Vais-je être appelé à n’importe quelle heure ?
Non.
Contrairement à une idée répandue, un sapeur-pompier volontaire ne reste pas en permanence d’astreinte.
Chaque volontaire indique ses périodes de disponibilité :
- en soirée ;
- la nuit ;
- les week-ends ;
- certains jours de semaine ;
- pendant ses congés.
Le centre de secours organise ensuite les gardes en fonction des disponibilités déclarées.
Si vous êtes indisponible parce que vous travaillez, êtes en déplacement ou avez une contrainte familiale, vous n’êtes tout simplement pas sollicité.
Combien d’interventions faut-il assurer ?
Il n’existe pas de quota national.
Le rythme dépend :
- du fonctionnement du centre de secours ;
- du nombre de volontaires ;
- de l’activité opérationnelle ;
- des disponibilités que vous proposez.
Dans certains centres, les volontaires effectuent des gardes planifiées de 12 ou 24 heures. Dans d’autres, ils assurent des périodes d’astreinte durant lesquelles ils peuvent être déclenchés en cas d’intervention.
Est-on rémunéré ?
Le volontariat n’est pas un emploi salarié.
Les sapeurs-pompiers volontaires perçoivent des indemnités horaires, dont le montant varie selon le grade. Elles ne sont pas soumises à l’impôt sur le revenu ni aux cotisations sociales. Les taux sont régulièrement revalorisés par l’État.
Être sapeur-pompier volontaire : combien est-on indemnisé ?
Le volontariat ne relève pas d’un contrat de travail. Les sapeurs-pompiers volontaires ne perçoivent donc pas de salaire, mais une indemnité horaire destinée à reconnaître le temps consacré aux missions de secours, aux gardes, aux astreintes et aux formations.
| Grade | Indemnité horaire |
|---|---|
| Sapeur | 8,71 € |
| Caporal | 9,35 € |
| Sous-officier | 10,55 € |
| Officier | 13,11 € |
✔ Les indemnités couvrent
- Les interventions de secours ;
- Les gardes programmées ;
- Les périodes d’astreinte ;
- Les formations prévues par le SDIS.
✔ Bon à savoir
- Ces indemnités sont exonérées d’impôt sur le revenu.
- Elles ne sont pas assimilées à un salaire.
- Le montant évolue en fonction du grade occupé.
Les volontaires ayant effectué une carrière suffisamment longue peuvent prétendre, sous conditions, à une Nouvelle prestation de fidélisation et de reconnaissance (NPFR). Cette allocation est accessible à partir de 55 ans pour les sapeurs-pompiers volontaires totalisant au moins 15 années de service.
Quels sont les avantages du volontariat ?
Au-delà de l’aspect citoyen, de nombreux volontaires mettent en avant :
- l’acquisition de compétences en secourisme et en gestion de crise ;
- une excellente condition physique ;
- le travail en équipe ;
- la capacité à gérer le stress ;
- des formations valorisables dans la vie professionnelle ;
- la satisfaction de rendre service à la population.
Certaines entreprises considèrent également cette expérience comme un véritable atout en matière de responsabilité, de leadership et d’organisation.
Les contraintes à connaître avant de s’engager
Le volontariat demande un investissement réel.
Parmi les principales difficultés figurent :
- la formation initiale, particulièrement prenante ;
- les gardes en soirée, la nuit ou le week-end ;
- la fatigue après certaines interventions ;
- la nécessité de concilier vie familiale, vie professionnelle et engagement ;
- l’exposition à des situations parfois difficiles sur le plan émotionnel.
L’engagement doit donc être mûrement réfléchi et compatible avec son quotidien.
Comment candidater ?
La démarche est relativement simple.
Le futur volontaire peut contacter directement le SDIS de son département ou se rendre dans le centre de secours le plus proche de son domicile ou de son lieu de travail. Après un premier entretien, le candidat suit généralement des tests d’aptitude, une visite médicale puis, si son dossier est retenu, débute sa formation initiale.
Les informations à retenir
- Devenir sapeur-pompier volontaire est compatible avec une activité salariée, à condition d’être en mesure d’organiser son temps.
- La formation demande un investissement conséquent les premiers mois, mais les disponibilités sont ensuite définies avec le centre de secours et peuvent être adaptées aux contraintes professionnelles.
- Pour de nombreux volontaires, cet engagement représente autant une expérience humaine qu’une occasion d’acquérir des compétences utiles dans leur vie quotidienne.
Mon salarié veut devenir sapeur-pompier volontaire : quelles sont les implications ?
L’engagement d’un salarié comme sapeur-pompier volontaire est encouragé par les pouvoirs publics. En revanche, cela ne signifie pas que l’entreprise doit systématiquement le libérer à chaque intervention. Voici les principaux points à connaître.
🚒 Dois-je le laisser partir à chaque intervention ?
Non. Le salarié ne peut pas quitter son poste pendant son temps de travail sans l’accord de son employeur. Une convention de disponibilité peut toutefois être signée avec le SDIS afin de prévoir les conditions dans lesquelles il pourra être libéré pour des interventions, des gardes ou des formations.
Puis-je refuser son absence ?
Oui. Si aucune convention n’existe ou si l’absence risque de désorganiser l’activité de l’entreprise, l’employeur peut refuser de libérer son salarié. L’organisation de l’entreprise reste un élément déterminant.
Qui paie le salarié ?
Les modalités dépendent de la convention conclue avec le SDIS. Selon les cas, le salaire peut être maintenu par l’employeur, des autorisations d’absence peuvent être prévues ou des mécanismes de compensation peuvent être mis en place.
Quels sont les avantages pour l’entreprise ?
- Possibilité d’obtenir le label « Employeur partenaire des sapeurs-pompiers ».
- Valorisation de l’engagement citoyen de l’entreprise.
- Développement de compétences utiles chez le salarié : gestion du stress, prise de décision, esprit d’équipe, leadership.
Le point de vigilance pour une TPE
Avant toute convention, il est recommandé d’échanger avec le SDIS afin de définir les plages de disponibilité compatibles avec l’activité de l’entreprise. Une organisation anticipée permet généralement d’éviter les difficultés.
L’employeur n’a pas l’obligation de libérer systématiquement un salarié devenu sapeur-pompier volontaire. En revanche, une convention de disponibilité permet d’organiser les absences en conciliant les besoins du SDIS et ceux de l’entreprise.
Sources utilisées pour cet article
Cet article a été rédigé à partir des textes officiels et des ressources publiées par les pouvoirs publics :
- Service-Public.fr – Sapeur-pompier volontaire (SPV) : conditions d’engagement, missions, formation, indemnisation, durée de l’engagement et prestations de fin de service.
- Légifrance – Loi n° 96-370 du 3 mai 1996 relative au développement du volontariat dans les corps de sapeurs-pompiers : statut des sapeurs-pompiers volontaires, régime des indemnités et prestations de fin d’activité.
- Légifrance – Décret n° 2012-492 du 16 avril 2012 relatif aux indemnités des sapeurs-pompiers volontaires : activités ouvrant droit à indemnisation et modalités de versement.
- Légifrance – Arrêté du 17 novembre 2025 fixant le montant de l’indemnité horaire de base des sapeurs-pompiers volontaires : barème des indemnités horaires applicables (sapeur, caporal, sous-officier et officier).

