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Télétravail depuis son lieu de vacances : ce que les salariés ont le droit de faire… ou pas

3–4 minutes
©sofiastd via canva.com

Avec les ponts du mois de mai et l’arrivée des vacances d’été, la tentation est grande de prolonger un séjour en télétravaillant depuis une maison de famille, un Airbnb ou même l’étranger. Mais un salarié peut-il réellement travailler depuis un autre lieu que son domicile habituel ? Et l’employeur peut-il s’y opposer ?

Dans les faits, tout dépend des règles prévues dans l’entreprise… et de la manière dont le télétravail a été mis en place.

Le télétravail hors du domicile n’est pas automatiquement interdit

  • Contrairement à une idée reçue, le télétravail n’est pas forcément limité au domicile principal du salarié.
  • Lorsqu’un accord collectif ou une charte encadre cette organisation, les règles applicables au lieu de travail à distance sont généralement précisées noir sur blanc.

Certaines entreprises autorisent le télétravail depuis n’importe quel endroit disposant d’une connexion Internet fiable.

D’autres, au contraire, imposent une adresse déclarée à l’avance ou interdisent explicitement le télétravail depuis un lieu de vacances.

En l’absence de règle spécifique, un salarié peut en théorie travailler depuis un autre lieu dès lors que les conditions de travail restent adaptées :

  • matériel disponible,
  • environnement compatible avec l’activité,
  • connexion sécurisée,
  • confidentialité des échanges.

Le télétravail peut également être mis en place simplement par accord entre le salarié et l’employeur, y compris de manière informelle.

Dans ce cas, les deux parties peuvent convenir librement du lieu depuis lequel l’activité sera exercée.

Informer son employeur reste souvent indispensable

Même lorsque les textes internes ne fixent pas précisément le lieu du télétravail, il est fréquent que l’entreprise demande au salarié de prévenir sa hiérarchie en cas de changement temporaire d’adresse.

Cette précaution permet notamment d’anticiper plusieurs situations concrètes :

  • la nécessité de revenir rapidement sur site pour une réunion urgente ;
  • les questions liées à l’assurance ;
  • la prise en charge d’un éventuel accident du travail ;
  • ou encore les problématiques de cybersécurité.

Car travailler depuis une location saisonnière, un espace partagé ou un réseau Wi-Fi public peut exposer davantage les données professionnelles.

Une décision récente de justice illustre d’ailleurs ce point. La cour d’appel de Paris a reconnu la faute d’un salarié qui n’avait pas informé son employeur d’un changement de domicile, alors même que cette situation créait un risque en matière de sécurité informatique (CA Paris, 22 janvier 2026, RG n° 23/03562).

Télétravailler depuis l’étranger : une situation plus sensible

Sur le principe, rien n’interdit automatiquement à un salarié d’exercer son activité depuis l’étranger. Mais en pratique, le sujet devient nettement plus complexe.

Un séjour prolongé hors de France peut avoir des conséquences sur :

  • le régime de Sécurité sociale applicable ;
  • la législation du travail compétente ;
  • la fiscalité ;
  • les obligations de l’employeur en matière de sécurité ;
  • ou encore la protection des données de l’entreprise.

Dans certains pays, l’accès aux outils professionnels peut aussi poser problème pour des raisons réglementaires ou techniques.

C’est pourquoi les employeurs demandent généralement une autorisation préalable avant tout télétravail depuis l’étranger, même pour quelques jours.

Assurance et accident du travail : les zones de vigilance

Le lieu déclaré pour le télétravail a également un impact en matière d’assurance. Beaucoup d’employeurs exigent une attestation couvrant l’exercice d’une activité professionnelle à domicile. Or cette couverture ne s’étend pas forcément à une résidence secondaire ou à une location de vacances.

Autre sujet sensible : l’accident du travail. Lorsqu’un salarié est en télétravail, un accident survenu pendant ses horaires de travail est présumé être un accident professionnel. Mais cette présomption peut devenir plus difficile à faire reconnaître si le salarié travaillait depuis un lieu dont l’employeur ignorait l’existence.

Télétravail ne veut pas dire vacances

Même depuis une terrasse au bord de la mer ou un chalet à la montagne, le salarié reste soumis à ses obligations professionnelles. Horaires, réunions, disponibilité et charge de travail doivent continuer à être respectés.

Le changement de décor ne transforme donc pas automatiquement une journée travaillée en journée de congé. Et si l’entreprise impose une validation préalable du lieu de télétravail, mieux vaut éviter de passer outre : en cas de non-respect des règles internes, une sanction disciplinaire reste possible.

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