
Un four à pain électrique, des plaques de cuisson, une cabine de peinture ou une rôtissoire peuvent désormais être financés en partie par l’État. Bercy a annoncé ce 30 septembre 2026 l’ouverture de « DECARB FLASH ARTISANAT », une enveloppe de 16 millions d’euros destinée à aider les petites entreprises à remplacer certains équipements fonctionnant au gaz ou au fioul. Selon les cas, la subvention peut représenter de 20 % à 50 % de l’investissement.
Pour une petite entreprise, les montants peuvent vite devenir significatifs. Le communiqué de Bercy donne deux exemples : un restaurateur de moins de 10 salariés qui investit 60.000 € pour électrifier ses plaques de cuisson pourrait recevoir 30.000 € d’aide. Une boulangerie de moins de 10 salariés remplaçant un ancien four à gaz par un four électrique neuf de 50 000 € pourrait obtenir 20.000 €.
Le dispositif avait été annoncé au printemps dans le plan national d’électrification. Son ouverture concrète intervient ce 30 septembre.
Qui peut demander l’aide DECARB FLASH ARTISANAT ?
Le guichet vise les entreprises qui souhaitent remplacer un usage professionnel fonctionnant avec une énergie fossile, notamment le gaz ou le fioul, par un équipement électrique neuf.
- boulangeries et pâtisseries ;
- boucheries et charcuteries ;
- restaurants traditionnels ;
- garages et carrosseries ;
- laveries et pressings ;
- métiers d’art, dont les maîtres verriers.
Le porteur doit être une petite ou moyenne entreprise et justifier d’un statut artisanal, ou employer moins de 50 salariés. Les entreprises individuelles sont explicitement éligibles, selon le communiqué du ministère.
Attention : être micro-entrepreneur ou entrepreneur individuel ne suffit donc pas, à lui seul, à garantir l’aide. L’activité exercée, le matériel remplacé et les caractéristiques du projet restent déterminants.
Quels équipements peuvent être financés ?
L’aide porte sur l’achat d’outils de production neufs permettant de passer d’un équipement utilisant une énergie fossile à un équipement électrique. Bercy cite notamment les fours à pain électriques, les rôtisseries électriques, les fourneaux électriques et les cabines de peinture électriques.
Le principe est donc celui d’un remplacement. Il ne s’agit pas d’une aide générale destinée à acheter n’importe quel équipement électrique.
De 20 % à 50 % de subvention, pour des investissements jusqu’à 200.000 €
Les investissements visés sont compris entre 5 000 € et 200 000 €. Le taux annoncé varie de 20 % à 50 % du montant de l’investissement, selon l’activité et la taille de l’entreprise.
- Investissement de 20.000 € à 20 % : aide théorique de 4 000 € ;
- Investissement de 40.000 € à 30 % : aide théorique de 12 000 € ;
- Investissement de 50.000 € à 40 % : aide théorique de 20 000 € ;
- Investissement de 60.000 € à 50 % : aide théorique de 30 000 €.
Les petits projets ne sont pas totalement écartés. Le ministère indique que des projets recevant moins de 5.000 € d’aide pourront être acceptés, mais dans la limite de 20 % des projets engagés.
Simulateur TPE Actu
Estimez l’aide pour votre équipement électrique
Indiquez le montant hors taxes de l’investissement envisagé et choisissez un taux. Le résultat est une estimation indicative : le taux définitif dépend de votre activité, de la taille de l’entreprise et de l’instruction du dossier.
Ce calcul ne constitue ni une confirmation d’éligibilité ni une décision de l’ADEME. Les autres aides éventuelles doivent aussi être prises en compte dans le plafond de cumul.
Peut-on cumuler cette aide avec d’autres financements ?
Oui. Le communiqué précise que DECARB FLASH ARTISANAT pourra être cumulé avec des aides provenant notamment de collectivités locales ou d’autres dispositifs, sans dépasser 60 % des dépenses éligibles.
