
Le projet de budget 2027 prévoit de suspendre la revalorisation annuelle de la prime d’activité. Une modification des revenus retenus pour son calcul est également annoncée et pourrait réduire l’aide de certains salariés. Au 8 octobre 2026, ces deux mesures restent à distinguer : le gel dépend du texte budgétaire finalement adopté, tandis que le nouveau calcul doit être confirmé par un décret.
Déposé à l’Assemblée nationale le 1er octobre, le projet de loi de finances pour 2027 prévoit, à son article 74, de ne pas appliquer la revalorisation annuelle de la prime d’activité en 2027. Le texte permet toutefois au gouvernement de rétablir cette revalorisation par décret. Le ministère de l’Économie a rappelé cette proposition dans sa présentation du budget publiée le 7 octobre. Les débats parlementaires peuvent encore modifier ces dispositions.
Un gel du barème ne fige pas tous les droits
La non-revalorisation maintient les paramètres concernés à leur niveau antérieur. Si les prix augmentent, le soutien apporté par la prestation perd de sa valeur. Mais le montant effectivement reçu continue aussi de dépendre des ressources et de la composition du foyer. Une hausse de salaire, une séparation ou une reprise d’activité peuvent faire évoluer le droit, même lorsque le barème ne change pas.
Il serait donc inexact de promettre à tous les bénéficiaires un versement identique à celui de 2026, ou d’annoncer une même somme retranchée à chacun. Le montant forfaitaire, les bonifications et les autres règles retenues dans le texte final devront être examinés séparément.
Le 1er avril est la date habituelle de revalorisation
L’article L. 842-3 du Code de la sécurité sociale prévoit actuellement une revalorisation annuelle du montant forfaitaire et du montant maximal de la bonification principale au 1er avril. Une dérogation à ce mécanisme doit être prévue par les textes. La présentation d’un budget pour 2027 ne signifie donc pas qu’une diminution du versement commencerait automatiquement en janvier.
Un exemple pour comprendre l’absence de hausse
Exemple purement pédagogique : une aide de 200 euros revalorisée de 2 % deviendrait 204 euros. Sans cette hausse, l’écart serait de 4 euros par mois, soit 48 euros sur douze mois complets. Ce calcul ne constitue ni une prévision du taux de 2027 ni une simulation Caf : la prime ne se résume pas à l’indexation du dernier versement.
Un changement de calcul pourrait aussi réduire certains versements
Une autre modification est annoncée. Selon LégiSocial, qui rapporte une mise à jour du BOSS du 2 octobre, les contributions patronales à la complémentaire santé, à la prévoyance collective et à la retraite supplémentaire pourraient être ajoutées au montant net social. Le versement santé serait également concerné. L’application annoncée vise les revenus dus à compter du 1er janvier 2027, sous réserve de la publication du décret.
Les ressources retenues pour calculer l’aide pourraient ainsi augmenter sans hausse du salaire versé sur le compte bancaire. Certains salariés pourraient recevoir une prime moins élevée. Les cotisations salariales correspondantes resteraient déduites. Cette évolution du calcul s’ajouterait au gel du barème : les deux mécanismes peuvent avoir des effets distincts sur un même foyer.
Le montant de la baisse éventuelle ne peut pas être déduit de la seule participation de l’employeur à la mutuelle. Il dépendrait des règles définitives et de la situation du foyer.
Les indépendants sont aussi concernés
La Caf rappelle que la prestation peut compléter une activité salariée ou indépendante, sous conditions de ressources. Le revenu professionnel seul ne suffit pas à établir un droit : la situation du ménage compte également. TPE Actu a détaillé les règles à regarder pour les dirigeants de TPE et les indépendants.
Dans une petite entreprise, la prime ne doit pas être intégrée au salaire garanti lors du recrutement. Deux collègues rémunérés au même niveau peuvent recevoir des aides différentes. Le salarié doit pouvoir réaliser une simulation individuelle auprès de la Caf ou de la MSA, sans avoir à communiquer ses ressources familiales à son employeur.
La hausse de 2026 et le gel proposé sont deux sujets distincts
Une absence de revalorisation en 2027 ne signifie pas, à elle seule, la suppression de la hausse ciblée de 2026. Notre article sur les changements du 1er avril 2026 explique cette réforme. Les bénéficiaires doivent poursuivre leurs déclarations et signaler les changements de situation selon les règles en vigueur.
Retrouvez l’ensemble du suivi dans le dossier Prime d’activité.
Article actualisé le 8 octobre 2026. Le gel proposé reste soumis à l’examen parlementaire. La modification annoncée du montant net social doit être confirmée par le texte réglementaire définitif.
