
Face aux épisodes de chaleur extrême qui se multiplient, certaines communes sont contraintes de fermer temporairement des écoles afin de protéger les élèves et le personnel éducatif. Une situation qui soulève une question très concrète pour de nombreux parents : peuvent-ils s’absenter de leur travail pour garder leurs enfants sans perdre de rémunération ?
À ce jour, le droit du travail ne prévoit pourtant aucun dispositif spécifique pour faire face à ce type d’événement.
Aucun congé dédié en cas de fermeture d’école liée à la chaleur
Lorsqu’un établissement scolaire ferme ses portes en raison d’une canicule, les parents doivent souvent trouver une solution de garde dans l’urgence. Pourtant, contrairement à ce que certains pourraient penser, aucun congé spécifique n’existe actuellement pour leur permettre de rester auprès de leurs enfants.
Le congé pour enfant malade ne peut notamment pas être utilisé dans cette situation. Ce dispositif est réservé aux cas où l’état de santé de l’enfant nécessite la présence du parent. Une fermeture administrative liée à des conditions climatiques exceptionnelles ne remplit pas cette condition.
Par conséquent, un salarié qui déciderait de ne pas se rendre au travail sans l’accord préalable de son employeur s’expose à une retenue sur salaire. Selon les circonstances, cette absence injustifiée pourrait également entraîner une sanction disciplinaire.
Trouver une solution avec l’employeur
Dans les faits, lorsque les grands-parents ou d’autres solutions de garde ne sont pas disponibles, le dialogue avec l’employeur constitue souvent la seule issue.
Plusieurs aménagements peuvent être envisagés :
- la prise de jours de congés payés ;
- l’utilisation de jours de repos ou de RTT lorsqu’ils existent ;
- un aménagement exceptionnel des horaires de travail ;
- la récupération ultérieure des heures non travaillées.
Ces solutions nécessitent toutefois l’accord de l’employeur. Le salarié ne peut pas les imposer unilatéralement.
Le télétravail, une réponse souvent privilégiée
Le recours au télétravail constitue également une option fréquemment envisagée lors de fermetures d’écoles liées à des événements climatiques.
Même lorsqu’aucune organisation habituelle de télétravail n’existe dans l’entreprise, rien n’interdit à l’employeur et au salarié de conclure un accord ponctuel afin de permettre le travail à distance pendant quelques jours.
Cette souplesse peut être mise en place rapidement, y compris dans l’urgence.
Lorsque l’entreprise dispose déjà d’un accord collectif ou d’une charte sur le télétravail, il convient en revanche de respecter les modalités prévues pour le recours à un télétravail exceptionnel.
Cette solution présente néanmoins certaines limites. Travailler tout en s’occupant d’enfants, notamment lorsqu’ils sont jeunes, peut s’avérer complexe et réduire l’efficacité professionnelle comme la qualité de la garde.
Des initiatives d’entreprises pour soutenir les parents
Certaines entreprises ont choisi d’anticiper ce type de difficultés en mettant en place des dispositifs d’accompagnement.
Parmi les solutions observées figurent notamment la mise à disposition temporaire de services de garde ou l’organisation d’espaces permettant aux salariés de venir exceptionnellement avec leurs enfants sur leur lieu de travail.
Ces initiatives restent toutefois facultatives et relèvent de la politique sociale de chaque employeur.
L’idée d’un « congé climatique » toujours au point mort
La multiplication des événements climatiques extrêmes a conduit plusieurs parlementaires à réfléchir à de nouveaux droits pour les salariés.
Une proposition de loi déposée en 2025 prévoyait ainsi la création d’un congé climatique destiné aux parents confrontés à la fermeture d’un établissement scolaire en raison d’un événement climatique exceptionnel.
Le dispositif envisagé permettrait au salarié :
- d’obtenir jusqu’à cinq jours d’absence par an ;
- de bénéficier d’un congé rémunéré ;
- de garder un enfant de moins de 16 ans dont il assume la charge.
Le mécanisme serait activé lorsque la fermeture de l’établissement est décidée par le représentant de l’État dans le département ou par le maire de la commune concernée.
Malgré l’intérêt suscité par cette proposition, celle-ci n’a connu aucune avancée législative significative depuis son dépôt.
D’autres pistes également en attente
Le congé climatique n’est pas le seul projet resté sans suite.
En mai 2025, une proposition de loi déposée au Sénat visait également à instaurer un congé personnel en cas de catastrophe naturelle. Là encore, le texte n’a pas progressé dans le processus législatif.
En attendant une éventuelle évolution du droit, les parents confrontés à la fermeture d’une école pour cause de canicule doivent donc s’appuyer sur les dispositifs existants et rechercher, avec leur employeur, des solutions d’organisation adaptées à cette situation exceptionnelle. Une réalité qui pourrait devenir de plus en plus fréquente à mesure que les épisodes de chaleur intense se multiplient sur le territoire.
