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Journée nationale de prévention du suicide : agir aussi au cœur du travail

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Temps de lecture : 5 minutes

Sable noir texturé avec des ondulations et des reflets brillants.
©Adrien Olichon / Pexels / Illustration

Chaque 5 février, la Journée nationale de prévention du suicide est l’occasion de rappeler l’importance de tout faire pour réduire les risques de passage à l’acte et d’apporter une écoute et des soutiens adaptés à toute personne en souffrance psychique : proches, amis, familles, mais aussi collègues.

En France, cette journée s’inscrit dans un cadre plus large de prévention de la santé mentale, avec des dispositifs accessibles à toutes et tous, comme le numéro national de prévention du suicide 3114 (24 h/24, 7 j/7), joignable gratuitement pour toute personne en difficulté ou pour celles qui souhaitent obtenir des informations.

Alors que la sensibilisation globale est essentielle, il est crucial de porter une attention particulière à un lieu où beaucoup passent une grande partie de leur vie : le travail. Le Ministère du Travail et des Solidarités a publié, le 9 septembre 2025, une fiche pratique dédiée à la prévention du suicide au travail, mise à jour le 15 septembre, qui constitue un point de repère pour les entreprises et leurs responsables en matière de santé mentale au travail.

Un enjeu de santé au travail

Dans cette fiche, le ministère rappelle que les suicides survenant pendant le temps ou sur le lieu de travail, ou qui sont liés à une souffrance professionnelle, peuvent être qualifiés d’accidents du travail : ils doivent être déclarés comme tels par l’employeur et peuvent être reconnus comme tels par la Caisse primaire d’assurance maladie.

Indépendamment de cette reconnaissance, toute tentative ou suicide est considéré comme une manifestation extrême d’un mal-être, souvent en lien avec des conditions de travail dégradées.

Même lorsqu’un suicide n’a aucun lien direct avec le travail, il a des conséquences importantes pour le collectif : le deuil des collègues, notamment s’ils ont été témoins de l’acte, est en soi un facteur qui peut augmenter le risque de passage à l’acte chez d’autres personnes.

C’est pourquoi la prévention ne se limite pas à des démarches individuelles, mais s’inscrit dans une dynamique collective de protection et de soutien.

Comprendre et prévenir les facteurs de risque

L’employeur a, en vertu de l’article L. 4121-1 du Code du travail, l’obligation de protéger la santé physique et mentale de ses salariés. La fiche ministérielle rappelle que cette obligation passe par l’évaluation et la prise en compte des risques psychosociaux (RPS), qui sont des situations de travail susceptibles d’engendrer du stress, de la souffrance psychique et, dans les cas les plus graves, un passage à l’acte suicidaire.

Ces risques psychosociaux regroupent plusieurs catégories :

  • l’intensité et la durée du travail,
  • les exigences émotionnelles,
  • le manque d’autonomie,
  • les rapports sociaux dégradés,
  • l’insécurité socio-économique,
  • les conflits de valeurs.

Selon le Baromètre santé 2017 de Santé publique France, certains facteurs professionnels favorisent les pensées suicidaires : menaces ou humiliations au travail, crainte de perdre son emploi, périodes de chômage récentes.

Une prévention organisée sur plusieurs niveaux

La prévention du suicide au travail repose sur une approche qui combine actions collectives et soutiens individuels :

Approche collective

  • agir sur les causes organisationnelles en adaptant les charges de travail, les horaires, les méthodes de management ;
  • promouvoir le dialogue social et impliquer les représentants du personnel dans l’analyse et la prévention des risques ;
  • former les cadres et responsables à détecter les signaux faibles (changement de comportement, isolement…).

Approche individuelle

  • proposer des dispositifs de soutien psychologique (écoute, cellules de crise, accompagnement personnalisé) ;
  • faciliter l’accès aux services de santé au travail et à la médecine du travail ;
  • encourager la parole des salariés et lutter contre la stigmatisation des troubles psychiques.

La prévention doit être intégrée dans une politique globale de santé et de sécurité au travail, régulièrement évaluée et ajustée pour répondre aux évolutions du contexte professionnel.

Après un passage à l’acte : réagir et accompagner

La fiche pratique du ministère ne se limite pas à la prévention : elle détaille aussi les mesures à prendre après une tentative ou un suicide sur le lieu de travail.

L’employeur doit notamment :

  • assurer la sécurité des lieux et prévenir les secours ;
  • informer la famille de la victime ;
  • proposer un soutien immédiat aux équipes (cellule d’écoute, orientation vers des psychologues, aménagement temporaire du travail).

Ces démarches doivent être envisagées non seulement comme une réaction immédiate à un événement, mais aussi comme une opportunité d’apprendre, d’identifier les facteurs contributifs, et de prévenir de nouvelles situations de souffrance.

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