AGS au T1 2025 : des chiffres au plus haut depuis 10 ans

Au premier trimestre 2025, la France a enregistré une hausse historique des défaillances d’entreprises, affectant près de 7.300 sociétés et 84.000 salariés. Les secteurs de l’industrie, de la construction et des services sont les plus impactés. Les petites entreprises, notamment celles de moins de 10 salariés, sont particulièrement vulnérables.

©Photo : Canva.com

Le premier trimestre 2025 a été marqué par une hausse historique des défaillances d’entreprises en France. Selon les données publiées par l’AGS-Assurance Garantie des salaires, près de 84.000 salariés et 7.300 entreprises ont bénéficié de son soutien durant cette période, un chiffre en progression de 6,5 % par rapport à l’année précédente, atteignant un montant record de 530 millions d’euros avancés...

L’année 2024 avait déjà battu des records en matière de défaillances d’entreprises, et cette tendance semble se poursuivre en 2025 selon les chiffres communiqués par les AGS. Ceux du premier trimestre révèlent une situation économique particulièrement difficile pour plusieurs secteurs, notamment l’industrie, la construction et les services aux entreprises, qui représentent près de la moitié des salariés bénéficiaires.

Les activités financières, en particulier les assurances, ainsi que les transports et l’entreposage, sont également fortement impactés.

En revanche, les secteurs de la construction et du commerce montrent des signes timides d’amélioration.

Des disparités régionales marquées

Les disparités régionales sont évidentes dans ce contexte : L’Île-de-France, avec 1.483 affaires ouvertes, reste la région la plus touchée, suivie par l’Auvergne-Rhône-Alpes (834 affaires), et l’Occitanie (692 affaires). Les Pays de la Loire enregistrent une hausse significative de 23,2 % des affaires ouvertes, tandis que le Centre-Val de Loire connaît une baisse de 18,7 %. En Outre-mer, la Guyane a vu le nombre de défaillances doubler, alors que La Réunion observe une légère diminution.

Les petites entreprises, premières victimes

Près de 85 % des interventions de l’AGS concernent des entreprises de moins de 10 salariés. Les très petites entreprises (1 à 2 salariés) sont particulièrement vulnérables, représentant 48,3 % des affaires ouvertes au premier trimestre 2025.

Cette catégorie a connu une hausse de 14 % par rapport à la même période en 2024. Les entreprises de 3 à 5 salariés et celles de 6 à 9 salariés représentent respectivement 25,2 % et 11,7 % des affaires ouvertes.

Des secteurs sous tension

Les secteurs les plus touchés par les défaillances sont l’industrie (18,3 % des bénéficiaires), la construction, les services aux entreprises, le commerce, le transport et l’entreposage, ainsi que l’hébergement et la restauration.

Le secteur des activités financières a enregistré une hausse spectaculaire de 223 %, bien que représentant une part relativement modeste du total des bénéficiaires. À l’inverse, le secteur des activités immobilières a vu une baisse de 36,4 % des bénéficiaires.

Une réactivité accrue de l’AGS

Face à cette situation, l’AGS a traité 83 % des demandes d’avance en moins de 48 heures. Les montants avancés ont atteint 530 millions d’euros, une hausse de 6,7 % par rapport au premier trimestre 2024.

Les salaires, indemnités de licenciement et préavis représentent plus des deux tiers (67,3 %) des avances réalisées, soit 357,2 millions d’euros. Le secteur de l’industrie arrive en tête des montants avancés, avec 103,6 millions d’euros, suivi par la construction (17,2 % du total) et les services aux entreprises (15,3 %).

Des récupérations en hausse

Les récupérations de créances ont également augmenté, atteignant 157,6 millions d’euros au premier trimestre 2025, soit une hausse de 53,2 % par rapport à l’année précédente. Plus de trois quarts des récupérations concernent des créances superprivilégiées, principalement dans les secteurs de l’industrie, du commerce et des services aux entreprises.

Selon Thierry Millon, Directeur des études chez Altares Dun & Bradstreet, le niveau des défaillances d’entreprises reste très élevé, mais un lent reflux pourrait s’amorcer.

Depuis octobre 2024, le nombre annualisé de procédures de défaillance s’est stabilisé autour de 68.000, avec une hausse de seulement 1 % sur six mois. Cependant, le contexte international trouble pourrait contredire ces prévisions.

Les retards de paiement, qui ont augmenté fortement depuis le début de l’année 2024, constituent un facteur aggravant, accroissant de 25 % les risques de défaillance…

Cet article vous a été utile ?

TPE Actu est un média indépendant qui vous aide au quotidien avec des informations fiables et pratiques pour les petites entreprises. Nos contenus restent accessibles gratuitement grâce au soutien de nos lecteurs.

♥ Soutenir TPE Actu

À partir de 5 € · Paiement sécurisé · Don ponctuel

▤
Des informations fiablesDes guides clairs et à jour
◎
Un média indépendantUne information libre et accessible
♡
Un soutien concretPour continuer à vous accompagner
Merci pour votre soutien !

Agenda Appel à candidature Apprentissage Arrêt maladie Artisanat Cour de cassation Cybersécurité Dares Formation France Travail Gestion d'entreprise IA Influence politique Législation Micro entreprise Métiers d'art Numérique Organisations professionnelles Salaires Santé Santé mentale Sécurité en entreprise Tendances économiques Télétravail Urssaf

En savoir plus sur TPE ACTU

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture

Recevez directement nos articles dans votre boîte mail !

Poursuivre la lecture