
Télétravail imposé, droit de retrait, chômage partiel, masques FFP2 ou encore salariés bloqués chez eux… Dans un communiqué publié le 28 juillet 2026, le ministère de l’Économie a annoncé plusieurs mesures de soutien pour les entreprises touchées par les incendies exceptionnels qui frappent le sud-ouest de la France.
1. Non, le chômage partiel ne sera pas accordé automatiquement
Beaucoup d’entreprises pourraient penser qu’une activité perturbée par les incendies ouvre automatiquement droit à l’activité partielle. La réalité est plus nuancée.
Le ministère distingue plusieurs situations :
- Les entreprises directement sinistrées ou situées dans une zone faisant l’objet d’une interdiction préfectorale d’activité ou d’accès pourront bénéficier plus facilement du dispositif.
- En revanche, pour celles qui continuent à subir les conséquences des fumées ou des recommandations sanitaires sans être situées dans une zone évacuée, l’activité partielle ne sera admise qu’à titre exceptionnel.
L’employeur devra démontrer qu’il a déjà mis en œuvre toutes les mesures permettant de poursuivre l’activité :
- télétravail,
- réorganisation des postes,
- adaptation des horaires,
- recours aux équipements de protection…
Ce n’est qu’en prouvant que ces solutions sont insuffisantes que la demande pourra être acceptée.
Pour de nombreuses TPE, cette précision risque de changer la manière d’aborder la gestion de la crise.
2. L’employeur peut imposer le télétravail
Autre point qui mérite d’être connu : lorsqu’une situation exceptionnelle menace la sécurité des salariés, l’employeur peut décider de mettre en place le télétravail sans avoir à respecter le formalisme habituel.
Le ministère rappelle qu’il s’agit d’un aménagement du poste de travail destiné à assurer la continuité de l’activité tout en protégeant les salariés.
Autrement dit, il ne s’agit pas d’une simple recommandation. Si les fonctions sont compatibles avec le travail à distance, le télétravail devient l’une des premières mesures à privilégier avant d’envisager un arrêt d’activité.
3. Le droit de retrait existe… mais il a des limites
Les fumées liées aux incendies peuvent-elles justifier un droit de retrait ?
Oui, mais pas dans toutes les situations.
Le Code du travail permet à un salarié de quitter son poste lorsqu’il estime être confronté à un danger grave et imminent pour sa santé ou sa vie. L’employeur ne peut alors pas lui demander de reprendre son activité tant que le danger subsiste.
En revanche, le ministère rappelle également un point souvent méconnu : si le juge considère que le salarié ne disposait pas d’un motif raisonnable pour exercer ce droit de retrait, une retenue sur salaire peut être pratiquée. Dans certaines situations, une sanction disciplinaire peut même être envisagée.
Cette appréciation dépendra toujours des circonstances et des mesures de prévention mises en place par l’entreprise.
4. Contrairement aux idées reçues, le masque FFP2 n’est pas recommandé partout
Face aux fumées, le premier réflexe consiste souvent à enfiler un masque FFP2.
Pourtant, la FAQ nuance fortement cette idée.
Le ministère recommande le port d’un masque FFP2 principalement pour les salariés contraints de travailler longtemps à l’extérieur ou dans des zones fortement exposées aux fumées.
En revanche, dans les locaux, le port du masque n’est pas recommandé de manière systématique. L’accent est plutôt mis sur la gestion de la ventilation, la fermeture des ouvertures lorsque l’air est fortement dégradé et le maintien d’une bonne qualité de l’air intérieur.
Cette distinction pourrait surprendre de nombreux employeurs.
5. Un salarié bloqué par les incendies ne peut pas décider seul de rester chez lui
Routes fermées, domicile situé dans une zone évacuée ou difficultés de circulation… La question se pose pour de nombreux salariés.
Le ministère précise qu’un salarié confronté à ces difficultés doit prévenir son employeur afin de rechercher une solution : télétravail lorsque cela est possible, prise de congés ou toute autre mesure permettant de régulariser sa situation.
En revanche, il ne peut pas suspendre de lui-même l’exécution de son contrat de travail.
Le document invite néanmoins les employeurs à faire preuve de compréhension afin de trouver rapidement une solution adaptée à chaque situation.
Les employeurs invités à anticiper plutôt qu’à subir
Au-delà des mesures d’urgence, cette FAQ rappelle que la gestion des incendies ne se limite pas à la protection contre les flammes. Les épisodes de fumées, la pollution de l’air, les restrictions de circulation et les recommandations sanitaires peuvent avoir des conséquences importantes sur l’organisation des entreprises.
Le ministère insiste sur une logique de prévention : évaluer les risques, adapter le travail lorsque cela est possible, protéger les salariés les plus exposés et ne recourir à l’activité partielle qu’en dernier ressort lorsque toutes les autres solutions ont été envisagées.

