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Malgré une prise de conscience croissante, les très petites entreprises restent freinées dans leur passage à l’action pour réduire leur consommation énergétique. C’est le principal enseignement de la dernière édition de l’Observatoire de la Transition Énergétique des professionnels, menée par ENGIE en partenariat avec l’IFOP.
Artisans, commerçants, professions libérales : les TPE de moins de 20 salariés constituent aujourd’hui deux tiers des établissements du secteur tertiaire en France. Un maillage dense, mais énergivore : ces structures consomment à elles seules 90 TWh par an et génèrent 35 % des émissions de gaz à effet de serre du tertiaire.
Pourtant, le secteur reste en retrait dans la mise en œuvre de sa transition. Si 69 % des professionnels interrogés se disent sensibles à la réduction de leur consommation, seuls 15 % se déclarent pleinement engagés dans une démarche active. Une situation d’autant plus préoccupante que certains métiers — comme les boulangers, coiffeurs ou gérants de salles de sport — présentent des profils énergétiques particulièrement intenses.
Méconnaissance et idées reçues : les principaux freins à lever
L’étude pointe un manque de repères généralisé. À peine 22 % des répondants connaissent précisément leur consommation d’énergie et seuls 8 % ont évalué leur empreinte carbone. Plus de deux tiers affirment ne pas maîtriser les démarches à suivre pour consommer moins. Et si le chauffage représente en moyenne 40 % des dépenses énergétiques d’un bâtiment — un poste pouvant grimper jusqu’à 60 % dans certains établissements — peu savent l’identifier comme levier d’action prioritaire.
Le coût perçu de la transition, la complexité des dispositifs d’aide et le flou sur les bénéfices concrets viennent encore renforcer l’immobilisme.
Deux professionnels sur trois se disent mal informés sur les aides financières existantes, alors même que celles-ci sont souvent déterminantes pour franchir le pas.
Des gestes simples mais efficaces
L’Observatoire met néanmoins en lumière des marges de progression accessibles. Dans le secteur des bureaux, remplacer une vieille chaudière à gaz par un modèle très haute performance permettrait par exemple une réduction de 28 % de la consommation liée au chauffage et une baisse de 26 % des émissions de gaz à effet de serre.
Autres solutions citées : le zoning d’éclairage, les détecteurs de présence avec minuteur, ou encore l’usage de pompes à chaleur réversibles pour la climatisation.
Ces actions ciblées, peu connues, mais efficaces, permettent d’esquisser une trajectoire de sobriété énergétique réaliste, même pour les plus petites structures.
Un levier stratégique pour les professionnels
Avec une enveloppe moyenne inférieure à 2.500 euros dédiée aux actions d’économie d’énergie, les TPE restent prudentes, voire attentistes. Pourtant, à l’heure de la hausse durable des prix de l’énergie et des attentes croissantes en matière de responsabilité environnementale, leur transition énergétique devient un enjeu stratégique.
Les enseignements de l’Observatoire 2024 confirment que l’intention est là, mais que l’action suppose un accompagnement renforcé, des outils simples, et une meilleure visibilité sur les aides.
