DPE : ce qui va évoluer avec le nouveau mode de calcul au 1er janvier 2026

À partir du 1er janvier 2026, le diagnostic de performance énergétique (DPE) intégrera un nouveau coefficient de conversion pour l’électricité, favorisant les logements chauffés à l’électricité. Cette réforme pourrait favoriser environ 850 000 logements, facilitant les transactions immobilières et orientant les aides publiques vers des rénovations plus écologiques.

©weerapatkiatdumrong / Getty Images / Illustration

Temps de lecture estimé : 5 minutes

Une modification réglementaire qui n’altère ni la consommation réelle des logements ni leurs équipements, mais qui modifie sensiblement leur classement énergétique.

À compter du 1er janvier 2026, le diagnostic de performance énergétique intègrera un nouveau paramètre de calcul.

En cause : l’ajustement du coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire, qui passera de 2,3 à 1,9.

Un ajustement destiné à corriger un déséquilibre de méthode

Jusqu’à présent, le DPE reposait sur un facteur de conversion qui pénalisait mécaniquement les logements chauffés à l’électricité.

À consommation équivalente, ces derniers pouvaient afficher une étiquette énergétique moins favorable que des biens alimentés au gaz, au fioul ou au bois, dont le coefficient est fixé à 1.

L’arrêté publié au Journal officiel en août 2025 acte une évolution de ce paramètre afin de mieux refléter la réalité du système énergétique français.

L’électricité consommée en France est majoritairement issue de sources faiblement émettrices de carbone, notamment le nucléaire et les énergies renouvelables.

Le nouveau coefficient vise donc à rapprocher le résultat du DPE de l’impact environnemental réel des usages électriques, sans modifier les consommations mesurées.

Des effets visibles sur les étiquettes énergétiques

Cette évolution méthodologique aura des conséquences concrètes sur le classement de nombreux logements. Les biens chauffés à l’électricité verront, dans de nombreux cas, leur étiquette énergétique progresser d’une classe.

Pour les surfaces les plus modestes, le gain pourra parfois être plus important.

Les pouvoirs publics estiment qu’environ 850.000 logements actuellement classés F ou G sortiront de la catégorie des logements très énergivores du seul fait de ce nouveau calcul, sans qu’aucun travaux ne soit nécessaire.

Il s’agit d’un reclassement réglementaire, et non d’une amélioration physique du bâti.

Un impact direct sur la location et la vente

Le DPE joue un rôle central dans les projets immobiliers, qu’il s’agisse de vendre ou de mettre un bien en location. Il conditionne non seulement l’attractivité d’un logement, mais aussi sa conformité aux obligations légales.

Pour rappel, la réglementation prévoit :

  • l’interdiction de mise en location des logements classés G depuis le 1er janvier 2025 ;
  • l’interdiction de louer les logements classés F à partir de 2028 ;
  • l’interdiction de louer les logements classés E à compter de 2034 ;
  • l’obligation de réaliser un audit énergétique lors de la vente de certains biens.

En améliorant l’étiquette de logements chauffés à l’électricité, la réforme peut simplifier certaines transactions et redonner une marge de manœuvre aux propriétaires concernés, notamment en repoussant l’échéance de travaux de rénovation.

Un ciblage plus fin des politiques de rénovation

Le nouveau calcul du DPE doit également permettre une meilleure orientation des aides publiques. En reclassant certains logements électriques, l’objectif est de concentrer les dispositifs de soutien sur les biens réellement dépendants d’énergies fossiles plus émettrices de gaz à effet de serre.

Cette approche vise à prioriser les rénovations ayant le plus fort potentiel de réduction des émissions, notamment via le remplacement de systèmes de chauffage anciens par des équipements plus performants, comme les pompes à chaleur ou les chauffe-eau thermodynamiques.

Qui est concerné par cette évolution ?

Le mode de calcul révisé s’appliquera à l’ensemble des DPE réalisés à partir du 1er janvier 2026.

Les logements déjà diagnostiqués ne sont pas automatiquement recalculés, mais sont éligibles à une mise à jour de leur étiquette dans certains cas.

Sont particulièrement concernés les biens équipés :

  • de radiateurs électriques, y compris à inertie ;
  • de pompes à chaleur aérothermiques ;
  • de planchers chauffants électriques ;
  • de chauffe-eau électriques ou thermodynamiques.

Faut-il refaire son diagnostic ?

Un DPE établi après le 1er juillet 2021 reste valable pendant dix ans, y compris après l’entrée en vigueur de la réforme. Il n’est donc pas nécessaire de faire réaliser un nouveau diagnostic complet.

En revanche, pour les logements chauffés à l’électricité, il sera possible d’obtenir une attestation de nouvelle étiquette à partir du numéro du DPE existant, via les outils mis à disposition par l’ADEME.

Cette attestation aura la même valeur réglementaire que le diagnostic initial et restera valable jusqu’à son échéance.

Et si le classement ne change pas ?

Même lorsque l’étiquette demeure inchangée, la réforme modifie les seuils d’accès aux classes supérieures.

Les efforts nécessaires pour progresser d’un niveau à l’autre seront légèrement réduits, ce qui peut faciliter la planification de travaux ciblés, qu’il s’agisse d’isolation, de régulation du chauffage ou de production d’eau chaude sanitaire.

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