Temps de lecture estimé : 3 minutes
Les très petites entreprises (TPE) françaises, qui constituent les deux tiers du secteur tertiaire, se retrouvent aujourd’hui face à un défi de taille : réduire leur consommation énergétique tout en limitant leur empreinte carbone. Une nécessité environnementale qui peine pourtant à se traduire en actions concrètes, comme le révèle l’Observatoire de la Transition Énergétique des professionnels 2024, mené par ENGIE.
Une consommation énergétique élevée mais peu maîtrisée
Les TPE et PME de moins de 20 salariés consomment actuellement 90 TWh par an, ce qui représente 40 % de l’énergie totale du secteur tertiaire. Une situation d’autant plus préoccupante que ces entreprises sont responsables de 35 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur.
Pourtant, si 69 % des professionnels interrogés estiment important de réduire leur consommation, seuls 15 % se disent pleinement engagés dans une démarche de transition énergétique.
Cette réticence s’explique notamment par la disparité des besoins énergétiques selon les secteurs.
Certaines activités, comme les boulangeries, les salons de coiffure ou les salles de sport, sont particulièrement gourmandes en énergie en raison de l’utilisation d’équipements spécifiques. L’identification des postes de consommation les plus énergivores demeure une difficulté pour de nombreux professionnels, qui ignorent souvent où concentrer leurs efforts.
Des obstacles multiples à la transition
Parmi les principaux freins relevés par l’étude, la méconnaissance des pratiques énergétiques joue un rôle déterminant. Plus de deux tiers des professionnels déclarent ne pas maîtriser les démarches nécessaires pour réduire leur consommation.
Le chauffage, qui représente en moyenne 40 % de la consommation énergétique d’un bâtiment tertiaire (et jusqu’à 60 % dans certains établissements), reste un poste clé, mais peu de professionnels savent comment l’optimiser.
L’information sur les aides financières constitue un autre frein majeur. Selon l’Observatoire, 66 % des professionnels se disent mal informés sur les dispositifs de soutien disponibles.
Or, ces aides jouent un rôle fondamental dans la rentabilité des investissements liés à l’efficacité énergétique. Faute de visibilité sur les bénéfices immédiats, de nombreuses entreprises hésitent à se lancer.
Actuellement, seuls 50 % des professionnels déclarent avoir engagé des actions en faveur des économies d’énergie, avec un budget souvent limité à 2.500 euros.
Adopter les bons gestes
Les résultats de l’Observatoire mettent également en lumière certaines bonnes pratiques qui peuvent générer des économies significatives :
Dans les bureaux et professions intellectuelles, par exemple, le remplacement d’une ancienne chaudière gaz par une chaudière à très haute performance énergétique permettrait de réduire de 28 % la consommation liée au chauffage et de 26 % les émissions de gaz à effet de serre.
D’autres solutions, comme l’installation de détecteurs de présence pour l’éclairage ou l’utilisation d’une pompe à chaleur réversible en climatisation, contribuent également à une meilleure gestion de l’énergie.