Un projet bénéficiant déjà d’un soutien devra donc être regardé dans son ensemble avant de bâtir son plan de financement. TPE Actu a déjà consacré plusieurs guides aux aides financières accessibles aux petites entreprises et aux aides pour l’installation de bornes électriques en entreprise.
Un prêt Bpifrance peut compléter la subvention
Le gouvernement associe au guichet une solution de financement Bpifrance. Le communiqué mentionne un prêt Flash électrique, sans garantie, accessible en ligne, d’un montant de 10 000 à 100 000 €, sur une durée de trois à sept ans, avec jusqu’à deux ans de différé, destiné aux entreprises de moins de 50 salariés.
Ce mécanisme rappelle les prêts Flash déjà mobilisés en 2026 pour certaines dépenses professionnelles. TPE Actu avait notamment détaillé le fonctionnement du prêt Flash carburant et ses conditions.
Pourquoi l’État cible particulièrement les boulangers ?
Le gouvernement dispose déjà d’un retour d’expérience. Une précédente édition de DECARB Flash, destinée aux entreprises industrielles, avait soutenu 284 boulangeries dans le remplacement de leurs fours. Selon Bercy, ces opérations avaient déclenché 15 millions d’euros d’investissements pour 6,4 millions d’euros d’aides.
Le ministère avance également plusieurs bénéfices professionnels : meilleure maîtrise de la cuisson, baisse de la chaleur dégagée dans les locaux, entretien moins coûteux et disparition des opérations liées au rechargement de certaines énergies fossiles.
Ce nouveau guichet arrive alors que les TPE restent prudentes face aux dépenses liées à l’énergie. En février, TPE Actu relevait que la part des petites entreprises déclarant réduire leur consommation d’énergie avait reculé. Un soutien couvrant une partie importante de l’investissement peut donc changer l’équation pour certains équipements très coûteux.
CMA France n’a pas encore réagi spécifiquement à l’ouverture du guichet
Au moment de notre vérification, le 30 septembre 2026, CMA France n’avait pas publié de réaction spécifique à l’ouverture de DECARB FLASH ARTISANAT dans son espace presse.
La position exprimée auparavant par son président Joël Fourny donne néanmoins un point de comparaison. Lors de la signature du contrat d’objectifs et de performance 2023-2027 du réseau des CMA, il appelait à mieux faire connaître les aides destinées aux entreprises et à améliorer leur lisibilité, en présentant l’État comme facilitateur et les CMA comme accompagnateurs. Cette prise de position est consultable sur le site officiel de CMA France.
La question sera donc très concrète dans les prochaines semaines : les artisans pourront-ils identifier rapidement le bon taux, les équipements retenus et les pièces à fournir sans renoncer face aux démarches ? Le réseau des CMA pourrait jouer un rôle d’accompagnement, mais aucune annonce spécifique en ce sens n’était publiée lors de notre vérification.
Comment déposer une demande ?
Le dépôt passe par la plateforme de l’ADEME. La page dédiée est accessible sur AGIR pour la transition écologique.
- vérifier que l’activité et l’entreprise entrent dans le champ du dispositif ;
- identifier l’ancien équipement utilisant du gaz, du fioul ou une autre énergie fossile ;
- obtenir un devis pour l’équipement électrique neuf ;
- vérifier les autres aides déjà sollicitées afin de respecter le plafond de cumul ;
- déposer le dossier sur la plateforme ADEME avant d’engager les dépenses lorsque les règles du dispositif l’exigent.
Les entreprises qui envisagent un investissement important ont intérêt à comparer la subvention avec les autres financements disponibles avant de signer leur commande. Le portail gouvernemental consacré à l’électrification des activités professionnelles recense également les dispositifs prévus par le plan.
Sources : ministère chargé des PME, communiqué du 30 septembre 2026 ; ADEME ; ministère de l’Économie ; CMA France. Les montants du simulateur sont des estimations mathématiques calculées à partir des taux de 20 % à 50 % annoncés par Bercy.
