
Estimés à près de 11 milliards d’euros en 2024, les arrêts de travail pèseraient en réalité bien davantage, a indiqué la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, qui s’apprête à dévoiler des mesures visant à rendre ces dépenses plus « soutenables ».
Les arrêts maladie représentent une charge croissante, un constat que le gouvernement martèle depuis plusieurs mois, jugeant la situation difficilement tenable.
L’exécutif explore ainsi différentes pistes pour contenir le coût des indemnités journalières, qui ont atteint des niveaux record ces dernières années, avec près de 11 milliards d’euros pour la seule année 2024.
Mais la facture réelle serait plus élevée encore : interrogée sur Sud Radio ce jeudi 2 avril, la ministre de la Santé a évoqué un montant global approchant « presque 20 milliards d’euros », soit « un milliard supplémentaire chaque année ».
D’après une étude de l’assureur AXA, les arrêts maladie ont progressé de 50 % depuis 2019, période précédant la crise sanitaire. En moyenne, un arrêt est prescrit tous les 20 jours travaillés.
Les moins de 35 ans y recourent davantage, invoquant notamment la préservation de leur santé mentale. Lors de la publication, mercredi, des chiffres relatifs aux fraudes à l’Assurance maladie (49 millions d’euros d’arrêts de travail frauduleux détectés) la ministre avait déjà annoncé l’arrivée prochaine de nouvelles mesures.
Les arrêts courts dans le viseur
Sur Sud Radio, elle a précisé que ces annonces interviendraient dans les prochains jours, en coordination avec les ministres du Travail et des Comptes publics.
« Nous proposerons des mesures mi-avril, qui permettront d’améliorer et de rendre soutenables ces dépenses », a détaillé Stéphanie Rist, en ciblant particulièrement les arrêts de travail « courts et répétitifs », de « deux ou trois jours ». « Ils progressent fortement. Ce ne sont pas les plus coûteux, mais ils désorganisent l’entreprise », a-t-elle ajouté.
Si le gouvernement entend traiter le sujet « à bras-le-corps », la ministre a toutefois insisté sur la nécessité de ne pas « stigmatiser » les médecins.
« Dans de rares situations, certains prescrivent des arrêts qui ne sont pas justifiés. Cela existe, mais cela reste marginal. Il ne faut donc pas généraliser », a-t-elle affirmé, précisant avoir travaillé avec les praticiens afin d’identifier leurs contraintes et proposer des réponses à la fois pragmatiques et opérationnelles.
Fraudes en ligne : un autre front prioritaire
Autre axe de vigilance pour l’exécutif, souligne Le Parisien : la prolifération de sites frauduleux. Ces plateformes proposent « des ordonnances d’arrêts ou de traitements sans consultation préalable », a dénoncé la ministre.
Leur suppression reste aujourd’hui trop lente : « il faut environ six mois pour les faire retirer », alors qu’il ne leur faut que « 24 heures pour réapparaître sous forme de sites miroirs », a-t-elle regretté.

