
Alors que de nombreux jeunes ont déjà trouvé leur formation mais cherchent encore une entreprise d’accueil, le gouvernement veut accélérer les recrutements en apprentissage. La ministre déléguée chargée de la Formation professionnelle, Sabrina Roubache, appelle les employeurs à ouvrir davantage de postes et assure que les crédits consacrés à l’apprentissage sont désormais sécurisés.
- Dans un entretien accordé au quotidien Le Parisien, publié dimanche 23 août, Sabrina Roubache a lancé un appel direct aux chefs d’entreprise.
- Selon la ministre, « des milliers de jeunes » ont aujourd’hui obtenu une place dans une formation mais n’ont pas encore trouvé l’employeur qui leur permettra de signer leur contrat d’apprentissage.
- Elle invite donc les entreprises à poursuivre leurs recrutements malgré les incertitudes économiques. Le gouvernement entend, de son côté, donner davantage de visibilité aux employeurs sur les dispositifs de soutien à l’apprentissage.
Les aides ont diminué pour certaines entreprises
Sabrina Roubache reconnaît toutefois que le montant des aides publiques a été revu à la baisse dans certains cas.
Depuis 2026, le montant dépend notamment de la taille de l’entreprise et du niveau de qualification préparé par l’apprenti. Pour les entreprises de moins de 250 salariés, l’aide peut atteindre 5.000 euros pour un diplôme de niveau 3 ou 4, puis 4.500 euros pour un niveau 5 et 2.000 euros pour les niveaux 6 et 7.
Pour les entreprises de 250 salariés et plus, les montants sont inférieurs : 2.000 euros pour les niveaux 3 et 4, 1.500 euros pour un niveau 5 et 750 euros pour les niveaux 6 et 7. Les apprentis en situation de handicap peuvent ouvrir droit à une aide pouvant atteindre 6 000 euros.
La ministre souligne néanmoins que les petites entreprises ont été relativement préservées par ces évolutions et assure qu’aucune nouvelle baisse n’est prévue.
Le gouvernement veut aussi faciliter la mobilité des apprentis
Le soutien annoncé ne concerne pas uniquement l’aide versée aux employeurs.
Le gouvernement prévoit également de travailler sur les conditions matérielles permettant aux jeunes de se rendre sur leur lieu de travail. Sabrina Roubache évoque notamment la mise en place d’un leasing social destiné aux apprentis vivant en zone rurale afin de leur permettre d’accéder à des voitures sans permis.
Des places supplémentaires en internat doivent également être ouvertes afin de faciliter l’accès aux formations pour les jeunes qui résident loin de leur établissement.
Pour la ministre, ces mesures doivent contribuer à éviter que des difficultés de transport ou de logement empêchent un jeune de concrétiser son projet professionnel.
Le chômage des jeunes reste sous surveillance
Cet appel intervient alors que la situation des jeunes sur le marché du travail s’est dégradée.
D’après les chiffres cités par Sabrina Roubache, le taux de chômage des 15-24 ans a atteint 21,6 % au deuxième trimestre, soit une progression de 0,4 point en trois mois et de 2,5 points sur un an.
Dans ce contexte, l’apprentissage constitue pour le gouvernement un moyen de rapprocher formation et emploi, alors même que certains jeunes disposent déjà d’une formation mais restent bloqués faute d’entreprise d’accueil.
À retenir : pour les entreprises, le recrutement d’un apprenti reste soutenu par une aide publique en 2026, mais son montant varie désormais fortement selon l’effectif de l’entreprise et le diplôme préparé.
Apprenti : combien l’entreprise peut-elle recevoir en 2026 ?
Le montant de l’aide dépend de deux critères : la taille de l’entreprise et le niveau de qualification préparé. L’aide est versée au titre de la première année du contrat.
| Entreprise | Niveau 3 | Niveau 4 | Niveau 5 | Niveaux 6 et 7 |
|---|---|---|---|---|
| Moins de 250 salariés | 5 000 € | 5 000 € | 4 500 € | 2 000 € |
| 250 salariés et plus | 2 000 € | 2 000 € | 1 500 € | 750 € |
À savoir : l’aide peut atteindre 6 000 € lorsqu’une entreprise recrute un apprenti en situation de handicap.
Source : Ministère du Travail et des Solidarités, décret n° 2026-168 du 6 mars 2026.
Le ministère précise que ces montants concernent les contrats conclus à compter du 8 mars 2026 et débutant avant le 1er janvier 2027.

