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Un plan inédit, coordonné par plusieurs ministères, rebat les cartes de la formation professionnelle. Il redéfinit les obligations des organismes, durcit les contrôles et repositionne l’usager – jeune ou actif – au cœur du système. Les entreprises, qu’elles soient donneuses d’ordre, partenaires d’un CFA ou simplement concernées par l’employabilité, vont devoir suivre de près cette nouvelle donne.
Depuis la loi de 2018 sur la liberté de choisir son avenir professionnel, la formation a été profondément transformée. La montée en puissance de l’apprentissage, la multiplication des parcours certifiants et la dynamique des organismes privés ont redessiné le paysage. Mais cette effervescence s’est aussi accompagnée de zones grises : formations aux débouchés incertains, pratiques commerciales douteuses, certifications galvaudées.
Pour y remédier, le gouvernement déploie un plan d’amélioration de la qualité et de lutte contre la fraude, annoncé comme le plus structurant depuis la réforme de 2018. Piloté de concert par les ministères du Travail, de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, ce plan vise une régulation renforcée à la hauteur des ambitions économiques et sociales assignées à la formation.
Une régulation plus lisible… et plus ferme
. Première mesure phare : l’extension de l’obligation de certification Qualiopi à tous les organismes préparant à des certifications professionnelles, même s’ils ne perçoivent aucun fonds public. Ce nouveau périmètre vise à garantir un socle commun d’exigence, quel que soit le statut ou le mode de financement de l’organisme.
. Deuxième levier : la généralisation de l’habilitation à former pour les diplômes du CAP au BTS. Jusque-là, n’importe quel organisme pouvait proposer ces formations. Désormais, sans validation explicite des rectorats, il leur sera interdit de les dispenser.
. Enfin, un volet contrôle musclé vient compléter ce cadre. Les audits Qualiopi deviennent plus exigeants : contrôle sur site systématique, présence obligatoire du dirigeant, certification des auditeurs eux-mêmes. Un système d’information partagé entre les financeurs et les services de l’État permettra par ailleurs de mieux cibler les établissements douteux, de croiser les alertes et d’éviter les contrôles redondants.
Recruter un apprenti en 2027 : le maintien annoncé des aides doit encore être traduit dans les textes
Les aides à l’apprentissage sont annoncées comme maintenues en 2027. Ce que les TPE peuvent préparer et ce qui doit encore être confirmé par les textes.
Le montant des primes aux employeurs d’apprentis qui s’appliquera à partir du 1er janvier 2027 est connu
Bonne nouvelle pour les entreprises qui préparent leurs recrutements : les aides à l’embauche d’un apprenti devraient être maintenues en 2027. Le Premier ministre Sébastien Lecornu l’a confirmé le 9 septembre 2026 dans une lettre adressée aux entrepreneurs de France. Les montants annoncés pour le 1er janvier prochain correspondent à ceux actuellement appliqués depuis mars…
Alternance : les effectifs continuent de reculer, les aides à l’embauche ont changé
Au deuxième trimestre 2026, les effectifs en alternance ont diminué de 0,6 %, après une baisse de 0,3 % au trimestre précédent, en raison de la diminution des aides à l’embauche. Pour les petites entreprises, les nouvelles modalités de soutien complicent leur décision de recruter, surtout pour les niveaux de formation supérieurs.
Vers une nouvelle relation de confiance avec les usagers
Les usagers – étudiants, apprentis, actifs – doivent désormais pouvoir s’orienter en toute connaissance de cause. Cela passe par une information renforcée sur les taux d’insertion et de réussite, la transparence sur les intitulés de diplômes, et une vigilance accrue sur les pratiques commerciales. Le recours à des frais de réservation non remboursables ou à des clauses abusives sera strictement encadré, voire interdit.
Le gouvernement prévoit aussi de rendre plus lisibles les dispositifs de signalement en cas de dysfonctionnement, avec à terme un guichet unique d’alerte pour étudiants et professionnels.
Ce que ça implique pour les entreprises :
- Révision des partenariats formation : toute collaboration avec un organisme devra s’appuyer sur des garanties renforcées de qualité et de conformité.
- Veille sur la certification Qualiopi : les services RH ou formation devront vérifier la mise à jour des certifications et les nouvelles obligations applicables.
- Auditabilité des prestataires : pour les entreprises finançant des actions de formation, le contrôle de la conformité devient un enjeu de sécurité juridique et budgétaire.
- Accès à une offre plus lisible : les recruteurs bénéficieront d’un meilleur alignement entre formation suivie et compétences acquises.
- Responsabilité accrue en cas d’accueil d’apprentis : les employeurs d’alternants devront s’assurer du sérieux des formations suivies, notamment sur la prévention des risques et l’acquisition des compétences de base.
