
Les défaillances d’entreprises continuent de progresser en France. Au deuxième trimestre 2026, 17.486 procédures collectives ont été ouvertes, soit une hausse de 5,4 % en un an. Les très petites entreprises restent les premières touchées, tandis que plusieurs secteurs voient les difficultés s’intensifier.
Les faillites restent à un niveau historiquement élevé
L’amélioration attendue ne se matérialise pas. Entre avril et juin 2026, 17.486 entreprises ont fait l’objet d’une procédure collective, contre 16.586 un an auparavant.
Ce volume dépasse de près de 40 % celui observé avant la crise sanitaire, lorsque les défaillances trimestrielles restaient sous la barre des 13.000.
Depuis le début de l’année, 37.700 entreprises ont déjà cessé leurs paiements ou été placées sous procédure, soit environ 1.500 de plus qu’au premier semestre 2025.
Les liquidations judiciaires représentent toujours près des deux tiers des décisions prononcées.
Les TPE restent les premières victimes
Les plus petites entreprises continuent de supporter l’essentiel des difficultés.
Les structures de moins de trois salariés concentrent à elles seules 75 % des procédures collectives. Leur nombre de défaillances progresse encore de 8,3 % sur un an, signe que les tensions de trésorerie restent particulièrement fortes pour les très petites structures.
À l’inverse, les entreprises comptant entre 3 et 19 salariés enregistrent un léger recul des défaillances (-3,3 %), même si leur situation demeure fragile.
Les jeunes entreprises paient un lourd tribut
Les sociétés récemment créées rencontrent toujours davantage de difficultés.
Les entreprises de moins de trois ans voient leurs défaillances bondir de 12,7 %. Plus de trois quarts d’entre elles basculent directement en liquidation judiciaire. Fait notable, 93 % de ces entreprises sont des sociétés commerciales et non des micro-entrepreneurs.
Les secteurs de la restauration, de l’automobile et du bâtiment restent particulièrement représentés.
Plusieurs secteurs passent sous forte pression
L’étude met en évidence des évolutions très contrastées selon les activités.
- Les services aux entreprises enregistrent l’une des plus fortes progressions avec +13,9 % de défaillances. Les cabinets de conseil, les activités d’architecture, d’ingénierie, les entreprises de sécurité ou encore de nettoyage figurent parmi les métiers les plus touchés.
- Du côté des services aux particuliers, la hausse atteint 15,7 %. Les salons de coiffure, instituts de beauté, centres de bien-être ainsi que les activités de réparation connaissent une nette dégradation.
- Dans l’hôtellerie-restauration, les difficultés s’accentuent également. Les défaillances d’hôtels progressent de 54 %, tandis que la restauration rapide affiche désormais presque autant de procédures que la restauration traditionnelle.
- Le secteur de la santé, de l’action sociale et de l’enseignement n’échappe plus au phénomène. Les défaillances y augmentent de 17,2 %, avec une progression particulièrement marquée chez les professionnels de santé, les infirmiers, les médecins généralistes ainsi que les crèches.
L’immobilier continue de souffrir
Si la construction affiche une stabilité apparente (-0,8 %), certaines activités restent particulièrement exposées.
La promotion immobilière enregistre une envolée spectaculaire des défaillances (+87,8 %), tandis que les travaux publics restent orientés à la hausse (+8,8 %).
En revanche, plusieurs métiers du bâtiment, notamment le gros œuvre et les travaux électriques, montrent des signes d’amélioration.
Les régions ne sont pas toutes logées à la même enseigne
Six régions métropolitaines enregistrent une baisse des défaillances, parmi lesquelles la Bretagne, la Normandie, la Bourgogne-Franche-Comté ou encore le Centre-Val de Loire.
À l’inverse, Auvergne-Rhône-Alpes affiche la plus forte dégradation parmi les grandes régions avec une hausse de 22,9 %, devant les Hauts-de-France (+8,5 %) et l’Occitanie (+6,8 %).
Une baisse des emplois menacés malgré la hausse des faillites
Paradoxalement, le nombre de salariés concernés diminue.
Altares estime que 58 830 emplois sont aujourd’hui menacés, soit une baisse de 9,5 % par rapport au deuxième trimestre 2025.
Cette évolution s’explique principalement par le fait que les défaillances concernent davantage de très petites entreprises, employant peu de salariés.
Altares anticipe une fin d’année encore difficile
Pour Thierry Millon, directeur des études d’Altares, la faiblesse de la croissance, la consommation atone et des coûts d’exploitation toujours élevés continuent de peser sur les entreprises.
Le spécialiste estime que 34.000 à 35.000 nouvelles procédures collectives pourraient encore être ouvertes au second semestre 2026, ce qui maintiendrait les défaillances à un niveau particulièrement élevé.
| 2e trimestre | Défaillances d’entreprises | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| 2019 | 12 347 | -3,1 % |
| 2020 | 5 766 | -53,3 % |
| 2021 | 6 587 | +14,2 % |
| 2022 | 9 826 | +49,2 % |
| 2023 | 13 266 | +35,0 % |
| 2024 | 16 371 | +23,4 % |
| 2025 | 16 586 | +1,3 % |
| 2026 | 17 486 | +5,4 % |
Source : Altares, Études trimestrielles sur les défaillances et sauvegardes des entreprises en France (T2 2019 à T2 2026).

