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Canicule : en un mois, un tiers des contrôles de l’inspection du travail ont visé les fortes chaleurs

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©KatarinaGondova / Getty Images Pro via canva.com

Face à la multiplication des épisodes de chaleur extrême, le gouvernement accélère sa stratégie de protection des salariés. Réunis le 24 juin par le ministre du Travail et des Solidarités, les partenaires sociaux ont dressé un premier bilan des mesures déjà mises en œuvre et ouvert un chantier de réflexion sur l’adaptation durable du monde du travail aux canicules appelées à devenir plus fréquentes.

Une mobilisation exceptionnelle de l’inspection du travail

Depuis la fin du mois de mai, les services de l’inspection du travail ont été fortement mobilisés pour vérifier le respect des nouvelles obligations imposées aux employeurs en période de fortes chaleurs.

  • Au total, 1.645 contrôles ont été réalisés en quelques semaines, soit près d’un tiers de l’ensemble des contrôles effectués depuis le début de l’année 2026.
  • Ces interventions ont donné lieu à 1.781 lettres d’observation ainsi qu’à 102 mises en demeure adressées à des entreprises ne respectant pas leurs obligations.

L’objectif est de s’assurer que les employeurs prennent effectivement les mesures nécessaires pour limiter les risques liés aux températures élevées.

Des obligations renforcées pour les employeurs

Le ministère rappelle que les entreprises doivent adapter l’organisation du travail lorsque les conditions climatiques deviennent dangereuses.

Parmi les mesures attendues figurent notamment :

  • l’aménagement des horaires afin d’éviter les heures les plus chaudes ;
  • l’adaptation des postes et des lieux de travail ;
  • la mise à disposition d’eau fraîche en quantité suffisante ;
  • l’augmentation des temps de pause ;
  • toute autre mesure permettant de réduire l’exposition des salariés à la chaleur.

Ces obligations font désormais l’objet de contrôles ciblés sur l’ensemble du territoire.

Des chantiers suspendus dans plusieurs départements

Dans les départements placés en vigilance rouge, le gouvernement a également demandé aux préfets de suspendre les travaux extérieurs entre 13 heures et 21 heures lorsque les conditions locales le justifient.

Plusieurs préfectures ont déjà pris cette décision, notamment dans le Rhône, la Haute-Garonne, le Puy-de-Dôme, la Seine-Saint-Denis, les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne, le Val-d’Oise, la Seine-et-Marne et les Yvelines.

Lorsque cela est possible, les horaires de début de chantier peuvent également être avancés afin que les travaux se déroulent pendant les heures les plus fraîches de la journée.

Télétravail et dialogue social encouragés

Le ministre a également invité les entreprises à privilégier le télétravail lorsqu’il est compatible avec les missions exercées.

Il encourage par ailleurs le dialogue entre employeurs et salariés afin de trouver des solutions adaptées aux difficultés rencontrées pendant les épisodes caniculaires.

Cela peut concerner, par exemple, l’organisation de la garde des enfants, les horaires de travail ou encore l’adaptation des tenues professionnelles lorsque cela est compatible avec les exigences de sécurité.

Une réflexion de fond sur le travail en période de canicule

Au-delà des mesures d’urgence, le gouvernement souhaite engager une réflexion de long terme.

Un groupe de travail réunissant les partenaires sociaux devrait être installé dès la rentrée afin d’étudier les adaptations structurelles nécessaires pour permettre aux entreprises de poursuivre leur activité tout en garantissant la santé des travailleurs.

Selon le ministre, les vagues de chaleur vont devenir plus fréquentes et plus intenses. L’organisation du travail devra donc évoluer pour tenir compte de cette nouvelle réalité climatique.

« Il va donc falloir revoir nos habitudes et nos usages », a-t-il déclaré, estimant que la protection des salariés devait pouvoir être conciliée avec le maintien de l’activité économique.

Les seuils de 28 °C et 30 °C ne sont pas des limites réglementaires

Présent lors de cette réunion, l’INRS a rappelé un point régulièrement source de confusion.

Les températures de 28 °C pour les activités physiques et 30 °C pour les activités sédentaires ne constituent pas des seuils légaux au-delà desquels le travail devrait être interrompu.

Il s’agit de repères destinés à aider les employeurs à déclencher des mesures de prévention. L’évaluation du risque doit également tenir compte de nombreux autres facteurs, comme :

  • l’intensité de l’effort physique,
  • le taux d’humidité,
  • l’exposition au soleil,
  • la durée du travail.

En pratique, chaque employeur demeure responsable de l’évaluation des risques et de la mise en place des mesures adaptées pour protéger ses salariés.

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