Que sont devenus les apprentis 2023 six mois après leur sortie d’études ?

Une étude de la Dares révèle que 38 % des apprentis de 2022-2023 prolongent leurs études, surtout parmi ceux en CAP. En janvier 2024, 66 % des non-diplômés étaient en emploi, principalement dans le secteur privé. L’obtention du diplôme influe sur l’insertion. Les perspectives restent complexes avec la réduction des aides à l’embauche.

Selon une étude récente de la Dares, publiée le 17 décembre dernier, les apprentis inscrits en 2022-2023 en dernière année de formations (du CAP au BTS) présentent une diversité de trajectoires six mois après leur sortie d’études. Voici un état des lieux précis de leur situation au début de l’année 2024…

Une poursuite d’études en hausse

Près de 38 % des apprentis de cette cohorte ont choisi de prolonger leur formation l’année suivante. Ce chiffre inclut ceux qui redoublent, poursuivent en apprentissage ou explorent d’autres parcours éducatifs. Cette tendance est particulièrement marquée chez les apprentis de CAP, dont 46 % poursuivent leurs études, contre seulement 19 % des titulaires de BP. L’évolution est encore plus notable pour les apprentis en BTS, où le taux de poursuite a augmenté de 18 points par rapport à ceux inscrits en 2018-2019.

Une insertion professionnelle contrastée

Parmi les apprentis qui n’ont pas continué leurs études, 66 % occupaient un emploi salarié en janvier 2024. Cette proportion varie selon le niveau de formation préparé :

  • 60 % pour les sortants de CAP
  • 68 % pour les baccalauréats professionnels
  • 74 % pour les BP
  • 69 % pour les BTS

Le secteur privé reste le principal employeur, accueillant 61 % des sortants, contre 5 % pour le secteur public. Cependant, une baisse du taux d’emploi dans le privé (-2,4 points par rapport à l’année précédente) reflète un contexte conjoncturel moins favorable.

Le rôle de l’employeur d’apprentissage

Près d’un quart des apprentis (27 %) ont été embauchés par l’employeur chez qui ils avaient effectué leur apprentissage. Ce chiffre varie selon les spécialités : il atteint 34 % dans des domaines comme le « génie civil, construction, bois », mais tombe à 20 % pour les formations en « commerce, vente ».

La nature des contrats et conditions de travail

En janvier 2024, 60 % des apprentis en emploi bénéficiaient d’un CDI, une proportion similaire à celle de l’année précédente. Les jeunes femmes occupent toutefois plus souvent des CDD (28 %, contre 25 % pour les hommes) ou travaillent à temps partiel (15 %, contre 8 % des hommes).

Ces différences sont en partie liées à la répartition des genres selon les secteurs : les femmes sont surreprésentées dans les services, où les CDD sont fréquents, tandis que les hommes prédominent dans les secteurs liés à la production.

L’obtention du diplôme et insertion

L’obtention du diplôme est déterminante pour l’insertion : 72 % des apprentis de cette cohorte ont validé leur certification, et parmi eux, 70 % étaient en emploi salarié six mois après. Pour les non-diplômés, ce taux chute à 59 %. L’écart est encore plus prononcé pour les titulaires de CAP : 64 % des diplômés sont en emploi, contre 48 % des non-diplômés.

Des variations selon les spécialités

Les perspectives d’emploi varient également selon la spécialité de formation. Les jeunes issus de domaines comme la « mécanique et structures métalliques » ou le « génie civil, construction, bois » affichent des taux d’emploi supérieurs à la moyenne, notamment dans le secteur privé.

À l’inverse, les spécialités comme la « coiffure, esthétique » ou le « commerce, vente » présentent une insertion plus difficile.

Et pour la suite ?

Cette photographie de l’insertion professionnelle des apprentis 2023 illustre une dynamique globalement positive, mais à nuancer selon les niveaux de formation, les spécialités et le contexte conjoncturel.

Les perspectives pour les prochaines années s’annoncent toutefois complexes avec la réduction progressive des aides à l’embauche pour les contrats d’apprentissage. Cette diminution pourrait inciter certains employeurs à revoir à la baisse leur politique de recrutement, impactant ainsi directement l’accès à l’emploi des jeunes sortants. Dans ce contexte, la capacité des politiques publiques et des acteurs économiques à soutenir durablement le dispositif de l’apprentissage sera déterminante pour maintenir son attractivité et ses résultats…

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