
Trouver des salariés serait-il en train de devenir plus facile pour les petites entreprises ? Le dernier baromètre semestriel de Bpifrance Le Lab (juillet 2026) montre un recul spectaculaire des fortes difficultés de recrutement. Mais derrière cette amélioration apparente se cache une autre réalité : les entreprises prévoient aussi moins d’embauches.
La pénurie de candidats qui a marqué les années suivant la crise sanitaire semble perdre de son intensité. Au premier semestre 2026, 24 % des TPE-PME déclarent rencontrer d’importantes difficultés pour recruter.
Fin 2022, elles étaient encore 47 % dans cette situation.
La proportion a donc presque été divisée par deux en quelques années et atteint son niveau le plus bas hors crise financière de 2008-2009, selon Bpifrance Le Lab.
Mais il serait prématuré d’y voir uniquement une bonne nouvelle pour les employeurs.
Les difficultés de recrutement ont presque été divisées par deux
Le mouvement est continu depuis la fin de l’année 2022.
Aux 24 % d’entreprises déclarant rencontrer « beaucoup » de difficultés s’ajoutent 45 % qui signalent encore quelques difficultés. Au total, 69 % des dirigeants ont donc rencontré un problème pour recruter, soit tout de même près de sept entreprises sur dix.
Cette proportion totale recule néanmoins de 5 points en un an.
Recrutement : les chiffres à retenir
24 % des TPE-PME rencontrent d’importantes difficultés pour recruter.
47 % étaient dans cette situation fin 2022.
69 % rencontrent encore au moins quelques difficultés de recrutement.
– 5 points en un an pour la part totale des entreprises confrontées à ces difficultés.
Source : Bpifrance Le Lab, Baromètre semestriel des TPE-PME, premier semestre 2026.
Moins de difficultés pour recruter, mais aussi moins d’embauches
C’est là que les résultats deviennent plus intéressants.
Les entreprises ne trouvent pas seulement plus facilement des candidats. Le marché de l’emploi est lui-même moins dynamique.
L’indicateur de Bpifrance relatif à l’évolution des effectifs gagne certes 4 points en six mois et revient à l’équilibre. Mais il reste inférieur de 2 points à son niveau d’un an auparavant et demeure loin de sa moyenne de long terme.
Sur la période 2000-2025, l’indicateur moyen relatif aux effectifs s’établissait à +8. Il est à 0 en 2026.
Les données de l’Insee reprises par Bpifrance vont dans le même sens : au premier trimestre 2026, l’emploi salarié reculait de 0,2 % sur un an, soit une perte nette de 47 600 emplois par rapport au premier trimestre 2025.
Le recul concernait notamment l’industrie (-0,5 %), la construction (-1,3 %) et le commerce (-0,7 %).
Les entreprises rencontrent moins de fortes difficultés pour recruter au moment même où le marché de l’emploi ralentit. Bpifrance relève que le rythme des créations d’emplois est plus faible que par le passé, quelle que soit la taille de l’entreprise. La baisse des tensions de recrutement accompagne donc des perspectives d’embauche moins favorables.</p> </div>
Dans le tourisme, le changement est particulièrement visible
Tous les secteurs ne connaissent pas la même situation.
Le reflux est particulièrement marqué dans le tourisme. Seulement 19 % des entreprises du secteur déclarent désormais beaucoup de difficultés à recruter, soit une baisse de 8 points en seulement six mois.
Les difficultés diminuent également dans les services, les transports et le commerce. Elles sont stables dans l’industrie.
Une exception apparaît cependant : la construction.
Dans ce secteur, 34 % des dirigeants déclarent encore rencontrer d’importantes difficultés pour recruter. La proportion augmente même de 2 points. Elle reste toutefois inférieure à sa moyenne historique, qui atteint 41 %.
POURQUOI CE RECUL N’EST-IL PAS FORCÉMENT UNE BONNE NOUVELLE ?
Les entreprises ont moins de difficultés à recruter, mais elles embauchent également moins qu’auparavant. Le rythme des créations d’emplois reste inférieur à sa moyenne de long terme, quelle que soit la taille de l’entreprise.
Au premier trimestre 2026, l’emploi salarié reculait de 0,2 % sur un an, soit 47 600 emplois de moins qu’au premier trimestre 2025.
Les entreprises les plus dynamiques continuent davantage à embaucher
Le baromètre fait également apparaître des différences selon le profil des entreprises.
Les entreprises innovantes affichent de meilleures perspectives d’emploi. Leur indicateur d’embauche reste quasiment stable à +7, alors qu’il tombe à -3 pour les entreprises non innovantes.
L’industrie et les transports se distinguent également. Leurs perspectives d’activité pour 2026 étant meilleures, les entreprises de ces secteurs envisagent de maintenir, voire d’accélérer, leurs embauches.
À l’inverse, les indicateurs restent à des niveaux faibles dans le commerce, les services et le tourisme. Dans ces trois secteurs, ils ont perdu entre 5 et 9 points en un an et se situent entre 12 et 14 points sous leur moyenne historique.
Les patrons restent prudents pour 2027
Et l’embellie ne semble pas devoir venir rapidement.
Pour 2027, les TPE-PME interrogées par Bpifrance Le Lab anticipent un ralentissement de leur activité et de leurs embauches. Les deux indicateurs prévisionnels perdent 5 points en un an et restent nettement sous leur moyenne historique.
Le recul des pénuries de candidats doit donc être interprété avec prudence. Pour un employeur qui cherche effectivement à recruter, la situation peut être plus favorable qu’au sortir de la crise sanitaire. Mais à l’échelle de l’ensemble des TPE-PME, la diminution des tensions intervient dans une période où les intentions d’embauche restent faibles.
RECRUTEMENT : COMMENT LES DIFFICULTÉS ONT RECULÉ
Fin 2022 : 47 %
Le point haut de ces dernières années.
Printemps 2024 : 34 %
Le reflux des fortes difficultés de recrutement est engagé.
Printemps 2025 : 27 %
La baisse se poursuit.
Fin 2025 : 25 %
Près de 20 points de moins en trois ans.
Printemps 2026 : 24 %
Le niveau le plus bas hors crise financière de 2008-2009.
Source : Baromètres semestriels TPE-PME, Bpifrance Le Lab.
Comment Bpifrance a réalisé cette enquête
Près de 40 000 entreprises de 1 à 249 salariés, appartenant aux secteurs marchands non agricoles et réalisant moins de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires, ont été interrogées au printemps 2026.
4 637 réponses complètes et fiables, recueillies entre le 5 mai et le 18 juin 2026, ont été exploitées au niveau national.
Source : 83e édition du Baromètre semestriel de conjoncture de Bpifrance Le Lab, juillet 2026.
Source
Cet article s’appuie sur le Baromètre semestriel des TPE-PME – Premier semestre 2026, publié en juillet 2026 par Bpifrance Le Lab. L’étude analyse notamment l’activité, les embauches, la trésorerie, l’investissement et les perspectives des petites et moyennes entreprises françaises.

